Travailler autrement : Deborah Nataf, slasheuse

J’ai rencontré Deborah lors d’un cours que je donnais pour la première fois à des étudiants en alternance. Habituellement, je forme des professionnels, là, j’étais dans le rôle non pas d’une formatrice, mais d’une « prof de communication ». Deborah avait mon âge (la moyenne d’âge de la classe était de 23 ans) et quand elle a commencé à parler de toutes les vies professionnelles qu’elle avait eues avant, je lui ai demandé « et toute cette expérience que tu as acquise, ça ne t’a pas permis de trouver du boulot dans la com’ ?« . Hé ben non, en France, même à 40 ans, quand on cherche un emploi, ou même une mission en tant qu’indépendant, on multiplie ses chances (et on se sent plus légitime !) quand on a « le » diplôme dans le domaine convoité.
Cette reprise d’études a eu lieu il y a trois ans, et depuis, Deborah a pu se créer le boulot de ses rêves !

Quelle était ta première vie professionnelle ?

Plus qu’un métier j’avais surtout un statut : intermittent du spectacle ! C’est-à-dire que j’ai l’impression d’avoir passé ma vie à chercher du boulot et surtout avoir fait mille métiers différents !
J’ai une formation de journaliste mais je n’ai jamais vraiment pratiqué le journalisme comme on l’imagine. J’ai débuté sur une chaîne spécialisée dans le cinéma (interview, tournage, réalisation etc). Puis la chaîne ayant été rachetée par le groupe Canal, j’ai dû quitter ce fabuleux métier. Je me suis retrouvée par le plus grand des hasards à écrire des questions pour des jeux TV (exercice de style que je réalise encore en partie aujourd’hui). Pendant une parenthèse, j’ai eu la chance de réaliser un making-of pour long métrage, métier que j’aurais aimé faire plus longtemps mais dans le monde du cinéma, comme à la télé, les places sont chères !
Puis, toujours par le fruit du hasard, je suis devenue chef d’édition pour une émission sur France 5. J’ai adoré cette période ! J’ai ensuite travaillé « furtivement » pour des chaînes info et une émission de télé-réalité.

Quel est ton métier aujourd’hui ?

Aujourd’hui je suis indépendante et j’ai l’habitude de dire que je suis « slasheuse ». Je réalise des films de communication pour des entreprises, des indépendants et pour des événements pour des particuliers. Je fais tout de A à Z : l’écriture, le tournage, le montage. Mon credo : un film simple, bien fait, avec de l’humain, du vrai, et surtout peu coûteux ! J’ai une seconde activité, le massage. J’ai suivi une formation dans ce domaine il y a une dizaine d’années, ça m’intéresse car j’ai toujours aimé masser et j’ai le sens du toucher. Depuis 2 ans c’est une activité annexe, j’ai une pièce chez moi où je reçois peu de clients mais que des habitués.
Finalement, j’ai juste l’impression d’avoir assemblé toutes mes compétences pour me trouver mon nouveau métier. Bon, avant je passais mon temps à chercher du boulot, maintenant je cherche des clients ! 🙂

Pourquoi as-tu décidé de changer d’univers professionnel ?

Cela faisait longtemps que j’en avais assez de cette précarité et la vie m’a donné un coup de pied aux fesses pour le faire ! J’ai déménagé en province et là-bas, le monde de la télé est quasi inexistant ! J’ai mis un an à trouver, ne serait-ce qu’une idée !
Pendant ce temps, j’ai travaillé dans un centre de traitement bancaire. Métier alimentaire qui m’a donné tout de même une grande chance : j’ai trouvé une formation grâce à eux.

Est-ce que ton changement professionnel a nécessité une formation, un accompagnement, un déménagement ?

Le déménagement c’était déjà fait ! J’habite aujourd’hui Strasbourg, et nous re-déménagerons bientôt, mon ami attend sa mutation.
Le métier le plus proche du journalisme c’était la communication : j’ai donc fait une formation en alternance, avec des jeunes de 20/25 ans. Trois semaines en entreprise et une semaine à l’école. Le diplôme visé était « chargée de communication ».
Je ne peux pas dire que j’ai beaucoup appris. Cela m’a surtout aidée à mettre un pied dans ce métier et à ajouter une ligne sur mon CV qui rassure les gens.
A mon âge, l’expérience et ma polyvalence ont fait que je me suis vite intégrée, j’ai pu apporter un savoir-faire différent. Et de l’autre côté j’ai découvert le monde de l’entreprise que je ne connaissais pas (la télé n’est vraiment pas une entreprise). Cela a été un vrai échange.

As-tu des regrets ?

Oui, de ne pas m’être lancée plus tôt !

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ta vie d’aujourd’hui ?

Deux choses : pouvoir travailler à mon rythme, me déplacer quand je veux, où je veux, j’ai n’ai pas de bureau, juste un ordinateur et une caméra. Mais surtout assumer totalement mon côté « multipotentielle », je n’ai pas à me justifier de cela et j’en ai fait un atout. Bien entendu, il faut oublier le regard des autres : j’organise mes journées à mon rythme, me dégageant du temps pour mes loisirs et faire du yoga notamment, et donc j’ai des amis qui pensent que je m’amuse toute la journée ! Alors que je réponds bien sûr prioritairement aux demandes de mes clients !

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à quelqu’un qui voudrait également changer de vie professionnelle ?

Question difficile car tout dépend du métier visé, mais c’est toujours bien de se lancer, au pire cela apporte une expérience supplémentaire qui ne peut être que valorisante. Il n’est pas toujours évident de définir ses prix, ni de se sentir légitime. Mais je ne suis pas faite pour être enfermée dans un bureau, j’ai besoin d’un sentiment de liberté, et la contrepartie à cela est forcément une certaine précarité, il faut en être conscient quand on se lance en indépendant.

Comment as-tu vécu le confinement ?

Au niveau personnel, très bien, car j’ai pu me confiner à a campagne, dans ma maison de Touraine (d’ailleurs, on s’est dit qu’on pourrait y faire des chambres d’hôtes ? Bon, c’est un projet que l’on a mis de côté pour l’instant, parce que cela nécessiterait trop de travaux !). Comme beaucoup de freelances, je n’ai pas eu beaucoup de travail pendant cette période, mais j’ai été sollicitée pour le montage d’un film pour un particulier. J’ai trouvé ça intéressant, du coup j’ai ajouté cette offre à mes prestations : si vous avez des photos qui dorment dans vos placards et que vous repoussez toujours à l’année prochaine le moment de faire des albums, je vous propose une alternative, le film monté à partir de vos documents. Cela peut aussi être une idée cadeau pour un anniversaire par exemple !

Merci Deborah ! Si vous souhaitez la contacter, voici sa page Facebook 

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