Archives de la catégorie Réflexions

Rentrée !

Comment ça va chez vous ? Ici, (comme partout ailleurs…) rentrée étrange, agitée, et dans l’expectative…
J’ai donné la semaine dernière ma première formation « avec masque » et même si je m’en faisais une montagne en juin, cela n’a finalement posé aucun problème. J’ai porté des modèles papier, que je trouve plus respirants, et ai eu suffisamment d’informations sur l’état d’esprit des participants en croisant leurs regards….

Evidemment, cela reste anecdotique par rapport à tout le reste. Le Covid est toujours là, bien accroché, Marseille est en zone rouge, mes enfants – très respectueux des gestes barrières – paniquent parce qu’au collège le masque continue de se porter prioritairement sous le menton.
Je devais aller à Paris donner une formation en fin de semaine, et mon intervention se fera finalement à distance en raison… d’une grève SNCF !

Suis-je la seule à penser que ce monde marche sur la tête ? Je sais bien que non…

Je vous souhaite bon courage et bonne semaine !

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A Marseille, le Printemps s’installe en début d’été !

Quand j’ai vu passer sur Twitter un extrait du journal de France 2 démontrant qu’il y avait eu fraude aux procurations avant le premier tour des municipales à Marseille, je me suis dit que ce n’était plus possible. Des candidats LR avaient mis en place un système de « procurations simplifiées » et avaient même réussi à obtenir 51 procurations de personnes vivant dans un EHPAD, certaines d’entre elles étant atteintes de la maladie d’Alzheimer… Depuis la fin du confinement, la campagne pour le second tour des municipales devenait folle : on a vu de fausses affiches de Michèle Rubirola, présentée avec Mélenchon, placardées sur les murs de la ville, annonçant l’ouverture de salles de shoot dans tous les quartiers, l’arrivée massive de migrants et la bétonisation des quartiers sud pour y faire construire des HLM, puis les annonces de la bouche de Martine Vassal (candidate LR) de l’arrivée un jour des « blacks blocks », le lendemain des « chars russes », ou encore des « révolutionnaires cubains ou vénézuéliens ».  On en était au delà du supportable !

En août, cela va faire 7 ans que nous avons emménagé ici, initialement pour 3 ans. Quand lors d’un week-end « découverte », quelques semaines avant le déménagement, nous avons posé nos valises sur le Vieux Port, j’ai pensé que ce devait être agréable de vivre ici. Et ça l’est, encore plus que je ne l’avais imaginé. Parfois, entre « néo-Marseillais », on se dit qu’il faut laisser déblatérer les médias : le trafic, les fusillades, la saleté, l’insécurité… Nous, on voit le soleil toute l’année, la mer qui brille, les collines qui nous entourent, les cigales et les gabians… Les sorties en mer, au printemps et à l’automne, avant que les touristes arrivent, ou quand ils sont partis. On passe la journée sur les îles du Frioul, à vingt minutes de bateau. De la plage, on voit la ville au loin, et on croit pourtant qu’on est en vacances au bout du monde.

Mais bien sûr, je vous parle de la Marseille de ceux qui ont les moyens financiers d’en voir les atouts. Dans certains quartiers, les gens vivent assis sur les trottoirs et leur dénuement saute aux yeux. La Belle de Mai, dont le nom me faisait rêver quand j’étais enfant, n’a rien d’un paradis, c’est même l’un des quartiers les plus pauvres d’Europe. C’est tout près de chez moi, et j’y passe tous les jours ou presque. Ce n’est pas un endroit « qui fait peur » comme certains le disent même à Marseille. C’est juste qu’ici, d’une rue à l’autre, on ne vit pas dans la même réalité… D’un côté on a faim, de l’autre on gaspille. Et bien sûr, si l’entraide est réelle, car depuis longtemps les collectifs citoyens se bougent, on ne peut rien faire d’efficace à long terme si les initiatives sont contrariées par une mairie décidée à « chasser les pauvres ».

Car il y avait notre maire, depuis 25 ans, et sa cour, qui non contents de vider les caisses de la ville, ont laissé se délabrer des quartiers entiers. Dans le centre-ville, huit morts sous les gravats d’un immeuble qui s’est effondré sur ses habitants le 5 novembre 2018. Certaines écoles sont également dans un état tel qu’elles menacent de s’écrouler à leur tour… Bien sûr j’ai participé aux manifestations, j’ai signé des pétitions. Rien ne se passait. Si, un accord à 1 milliard d’euros, pour la rénovation des écoles uniquement par des grands groupes du BTP,  a été dénoncé et annulé.

Une amie m’a parlé très tôt de Mad Mars, un mouvement citoyen, né de l’initiative d’Olivia Fortin il y a bientôt deux ans, qui voulait « changer les choses ». J’ai adhéré mais je n’y croyais plus, je ne suis pas allée aux réunions.
De Mad Mars a émergé le Printemps Marseillais, constitué de toutes les sensibilités de gauche, d’écologistes, et de 50 % de citoyens, et une candidate, Michèle Rubirola, 63 ans, écolo, médecin dans les quartiers nord de la ville.

Je suis allée avec mon mari à la permanence du Printemps deux semaines avant le second tour. Nous y avons rencontré des gens qui y croyaient et qui nous ont donné envie d’y croire. On a tracté sur les marchés, à la sortie des métros. J’ai été déléguée dans un bureau de vote lors du second tour, mon mari y était assesseur. Et le soir du 28 juin, le Printemps Marseillais est arrivé premier avec 13 000 voix d’avance, mais la candidate de la droite a proclamé, toujours du même ton crâne qu’elle n’avait « pas perdu » puis dans la semaine elle a annoncé qu’elle se retirait au profit du plus âgé de sa liste, « RN compatible » de 76 ans qui, en cas d’égalité lors du 3e tour, gagnerait au bénéfice de l’âge.
Comment est-ce possible de se moquer des électeurs de cette façon, de démontrer en permanence que sa seule ambition est de garder le pouvoir ? La loi PLM (Paris-Lyon-Marseille) organise le vote par secteurs : on élit donc des conseillers qui choisissent le maire lors d’un troisième tour. Les secteurs n’ayant pas tous le même « poids » en conseillers, les 13 000 voix d’avance ne fournissaient au Printemps Marseillais que 3 conseillers supplémentaires (42 vs 39, il en fallait 51 pour avoir la majorité absolue).

Une nouvelle pétition est apparue sur Change.org, un rendez-vous a été fixé devant la salle du conseil municipal qui allait élire le maire samedi à 8h. A 9h, nous avons accueilli Michèle Rubirola et ses colistiers sous les vivats, et la plupart des autres élus ont préféré passer par une autre entrée.
Le conseil municipal a commencé peu après 9h30. Les infos filtraient rapidement à l’extérieur, via les journalistes qui faisaient des allers-retours et les réseaux sociaux. Nous avons appris tout de suite que le RN se retirait du vote. Il devenait donc évident que le ralliement de Samia Ghalli (candidate de gauche qui avait annoncé la veille qu’elle ne rejoindrait le Printemps Marseillais qu’à la condition d’être première adjointe, proposition refusée par le Printemps qui ne voulait pas céder au chantage) à l’une ou l’autre partie la rendrait majoritaire. Mais Samia Ghalli avait finalement décidé elle aussi de se présenter au poste de maire. Aucune majorité n’a donc émergé du premier tour.

Quand nous avons appris que ce vote était suivi d’une suspension de séance, nous avons rejoint notre amie Claire et ses amis dans un café pour attendre. Parmi nous, Anne était très confiante. Elle avait fait partie des tout premiers adhérents à Mad Mars. « On a déjà réussi l’impossible plusieurs fois, alors cette fois encore, on va gagner« . Je ne partageais pas du tout son optimisme. Quand la suspension de séance a été prolongée par une pause déjeuner, nous avons nous aussi pris place à la terrasse d’un restaurant, le plus proche de l’entrée du conseil, pour ne rien rater, au cas où. Depuis le matin, tout le monde chantait (« laissons, laissons, entrer le soleil » – chanson préférée de Michèle Rubirola et tellement en lien avec ce que nous attendions, ou « on a voté, on veut les clés !« , « Michèle, Marseille, sont des noms qui vont si bien ensemble« , « Nous sommes tous des enfants de Marseille« , et un groupe de jeunes filles autoproclamées pompom girls ont lancé dans l’après-midi un « pool party chez Samia Ghalli » qui a même fait rire les CRS qui nous surveillaient depuis le matin).

Au retour du déjeuner, Samia Ghalli est venue sous les sifflets annoncer qu’elle se retirait de la course et donnait ses voix à Michèle Rubirola. Les cris se sont transformés en « Samia, avec nous ! » et nous avons alors attendu le second vote et son dépouillement pour avoir confirmation que la maire que nous avions choisie était enfin officiellement élue. Elle est sortie avec son équipe et je crois que le moment était aussi magique pour la foule rassemblée derrière les barrières que pour les nouveaux élus. Je n’aime pas la foule en général (premier jour des soldes, au secours !), mais j’adore l’énergie des foules qui manifestent. Etre ensemble pour revendiquer, ça galvanise. La plupart du temps, on défile, puis on rentre chez soi, espérant qu’il se passe quelque chose. Là, on a manifesté et on a gagné le jour même ! Juste quelques heures et une victoire. C’était extraordinaire. Extraordinaire aussi parce que justice était en partie rendue (comment aurait-il été possible, au nom des morts de la rue d’Aubagne, de laisser au pouvoir une équipe qui jamais n’a montré la moindre compassion ?) et que l’espoir était enfin là. Combien de fois nous sommes-nous dit « cette ville a tellement d’atouts, mais…« . Combien de fois avons-nous entendu « Ah, vous habitez Marseille, ce n’est pas trop dur ? » suivi, au choix, d’un sourire compatissant ou d’un rictus condescendant…

J’ai vu passer sur Facebook au soir du second tour un post d’une femme qui disait « merci aux Parisiens (si on n’est pas né à Marseille, on est définitivement « Parisien ») de ne pas s’être résignés« . Elle précisait qu’il y avait à Marseille « 1/3 de clientélistes, 1/3 d’abstentionnistes (60 % en réalité) et un tiers de « Parisiens » qui ont refusé le système, ont voté, se sont mobilisés ». Je ne sais pas s’il s’agissait de « Parisiens », mais ceux qui ont dit non au système étaient encore là samedi, foule joyeuse et bigarrée, des jeunes, des vieux, des familles, des habitants de tous les quartiers…

A la sortie du conseil municipal, j’ai dit à Olivia Fortin qui s’est arrêtée devant nous qu’avant j’habitais Marseille, et que désormais je serai fière d’être marseillaise, et elle m’a répondu, dans un grand sourire sincère « c’est ce qu’on souhaite pour tous les Marseillais« .
La route est encore très longue évidemment, mais nous serons nombreux à faire le chemin en compagnie du Printemps Marseillais pour que cette ville si belle, qui a tellement d’atouts, soit enfin réunifiée, qu’on arrête de distinguer Nord/Sud, riches/pauvres… Des écoles rénovées, des crèches dans tous les quartiers, des logements décents pour tous, ce sont les premiers axes du programme.
Et ensuite ? Rassurer les investisseurs, donner envie aux entrepreneurs de s’installer, permettre aux familles d’emménager, assurer aux chômeurs de trouver du travail, proposer à ceux qui ont trop chaud de s’asseoir à l’ombre d’un arbre (il y a du béton partout !!!)  ? J’y crois !

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Communication politique : tous les coups sont permis ?

Je ne me suis jamais autant intéressée à la communication politique locale que pour le deuxième tour de ces municipales. Tout le monde sait que Marseille n’est pas un laboratoire de bonnes pratiques, mais chaque jour, depuis deux semaines, apporte cependant son lot de « nouvelles » qui me laissent ébahie… Fausses affiches, faux site, discours délirants, propagande, diffamation… Une petite sélection concernant uniquement ces deux dernières semaines (j’en oublie plein, j’aurais dû tenir un journal de bord quotidien pour pouvoir être exhaustive !) :

En bonus, quelques infos « non datées » : le slogan de la candidate est le même que celui de François Fillon pour l’élection de 2017 (Une volonté pour la France / Une volonté pour Marseille), sa porte-parole aussi (Valérie Boyer, c’est sans doute un hasard ;-)). Les tracts (vrais et faux), distribués par milliers d’exemplaires, ne contiennent pas toutes les mentions légales (l’imprimeur n’a pas envie de se faire connaître ?!). Un faux site sur la candidate de l’opposition a été enregistré… au nom de l’association que la soutient… Que se passera-t-il d’ici le 28 juin ?

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Retrouver un rythme

Pendant le confinement, j’ai eu le sentiment de vivre comme en vacances, c’est-à-dire sans obligation horaire. La principale « contrainte » étant les cours Zoom des enfants, nous calions le réveil tôt si un cours commençait à 8h. En fait, c’était seulement une fois par semaine. Ensuite, les journées étaient occupées, en vrac, par de la lecture, des reportages regardés sur l’ordi (la télé ne fonctionne plus depuis Noël, elle ne nous manque pas), du jardinage… Et la préparation des repas, à heures pas vraiment fixes. Une forme de liberté que j’aime beaucoup.

J’imaginais le dé-confinement comme la reprise d’un rythme familier que j’aime bien également. Réveil à 6h45 du lundi au samedi. Petit-déjeuner, discussions, on prend le temps. Passage dans la salle de bains, puis départ des enfants pour l’école avec leur père, en voiture, vers 7h45. Pendant une demi-heure, je « patrouille » dans la maison. J’ouvre toutes les fenêtres. Je débarrasse la table, fais la vaisselle, range la cuisine. Ensuite, je passe dans le salon : je remets les coussins dans l’ordre sur le canapé, ramasse un livre qui traîne, remets de l’ordre dans la pile de magazines qui dégringole. Je monte, fais le tour des chambres. Fais les lits, trouve des chaussettes qui traînent… Un jour sur deux je lance une machine. A 8h15, j’ai fini. Enfin, j’arrête. La maison est à peu près en ordre, mon cerveau aussi ;-). Je m’installe à mon bureau, allume mon ordi. Je lis les newsletters du jour, tweete ce qui m’intéresse. Jette un coup d’œil à Facebook, parfois à Instagram. A 9h, je lis ma to do list du jour. Et j’attaque le boulot. Que ce soit une journée « facturée » ou pas, le matin, je travaille. A midi, une ou deux fois par semaine, je suis à l’extérieur, pour un déjeuner ou un atelier, une conférence… L’après-midi, si j’ai du travail, je m’en occupe, sinon, je lis, je fais des recherches sur Internet… A 16h45, les enfants reviennent du collège. Je m’installe avec eux à la table du goûter, on parle de nos journées. Pendant qu’ils font leurs devoirs, je m’installe à nouveau devant mon ordinateur. Mes journées « en temps normal » sont donc sensiblement toujours les mêmes.

La rupture de ce rythme pendant très longtemps – parce que le dé-confinement n’a pas signifié reprise des cours avec l’agenda habituel – fait que je n’arrive plus à mettre de l’ordre dans mes journées. Rien de grave, je ne suis pas en retard sur quoi que ce soit, mais je suis désarçonnée d’être dans une sorte « d’entre-deux » inconnu et donc, pour moi, inconfortable. Et ce qui approche, ce sont les vacances scolaires, donc liberté pour les enfants, mais pas pour les parents, au moins au mois de juillet, donc encore des journées à inventer, où il faudra improviser.
Si je retrouve un rythme, ce ne sera pas avant la rentrée.

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Vie privée / vie professionnelle : on parle de quoi sur un blog pro ?

Bah, de vie professionnelle, la réponse est dans la question, me direz-vous :-). Et en effet, je n’ai jamais raconté mes vacances sur ce blog (encore que… à vérifier, cet article étant le 700e, je ne me souviens pas de tout, je dois bien l’avouer !) et j’ai toujours eu bien en tête la séparation entre « je raconte ma vie » et « je raconte ma vie pro ». Jusqu’à ce week-end. Hé oui, ce week-end, j’ai franchi la ligne…

Comme vous l’avez peut-être remarqué (sauf si vous êtes abonné) il y a une fenêtre Twitter sur le côté de la page. Je tweete quasiment tous les jours (depuis quelque temps, car j’ai une relation assez irrégulière à Twitter, comme à tous les médias sociaux !) et c’est toujours autour de sujets com’. Je me contente généralement de relayer les articles intéressants repérés lors de ma veille matinale.

Mais ce week-end, il y a eu à Marseille un événement politique bien particulier : une fraude aux procurations (« si les faits sont avérés« , comme l’a souligné la candidate concernée qui a bien répété sa « totale transparence » vis-à-vis… des policiers qui ont perquisitionné sa permanence samedi). J’ai suivi tout cela en direct sur Twitter et ai été effarée. Evidemment, j’ai tout de suite eu envie de retweeter, commenter, mais je me suis dit que cela arriverait directement ici, n’avait aucun lien avec mes sujets habituels et donc aucun intérêt pour ceux qui lisent ce blog. Je n’ai pas tenu longtemps. J’ai commencé dès samedi soir à partager ce que je voyais passer. Les tweets des comptes parodiques, les tweets de ceux qui analysent et apportent un point de vue complémentaire à celui de la presse, les tweets « comme les miens », de citoyens outrés par ce qui se passe.

Mes messages ne sont pas un appel au vote « pour » ou « contre », ils n’engagent évidemment que moi, d’autant que mon blog n’est pas estampillé « marseillais ». Mais en tweetant, j’ai aussi remarqué le silence de personnes que je connais ici : les militants d’associations « sponsorisées » par la municipalité actuelle, habituellement actifs sur Twitter, peut-être contraints et forcés à se taire, les salariés qui « pensent que », « ont une petite idée », mais ne finissent pas leurs phrases sur Facebook… On n’ose pas, on a peur d’être fiché, critiqué, alors qu’il s’agit là « seulement » de s’opposer à des pratiques illégales.

C’est aussi un exercice intéressant d’observer la communication de cette candidate : elle a d’abord affirmé vendredi que le reportage de France 2 et l’article de Marianne qui l’accusent sont ceux de « journalistes parisiens, ici à Marseille on s’en fiche » (???), puis elle s’est filmée samedi devant une poubelle brûlée sur une place de la ville après la manifestation anti-raciste de samedi, précisant que « c’est l’ultragauche qui arrive qui détruit tout » (que fait son parti, actuellement responsable de la sécurité des citoyens ?!) et lundi, lors d’une interview de BFMTV, n’a tenu aucun compte des questions des journalistes. Elle a récité un discours sans queue ni tête pendant que les journalistes posaient leurs questions dans le vide, puis terminé, enchantée et reprenant sa respiration, par « Marseille a besoin d’un patron, pas d’un pantin« . Euh ? J’aimerais bien en savoir plus sur son agence de communication et leur manière de travailler ensemble ;-).

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Le monde d’après, c’est maintenant… Alors qu’est-ce qu’on fait ?

Nos politiques nous promettent le changement depuis des années. Résultat, nous sommes passés de droite à gauche puis au milieu, sans toujours constater de réel changement. La grogne sociale est toujours là (tapie dans l’ombre depuis quelques semaines, mais les Gilets Jaunes n’ont probablement pas dit leur dernier mot), la prise en compte des enjeux climatiques toujours mise de côté…

Et nous, qu’est-ce qu’on fait ? Mon fils de 13 ans, après être devenu radicalement végétarien (la viande et le poisson ne sont au menu que maximum trois fois par semaine à la maison depuis plus d’un an, mais il a décidé que pour lui ce ne serait « plus du tout »), vire collapsologue tendance survivaliste. Il a commencé à se renseigner sur la permaculture et le design de jardins urbains (j’en suis très contente, étant moi-même très emballée par ce dernier sujet, mais sinon, je vis trop dans l’instant présent pour m’affoler des prévisions du GIEC).

L’une de mes voisines, retraitée, ne sort plus de son jardin, mais nous nous parlons régulièrement « par-dessus le mur ». Une autre, croisée dans la supérette d’à côté ce week-end (nous étions les deux seules personnes non masquées…) peste contre la peur ambiante « Ca suffit, maintenant ! Je ne me touche pas le visage et je me laverai les mains en rentrant et ça ira ! Je ne veux même plus aller randonner avec les personnes de mon groupe, parce que nous sommes obligés de marcher masqués ! On va où ? Ca les fait fantasmer, les gens, de vivre une guerre ?!« .

Une troisième voisine, jeune maman, m’a dit qu’elle s’était confinée avec sa famille chez sa mère à la campagne, ce qui avait confirmé leur « besoin de vert » et le ras-le-bol de « leur vie de cons« . A la naissance de mes enfants, j’ai aussi trouvé insupportable l’idée de bosser trop et ne pas les voir grandir. En revanche, ayant grandi à la campagne, j’en connais les avantages mais en ai aussi gardé en tête les inconvénients. La vie urbaine avec un bout de jardin est ma vision d’un idéal, que je tiens à conserver ;-).
Mes voisins vont vendre leur appartement et partir s’installer en périphérie de Marseille, avec l’objectif, si le télétravail se développe, de partir à la campagne plus tard.

Et sinon, je constate que le défilé des personnes qui venaient marcher dans ma ruelle pendant le confinement s’est tari. Nos deux poules, qui avaient pris l’habitude de parader dans l’allée devant leurs admirateurs qui se pressaient contre la grille du jardin (j’exagère à peine !), sont retournées à leur quête de vers de terre dans les jardinières ;-).

J’irai voter à la fin du mois de juin, pour une personne qui je l’espère apportera du changement au niveau local. Nous allons continuer à consommer le plus raisonnablement possible, continuer à acheter des fruits et légumes produits près d’ici, et nous avons banni A… de nos fournisseurs officiels. J’espère aussi que l’engouement pour le télétravail permettra aux entreprises de comprendre que le travail à distance fonctionne très bien, et offrira la possibilité aux freelances de travailler de partout en France.

Voilà une partie du « monde de maintenant » vu de mon côté de la lorgnette. Et vous, que voyez-vous ?

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Retrouver ses clients perdus de vue

Mon billet « Comment reprendre contact avec des clients perdus de vue » (une traduction d’un article paru sur un site américain) est de loin le plus lu de ce blog. Il a continué à être consulté des centaines de fois (plus de 2 000 fois chaque année depuis 2017) alors que je ne publiais plus.

Je comprends que ce soit un sujet récurrent pour les freelances. On a tous le souvenir de super missions qu’on aimerait réitérer avec de super clients. Mais quand on a fini telle mission, on a enchaîné sur telle autre, et plus eu le temps. Il/elle a peut-être changé d’employeur, de métier, nous on a changé de région, de sujets, de références… Et puis timide ou pas, ce n’est pas évident de reprendre contact après des mois ou des années…

Voici quand même quelques occasions où cela peut se faire sans craindre de passer pour un/une pénible…

  • Les vœux : grand classique, qui ne se produit qu’une fois par an, donc à ne pas rater. Se noter dès décembre de ne pas oublier la première semaine de janvier, et se faire une liste de ceux qu’on doit absolument contacter.
  • Avant les vacances d’été : l’occasion d’envoyer un bilan par mail, avec ses nouvelles références, en espérant qu’ils nous recontactent parce qu’un sujet aura suscité leur intérêt… C’est bientôt, préparez-vous !
  • A la rentrée : on présente ses projets et résolutions, et on termine par « et les vôtres ? »
  • En ce moment : le confinement a été une période de grande remise à plat… Si vous pensez que vos compétences peuvent être utiles aujourd’hui, prenez votre téléphone !

Au quotidien, on peut essayer de renouer le contact via les réseaux sociaux : en postant sur Linkedin des contenus qui sont susceptibles de les intéresser (et en likant/commentant les leurs, encore plus simple !). Idem via Twitter. Il/elle like ou commente ? Poursuivez la conversation !
Si vous avez un blog, pourquoi ne pas leur proposer une interview ou un billet « invité » si vous sentez que cela peut être positif pour leur business ?
Vous pouvez aussi tenter une prise de contact à l’occasion de la refonte de votre site web « je lance une rubrique témoignages, accepteriez-vous de parler de ce projet qui date, c’est vrai, mais qui est un tellement bon souvenir pour moi ?« …
Parfois, vous vous dites aussi qu’il pourrait y avoir des synergies avec ce nouveau client avec lequel vous venez de signer et celui-là, avec qui vous avez travaillé en 2012. Pourquoi ne pas proposer au premier de le mettre en relation avec le second (après avoir obtenu l’accord du second pour une éventuelle prise de contact) ? Vous rendrez service à tout le monde, et même si les retours d’ascenseur ne sont pas systématiques, vous aurez au moins la satisfaction d’avoir fait une bonne action !

Tout simplement, je me demande pourquoi on craint tellement ce moment : franchement, avez-vous été mécontent(e) quand une personne surgie du passé vous a appelée(e) pour vous demander un conseil, un avis, ou vous confier une mission ? Pour ma part, je me souviens avec une grande joie du jour où mon client préféré « de l’époque où je travaillais en agence » m’a appelée pour me proposer une mission, idem quand cela s’est passé avec d’anciens collègues. Pourquoi l’inverse ne serait pas vrai ?

 

 

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Changer notre imaginaire…

J’ai regardé hier en replay sur France 5 « Le monde en face : Effondrement ? Sauve qui peut le monde« . Franchement, j’avais vu un extrait et je croyais que ça allait me faire bien rire, entre complotistes et collapsologues.

C’est tout l’inverse qui s’est produit : à part les interviews discutables de deux Américains (l’un qui vend aux milliardaires des suites à 3 millions de dollars dans son bunker à 75 mètres sous terre et l’autre qui se balade avec une hache dans son sac à dos), le reste est très intéressant, que l’on soit d’accord ou pas. Yves Cochet (toujours extrême), Jean Jouzel (toujours nuancé), Pablo Servigne (écoutez-le dire « nous sommes en guerre« , ça donne vraiment l’impression qu’il a servi de modèle à quelqu’un d’autre – suivez-mon regard ;-)), Virginie Raisson-Victor (que je ne connaissais pas, j’ai vu qu’elle avait donné une conférence TEDX, je vais regarder ça…). Chacun à sa façon explique que la situation est grave et que notre modèle doit changer. Notre imaginaire doit changer, dit l’un des intervenants, car le capitalisme n’est pas un modèle que l’on peut continuer à suivre. Et ceux que j’ai préféré, ce sont les jeunes d’Extinction-Rebellion, Sixtine Dano en tête. Non-violents mais déterminés. Bravo à eux.

Est-ce qu’après le COVID on va enfin réaliser qu’il faut agir pour le climat ? J’ai longtemps pensé que sans décision politique ce n’était pas la peine d’agir à l’échelle individuelle, mais finalement, on a décidé en famille de faire notre part du colibri. Les enfants veulent devenir végétariens, mais cela me semble un peu compliqué à mettre en oeuvre du jour au lendemain. Cela dit, depuis le confinement, on ne mange de la viande seulement deux fois par semaine. Depuis la rentrée dernière, on a deux poules (bon, j’en avais envie comme animaux de compagnie, je les adore) et un composteur, qui se  chargent de tous nos déchets organiques.
J’ai appris à faire ma lessive et mes produits ménagers. On n’est pas encore au point sur le vrac, faute d’avoir trouvé une solution intéressante à proximité, mais ça viendra.
Mon fils commence à dire qu’il ne veut plus voyager en avion… Je ne suis pas prête à renoncer aux voyages pour l’instant, mais qui sait, comme nous ne franchirons pas les frontières cet été, je vais peut-être me convertir durablement aux vacances en France !

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Relançons la machine à consommer !

« Une irrésistible envie de shopping ? », tel était l’objet d’un mail que j’ai reçu vendredi d’un site de vente en ligne. Et voilà, à peine dé-confinés, ce qui est censé nous manquer le plus, c’est de faire chauffer notre carte bleue ? C’est vraiment le genre de discours que je ne peux plus entendre…

Je ne supporte plus depuis longtemps d’être prise pour une « machine à acheter ». Je ne regarde pas la télé, ne me concentre pas sur les publicités à la radio, saute les pages pub des magazines, et suis tout à fait capable de déceler derrière le « j’ai essayé, c’est génial » d’une influenceuse sur Instagram, l’influence du virement bancaire qu’elle a reçu pour nous dire cela… Je crois que je ne suis plus sensible à aucun discours publicitaire.
Mes seuls postes d’achats potentiellement conséquents sont tout ce qui concerne la maison (mais j’achète tout d’occasion, par goût – oui, j’aime les vieux trucs ! -, et en plus, ça coûte moins cher, et c’est meilleur pour la santé, les éventuels composés organiques volatils s’étant répandus dans les airs depuis bien longtemps) et les livres, mais j’ai décidé que quand j’aurai fini de lire mes livres laissés en plan, j’irai à la bibliothèque, quitte à acheter ensuite ceux que j’aurai adorés et que je voudrai avoir chez moi.
Résultat, j’ai passé ma première semaine dé-confinée sans faire un seul achat en ligne, ni entrer dans un magasin, et je compte bien continuer le plus longtemps possible !

Evidemment, je suis une adulte, qui a eu des phases de consommation et d’achats frénétiques, quand j’étais plus jeune, et bien sûr, j’ai mûri et pris le temps de réfléchir à tout ça. Je sais bien aussi que si on n’achète plus que le strict nécessaire, cela fera des emplois en moins… Mais on ne fera pas peser cette responsabilité sur mes épaules, quand on sait aussi que des entreprises licencient uniquement pour présenter de meilleurs chiffres à leurs actionnaires, ou pour mieux payer leurs dirigeants. Je n’ai même pas envie de juger ces comportements, j’aimerais juste qu’on me laisse libre de faire ce que je veux et j’aimerais aussi qu’on ne fasse pas croire encore à tous ceux qui ont eu recours aux associations simplement pour avoir de quoi manger pendant le confinement, que le bonheur, c’est la consommation. Me reviennent ces paroles de « Foule sentimentale » qui correspondent je pense beaucoup plus à nos réelles aspirations que ce que l’on veut bien nous serine à longueur de journée :

Oh la la la vie en rose
Le rose qu’on nous propose
D’avoir les quantités d’choses
Qui donnent envie d’autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c’est d’avoir
De l’avoir plein nos armoires
Dérisions de nous dérisoires

J’ai entendu à la radio une femme dire qu’elle avait découvert pendant le confinement qu’elle était capable de faire la cuisine, et que désormais, elle inviterait ses amis chez elle plutôt qu’au restaurant. Une autre a découvert plein de vêtements encore étiquetés dans son placard. Un Parisien, vivant dans un bel appartement, veut partir à la campagne, quitte à prendre le premier boulot venu et moins bien gagner sa vie, pour offrir « du vert » à ses enfants.

Il faut du temps pour apprendre à distinguer le besoin de l’envie, la nécessité de la compulsion.
Il est temps de changer profondément le modèle dans lequel nous vivons. Je ne me fais aucune illusion sur le fait qu’à l’échelle individuelle, cela ne changera rien, mais si nous décidons tous de modifier nos comportements, ceux qui nous dirigent devront bien un jour adapter leurs façons de faire, non ?

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Maintenir la distance physique

Hier, je me suis beaucoup baladée.

Le matin, j’avais rendez-vous avec une personne à qui j’ai vendu des livres. Nous appartenons toutes les deux au réseau sur lequel j’avais posté mon annonce de vente de bouquins, mais nous ne nous connaissions pas. J’ai sorti les livres de mon sac pour les lui remettre, puis, devant la grille du parc fermé, nous avons parlé, en restant à un bon mètre de distance. Confinement, dé-confinement, politique locale et nationale, ministre de l’Education et écoles marseillaises. C’est étrange d’avoir une conversation en se parlant d’aussi loin. Ce n’est pas impossible, puisque notre échange a duré une demi-heure.

En début d’après-midi, j’ai marché avec ma fille. Elle voulait aller en direction du collège. Dans le secret espoir peut-être de voir des copains en goguette eux aussi. On n’a croisé que trois ou quatre promeneurs masqués, seuls, aux regards réprobateurs. Nous étions deux, riant le nez au vent.  Ma fille a dit « les gens nous regardent bizarrement, non ? ». Je lui ai répondu que c’était sans doute le masque qui lui donnait cette impression.

A 17h, nouvelle promenade, cette fois avec mon mari. Sur le trottoir encombré d’en face, quelqu’un nous a fait de grands signes. C’était notre voisine. Elle a vite traversé pour venir nous parler. Nous ne sommes pas embrassés… Elle est ravie d’être dé-confinée, et a dit qu’elle avait continué ces deux derniers mois à sortir régulièrement, elle avait besoin de prendre l’air. Elle nous a dit « on se fait un repas à la maison prochainement, d’accord ? ». J’ai pensé à ma soeur, qui me disait dimanche qu’elle ne voulait accueillir personne chez elle, dans les semaines à venir. On a répondu « Mmmm… », puis mon mari a ajouté « quand les enfants seront de retour à l’école, OK ? ». Ca faisait un peu « report aux calendes grecques », mais j’ai trouvé que c’était bien, il me fallait du temps pour réfléchir à la question.

J’y ai repensé en marchant. Quinze jours d’incubation, si on ne fait pas attention, ce sera de nouveau la foule aux urgences fin mai, nouveau pic d’épidémie en juin. Re-confinement. Bon.

De retour à la maison, SMS. Des amis qui ont dû annuler un grand week-end de fête chez eux, nous proposent un dîner. Samedi. « Les enfants, ça vous dit ? » « Samedi ? Ouiiii ». C’est mon fils, qui n’a pas mis le nez dehors (enfin, hors de notre jardin) depuis le 14 mars, qui a répondu le premier. Ca y est, nous sommes donc complètement dé-confinés.

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