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Travailler autrement : Noëmi Joncour, traductrice freelance expatriée aux Etats-Unis

Il y a 3 ans, Noëmi, son mari et leurs trois enfants ont quitté Marseille pour Charlotte, dans le Sud des États-Unis. Travaillant déjà comme traductrice freelance en France, Noëmi a décidé de poursuivre son activité là-bas.

Depuis combien de temps travaillais-tu en freelance avant ton installation aux États-Unis ?
Nous avons déménagé aux États-Unis en mars 2017, je travaillais en freelance depuis octobre 2012.

Est-ce que cela a été simple/compliqué (administrativement) de transférer ton activité à l’étranger ?
J’ai gardé mon EURL ouverte en France ne sachant pas trop combien de temps nous allions rester expatriés. J’ai ensuite ouvert l’équivalent aux USA et basculé progressivement la grande majorité de mes clients sur l’entité américaine. Je facture toujours certains clients sur mon EURL, car c’est plus facile pour certains et cela me permet de continuer à cotiser à la retraite, à la sécu, etc…

Est-ce que tu as pu tout de suite te remettre à travailler en arrivant sur place ?
Non, j’ai dû ralentir fortement mon activité, car le « culture shock » a été important. Mon mari a commencé son nouveau poste sur les chapeaux de roues et nos 3 enfants n’avaient jamais mis les pieds aux USA, ne parlaient pas un mot d’anglais… leur adaptation scolaire et linguistique était pour moi une priorité.

À Marseille, tu louais un bureau dans un espace de coworking. As-tu pu trouver une structure équivalente à Charlotte ?
Après un an aux USA, j’ai tenté l’aventure dans un coworking mais malheureusement je n’y ai pas retrouvé la convivialité marseillaise. J’y allais pour rencontrer de nouvelles personnes, échanger sur les pratiques de travail, réseauter…. Malheureusement, chacun travaillait dans son coin donc après 3 mois, j’ai compris que cela ne répondrait pas à mes attentes.

As-tu pu conserver tous tes clients ? Comment est-ce que cela s’est passé (distance, décalage horaire…) ?
J’ai conservé tous mes clients. Le décalage horaire n’a pas été un problème. Je commence mes journées tôt pour être sure de pouvoir répondre aux demandes de mes clients en fin de matinée en France. Mes clients savent que je suis aux États-Unis et ne s’attendent pas à ce que je leur réponde à 8h du matin.

Est-ce que tu as pu développer ton business sur place ?
J’ai décroché un nouveau client américain qui est le Lycée Français de New York avec qui je travaille désormais quasi quotidiennement depuis 2 ans, mais pas d’entreprise locale en Caroline du Nord.

Quelles sont les difficultés auxquelles tu as été confrontée dans ton activité au quotidien ? Au contraire, y a-t-il des démarches qui t’ont paru plus simples qu’en France ?
Aucune difficulté au quotidien pour ce qui est de mon activité pure. Installation quasi immédiate d’internet, la création de ma société a pris 10 minutes en ligne et validée en 2h par retour de mail par les autorités compétentes. Pas d’Urssaf, pas de RSI, pas de CIPAV, aucune cotisation obligatoire donc c’est très facile, aucune lourdeur administrative, mais le revers de la médaille est que je ne cotise à rien….

Si tu compares, penses-tu qu’il est plus facile de travailler en freelance en France ou aux États-Unis ?
La mise en route est plus facile aux États-Unis, tu n’as même pas besoin de créer une structure pour commencer à travailler, tu peux faire des missions en freelance avec ton numéro de sécurité sociale. En revanche, c’est un statut encore plus précaire qu’en France puisque si l’on veut cotiser pour la retraite la santé, etc… ce sont des assurances privées.

Tes enfants étaient tout petits à ton arrivée aux États-Unis, est-ce que l’école ou les structures d’accueil t’ont aidée pour avoir des journées de travail « standard » ?
Non, officiellement l’école commence à 5 ans ici donc je me suis retrouvée en arrivant avec 2 enfants non scolarisés. Il y a de nombreuses preschool (sorte de jardin d’enfants de 9h à 13h majoritairement dans les églises) ou des daycares (crèche), mais c’est un budget très important et aucune aide type CAF, allocations familiales pour le financement.
Nous habitons dans le sud des États-Unis, la religion est très présente et beaucoup de femmes ne travaillent pas pour s’occuper de leurs enfants.

Qu’as-tu appris (sur toi-même/sur ton métier) en travaillant « autrement », dans un autre pays, avec d’autres méthodes ?
J’ai réalisé la chance que j’avais d’avoir un métier que je pouvais emmener avec moi au bout du monde. Après le temps d’adaptation, une fois la routine américaine adoptée pour toute la famille, je me suis retrouvée très isolée à travailler seule, dans un environnement où les gens sont chacun chez eux et ne s’ouvrent pas facilement aux autres. Ces moments de solitude m’ont permis de faire une petite introspection et j’en ai aussi profité pour me faire accompagner par une coach pour m’aider à me remotiver et faire un point sur mes choix professionnels et m’aider à avancer.

Vous avez prévu de rentrer en France dans un an. Comment envisages-tu ton retour ?
Professionnellement parlant, cela ne va rien changer ou presque. Il me suffira de communiquer avec mes clients et de fermer la structure américaine. Même si je suis contente de rentrer je sais que je vais avoir du mal à me réhabituer à la culture « pleurnicharde » des Français. Le positivisme américain, même si parfois c’est trop (surtout pour les Français) a le mérite d’être motivant !

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Travailler autrement : Laurence Perchet, formatrice en communication globale et droit de la communication

 

Je connais Laurence « virtuellement » depuis que je travaille en freelance. Elle aussi faisait partie de la bande des lecteurs/commentateurs du Blog du Freelance. C’est elle qui a le plus souvent commenté mes articles ici, et je l’en remercie !
Comme moi, Laurence a déménagé, de Lille à Tours. C’était il y a 8 ans et elle aussi a expérimenté les déconvenues liées à la découverte de pratiques et d’habitudes totalement différentes de celles qu’elle connaissait. Si aujourd’hui elle reconnaît avoir gagné en qualité de vie (elle habite une maison avec un grand jardin, peut limiter l’usage de sa voiture et donc l’attente dans les bouchons…), elle a traversé nombre de difficultés qu’elle n’avait pas du tout imaginées avant de changer de région.

Tu t’es « réinventée » professionnellement plusieurs fois, peux-tu nous raconter ton parcours ?

Je n’ai pas vraiment pratiqué le métier pour lequel je me suis formée, juriste en droit des affaires, mais qui m’a beaucoup aidé aussi bien dans la vie personnelle que professionnelle. J’ai commencé par une activité commerciale dans une entreprise de vente de crédit à distance, puis postulé à la communication corporate. A 26 ans, je bifurquais déjà. C’était en 1992. Communicant corporate c’était un métier récent à l’époque, et j’ai connu la fin de l’ère de l’analogique avec le passage au numérique. Les journées de montage de films en régie étaient facturés 10 000 francs (nouveaux) ! On imagine mal facturer 10 000 euros la journée de montage aujourd’hui ! J’ai forgé le poste que j’occupais à ma personnalité en mettant au service de la communication interne tous les supports, par curiosité aussi, le print, la PAO, la formation multimédia, l’événementiel sportif ou corporate, l’Intranet, une révolution en 1997, le web… on était très avancé à l’époque ! J’avais un carnet de partenaires freelance : dessinateur, photographe, caméraman, preneur de son, réalisateur… Je les suivais sur les tournages des événements ou en régie. J’ai énormément appris. Il y avait même un ban de dérushage BETACAM SP dans mon bureau, que je pilotais avec un Mac de récupération et un logiciel en anglais ! Ensuite, j’ai eu envie de voir autre chose. Je me suis lancée comme consultante freelance. Sincèrement, au démarrage, c’était dur ! Passer d’un environnement de travail de 1500 personnes sur 3 sites avec des collègues qui te connaissaient bien à… une personne, soi-même, dans un salon-salle à manger de 20M2, c’est violent, il faut être motivé. J’ai connu des heures un peu sombres, des portes qui se ferment, des secrétaires qui t’envoient bouler au téléphone quand tu proposes un rendez-vous commercial. Ceci étant, le monde de la communication comme partout est petit. Des anciens partenaires de mission m’ont aidée, filé leur carnet adresses, parfois même sous-traité des missions. J’avais la réputation, justifiée d’ailleurs, d’aimer mon métier et d’être bosseuse, à l’époque… J’avais toujours eu un bon contact avec les partenaires de travail, surtout dans l’événementiel, le film, les gens sont très souples, disponibles, bosseurs, souvent de bonne humeur. Il y avait une forme de solidarité. Je n’ai jamais retrouvé cela par la suite. J’ai décroché en 2003 trois gros clients, dans des domaines complètement différents, qui m’ont permis enfin d’avoir un fond de roulement stable et de gagner ma vie. J’ai eu de belles missions mais j’ai dû faire une croix sur l’événementiel. Ca n’a pas été facile. Certains clients mettaient à disposition un bureau pour m’avoir sous la main. Je donnais aussi des cours en formation initiale, à la Fac, dans les écoles de communication, de commerce, en formation continue. J’essayais de transmettre tout ce que je savais. C’était pour faire bouillir la marmite mais au final, j’adorais ! Très enrichissant. Quand j’ai décidé de changer de région, en 2010, pour voir autre chose, je me suis dit que j’allais continuer à faire ce métier de communicante ailleurs, tout simplement…

Pensais-tu que « être freelance en Touraine » serait exactement la même chose que « être freelance à Lille » ?

Sur le principe, oui, mais c’était une erreur de raisonnement. J’ai approché le marché de la communication en Touraine exactement comme dans le Nord. J’ai démarché, book sous le bras, les quelques grosses agences de communication, les sites délocalisés de grandes entreprises qui, d’ailleurs, sont dépendants de Paris pour leur budget et actions. Ce qui n’a rien donné évidemment… On ne me connaissait ni d’Eve, ni d’Adam, même si j’avais des références à l’époque qui tenaient la route. Et j’avais rarement en face de moi un décideur avec l’intention de me confier une mission test, pour voir. Ce que j’avais beaucoup pratiqué dans le Nord, mais qui est surtout réservé aux grands groupes. La Touraine c’est une terre d’histoire, qui a accueilli les Valois, les Bourbons, laissant une empreinte majeure avec les châteaux royaux pour résidence mais aussi fiefs politiques. Et puis il y a la Loire, ce fleuve majestueux, aménagé depuis plusieurs années par la communauté urbaine pour y accueillir une activité touristique toujours plus intense. Ici, on est dans un temps calme, il y a une forme d’inertie autour du passé. C’est ce qui m’avait motivée pour venir m’installer dans la région. Et c’est ce qui m’a le plus frappée en arrivant, d’autant que j’étais passée un peu par Paris avant de poser mes valises… Si on compare au Nord, Lille Métropole c’est 1,1 million d’habitants, la 4ème agglomération après Paris, Lyon et Marseille. C’est une ancienne région industrielle, défigurée, encore qu’aujourd’hui les choses ont évolué, avec un esprit entrepreneurial très développé, qui a opéré une véritable reconversion économique, après l’effondrement du textile dans les années 80, dans les services, la grande distribution (pensons à la famille Mulliez et l’enseigne Auchan, Décathlon, Norauto, Leroy Merlin, Boulanger, Kiabi pour ne citer que celles-ci…), la vente à distance et… le numérique ! Le savoir faire en e-commerce a démarré dans le Nord, adaptation oblige, pour vendre à distance via le web et non plus par catalogue papier ! Dans l’imaginaire, la Touraine c’est Balzac, dont les habitants ici sont très fiers, avec ses chaleurs étouffantes l’été, ses grosses bâtisses aux pierres blanches de tuffeau, les roses trémières qui poussent le long des portails… Donc les mentalités sont forcément différentes.

Quels freins (ou barrières) as-tu rencontrés ?

Les freins étaient quand même importants : le fait d’être freelance, donc un individu isolé,  sans légitimité locale en fait ; mon âge, 47 ans. Et oui, dans la quarantaine avancée, même avec une bonne expérience, les entreprises ne se bousculent pas vraiment pas pour te recevoir ! C’est typique du mal du marché de l’emploi en France… Enfin, la culture freelance, c’est un état d’esprit, on est entrepreneur ! Beaucoup de personnes ne le perçoivent pas ainsi. J’avoue que si au départ, reconstruire un réseau ne me faisait pas peur, au bout de quelques mois, je me suis rendue compte que je tournais en rond. J’avais fait une étude de marché. Beaucoup d’auto-entrepreneurs ou de TPE dans la communication sur deux créneaux : le graphisme et le web. Les tarifs pratiqués étaient misérables. Ca casse le marché. Pas de vraie offre corporate, en relations presse par exemple, les prestations haut de gamme sous-traitées à Paris ! Je me suis démenée, peut-être pas forcément toujours dans le bon sens. Globalement, j’ai fait de belles rencontres, mais pas de missions sérieuses à la clef de toute cette énergie focalisée sur mon objectif !

Penses-tu que les choses auraient pu se passer autrement (réseaux locaux efficaces par exemple) ?

En fait, le réseau personnel est très long à construire. Des amis formateurs indépendants depuis de nombreuses années ont vécu la même chose. Je ne sais pas très sincèrement s’il existe des réseaux locaux efficaces pour les indépendants. Un peu plus aujourd’hui qu’il y a 9 ans car je croise des connaissances sur Facebook par exemple, qui participent à des nouveaux groupes d’entrepreneurs. Mais j’avoue personnellement avoir passé mon chemin avec mon investissement actuel dans la formation. Surtout, quand on creuse, on se rend compte que les indépendants qui s’en sortent bien ont des clients en dehors de la région, et plutôt à Paris, parce qu’ils avaient un point d’attache dans la capitale avant de débarquer en Touraine.

Qu’est-ce que tu apprécies le plus, dans ta nouvelle façon de pratiquer ton métier ?

Et bien j’ai gardé au fond une certaine liberté dans l’organisation de mon travail à la maison, puisque je continue de construire les modules de cours à mon rythme. J’avoue que c’est une partie du travail qui me plaît bien. Je retrouve un peu cette liberté de créativité que j’avais, quand je travaillais sur des dossiers clients. Je regrette toutefois deux choses : que certains étudiants ne soient pas plus curieux intellectuellement et que les modules de cours soient trop courts ! 20 heures pour expliquer le droit du e-commerce à des Master 2 ou 20 heures pour donner un cours de communication globale à des 3ème année en Bachelor, c’est peu… La formation aussi rogne sur le temps d’apprentissage. C’est frustrant. J’aimerais bien refaire de la formation continue en rédaction, mais ici, c’est compliqué. Enfin, avec l’épidémie de Covid-19, les choses ont basculé ! Les enseignements se sont faits sur des plateformes numériques. J’en ai utilisé 3 ou 4 différentes : Teams, Zoom, Blackboard, Livestorm… Il a fallu s’adapter. Pour certains profs, cela a été très dur. Comme j’avais suivi pas mal de Moocs ces trois dernières années, sincèrement, ça m’a aidé ! Il est difficile de dire si cette façon d’enseigner va se généraliser, mais je ne l’espère pas trop quand même. La rencontre humaine reste capitale dans la formation.

Quel est ton bilan 8 ans plus tard ?

J’ai balancé sur un pied, sur l’autre, pendant trois ans, cela m’a ralentie. Deux ans de cours d’anglais pour me remettre à niveau dans l’enseigne Wall Street Institute de Tours, pour avoir une chance supplémentaire dans la recherche d’emploi. L’ambiance était vraiment géniale avec des formateurs de tous horizons : américains, anglais, australiens ! Il n’y avait pas de représentation en local de l’association Communication et Entreprise, ex-UJJEF. J’ai lancé ma candidature pour créer une antenne à Tours, j’ai fait un flop ! Le Club de la presse était au point mort. J’ai su plus tard qu’il devait se restructurer. Pas non plus de visibilité donc de ce côté là. J’ai intégré pendant deux ans une association d’aide au retour à l’emploi des cadres. J’étais quand même un OVNI parmi les adhérents, des salariés cadres au chômage. Mais j’ai trouvé une famille, mis au point des actions de com’ pour se faire connaître, repris le site web, noué des amitiés. Toutefois, tout ceci n’a débouché sur rien de concret. Enfin, une dernière expérience de communicante a consisté à écrire pour la rubrique Patrimoine d’un magazine gratuit lifestyle de la métropole, et là, j’ai enfin croisé des communicants de métier ! Les responsables de communication ou attachés de presse des sites touristiques des châteaux de la Loire ! Malheureusement, le magazine était mal géré, le repreneur du support a fermé boutique. C’était vraiment dommage parce que je parcourais les sites de Touraine avec leur histoire pour écrire. Seule la formation a montré une petite ouverture dans toutes mes démarches ! Surtout, on m’appelait en me disant : « on a votre CV, on a besoin de vous !  » On n’imagine pas à quel point cela fait du bien d’entendre ça !

Aujourd’hui je donne des cours, mais je suis aussi tutrice de mémoire. Très honnêtement, cette mission me passionne ! Je suis de nouveau plongée dans l’univers de la communication le temps du coaching étudiant ! J’ai noué de bonnes relations avec certains directeurs d’établissements, des clients donc, je retrouve avec ces personnes le plaisir d’échanger professionnellement. Etre sur la même longueur d’onde dans le travail que l’autre, s’entraider, partager des projets, quel plaisir ! C’est plus rare aujourd’hui. En fait, je travaillais avec des personnes expansives, aussi bien côté clients que communicants partenaires dans le Nord, j’avoue que cela me manque…

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui changerait de région aujourd’hui ?

J’ai envie de dire, à la lumière de ce que j’ai vécu : tout dépend de ton statut ! Une mutation salariale, c’est plus facile. Mais la préparation en amont reste capitale. Freelance, il faut rester adaptable, être à l’écoute, proposer des solutions aux clients de la région, l’étudier, regarder le tissu économique, les besoins. Abandonner ses anciens réflexes. Se dire qu’on peut même changer de métier s’il le faut, en exercer deux pourquoi pas. Réorienter son offre, se former, et ne pas se mettre de barrière. Avec le temps, par exemple, j’ai monté des cours de droit de la communication, Internet, e-commerce, chose que je ne faisais pas dans le Nord, et je constate bien que peu de profs interviennent dans ce domaine. Il faut avoir le raisonnement juridique ET la connaissance du milieu du web par exemple. On n’est pas marié avec un métier pour la vie, ça c’est terminé. Monter un nouveau réseau, trouver des clients, c’est un travail de longue haleine. Il faut un bon mental, être soutenu, je pense que c’est capital…

Pour en savoir plus sur Laurence, vous pouvez consulter son blog.

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Travailler autrement : Deborah Nataf, slasheuse

J’ai rencontré Deborah lors d’un cours que je donnais pour la première fois à des étudiants en alternance. Habituellement, je forme des professionnels, là, j’étais dans le rôle non pas d’une formatrice, mais d’une « prof de communication ». Deborah avait mon âge (la moyenne d’âge de la classe était de 23 ans) et quand elle a commencé à parler de toutes les vies professionnelles qu’elle avait eues avant, je lui ai demandé « et toute cette expérience que tu as acquise, ça ne t’a pas permis de trouver du boulot dans la com’ ?« . Hé ben non, en France, même à 40 ans, quand on cherche un emploi, ou même une mission en tant qu’indépendant, on multiplie ses chances (et on se sent plus légitime !) quand on a « le » diplôme dans le domaine convoité.
Cette reprise d’études a eu lieu il y a trois ans, et depuis, Deborah a pu se créer le boulot de ses rêves !

Quelle était ta première vie professionnelle ?

Plus qu’un métier j’avais surtout un statut : intermittent du spectacle ! C’est-à-dire que j’ai l’impression d’avoir passé ma vie à chercher du boulot et surtout avoir fait mille métiers différents !
J’ai une formation de journaliste mais je n’ai jamais vraiment pratiqué le journalisme comme on l’imagine. J’ai débuté sur une chaîne spécialisée dans le cinéma (interview, tournage, réalisation etc). Puis la chaîne ayant été rachetée par le groupe Canal, j’ai dû quitter ce fabuleux métier. Je me suis retrouvée par le plus grand des hasards à écrire des questions pour des jeux TV (exercice de style que je réalise encore en partie aujourd’hui). Pendant une parenthèse, j’ai eu la chance de réaliser un making-of pour long métrage, métier que j’aurais aimé faire plus longtemps mais dans le monde du cinéma, comme à la télé, les places sont chères !
Puis, toujours par le fruit du hasard, je suis devenue chef d’édition pour une émission sur France 5. J’ai adoré cette période ! J’ai ensuite travaillé « furtivement » pour des chaînes info et une émission de télé-réalité.

Quel est ton métier aujourd’hui ?

Aujourd’hui je suis indépendante et j’ai l’habitude de dire que je suis « slasheuse ». Je réalise des films de communication pour des entreprises, des indépendants et pour des événements pour des particuliers. Je fais tout de A à Z : l’écriture, le tournage, le montage. Mon credo : un film simple, bien fait, avec de l’humain, du vrai, et surtout peu coûteux ! J’ai une seconde activité, le massage. J’ai suivi une formation dans ce domaine il y a une dizaine d’années, ça m’intéresse car j’ai toujours aimé masser et j’ai le sens du toucher. Depuis 2 ans c’est une activité annexe, j’ai une pièce chez moi où je reçois peu de clients mais que des habitués.
Finalement, j’ai juste l’impression d’avoir assemblé toutes mes compétences pour me trouver mon nouveau métier. Bon, avant je passais mon temps à chercher du boulot, maintenant je cherche des clients ! 🙂

Pourquoi as-tu décidé de changer d’univers professionnel ?

Cela faisait longtemps que j’en avais assez de cette précarité et la vie m’a donné un coup de pied aux fesses pour le faire ! J’ai déménagé en province et là-bas, le monde de la télé est quasi inexistant ! J’ai mis un an à trouver, ne serait-ce qu’une idée !
Pendant ce temps, j’ai travaillé dans un centre de traitement bancaire. Métier alimentaire qui m’a donné tout de même une grande chance : j’ai trouvé une formation grâce à eux.

Est-ce que ton changement professionnel a nécessité une formation, un accompagnement, un déménagement ?

Le déménagement c’était déjà fait ! J’habite aujourd’hui Strasbourg, et nous re-déménagerons bientôt, mon ami attend sa mutation.
Le métier le plus proche du journalisme c’était la communication : j’ai donc fait une formation en alternance, avec des jeunes de 20/25 ans. Trois semaines en entreprise et une semaine à l’école. Le diplôme visé était « chargée de communication ».
Je ne peux pas dire que j’ai beaucoup appris. Cela m’a surtout aidée à mettre un pied dans ce métier et à ajouter une ligne sur mon CV qui rassure les gens.
A mon âge, l’expérience et ma polyvalence ont fait que je me suis vite intégrée, j’ai pu apporter un savoir-faire différent. Et de l’autre côté j’ai découvert le monde de l’entreprise que je ne connaissais pas (la télé n’est vraiment pas une entreprise). Cela a été un vrai échange.

As-tu des regrets ?

Oui, de ne pas m’être lancée plus tôt !

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ta vie d’aujourd’hui ?

Deux choses : pouvoir travailler à mon rythme, me déplacer quand je veux, où je veux, j’ai n’ai pas de bureau, juste un ordinateur et une caméra. Mais surtout assumer totalement mon côté « multipotentielle », je n’ai pas à me justifier de cela et j’en ai fait un atout. Bien entendu, il faut oublier le regard des autres : j’organise mes journées à mon rythme, me dégageant du temps pour mes loisirs et faire du yoga notamment, et donc j’ai des amis qui pensent que je m’amuse toute la journée ! Alors que je réponds bien sûr prioritairement aux demandes de mes clients !

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à quelqu’un qui voudrait également changer de vie professionnelle ?

Question difficile car tout dépend du métier visé, mais c’est toujours bien de se lancer, au pire cela apporte une expérience supplémentaire qui ne peut être que valorisante. Il n’est pas toujours évident de définir ses prix, ni de se sentir légitime. Mais je ne suis pas faite pour être enfermée dans un bureau, j’ai besoin d’un sentiment de liberté, et la contrepartie à cela est forcément une certaine précarité, il faut en être conscient quand on se lance en indépendant.

Comment as-tu vécu le confinement ?

Au niveau personnel, très bien, car j’ai pu me confiner à a campagne, dans ma maison de Touraine (d’ailleurs, on s’est dit qu’on pourrait y faire des chambres d’hôtes ? Bon, c’est un projet que l’on a mis de côté pour l’instant, parce que cela nécessiterait trop de travaux !). Comme beaucoup de freelances, je n’ai pas eu beaucoup de travail pendant cette période, mais j’ai été sollicitée pour le montage d’un film pour un particulier. J’ai trouvé ça intéressant, du coup j’ai ajouté cette offre à mes prestations : si vous avez des photos qui dorment dans vos placards et que vous repoussez toujours à l’année prochaine le moment de faire des albums, je vous propose une alternative, le film monté à partir de vos documents. Cela peut aussi être une idée cadeau pour un anniversaire par exemple !

Merci Deborah ! Si vous souhaitez la contacter, voici sa page Facebook 

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Travailler autrement : Isabelle Matton, psychologue

Il y a quatre ans, Isabelle et son mari Michel, Parisiens tous les deux, ont décidé de s’installer dans le Sud avec leurs deux enfants. Michel dirige une entreprise en région parisienne, et fait des allers-retours. Isabelle, DRH, a toujours travaillé dans le domaine des ressources humaines, après avoir obtenu un DESS de psychologue clinicienne. Quand elle a évoqué avec son employeur parisien son souhait de s’installer dans les Bouches-du-Rhône, il lui a proposé de garder son poste en télétravail un semestre. Cela a duré finalement trois ans, avec des allers-retours réguliers à Paris, avant qu’elle ne décide de s’installer comme psychologue, « à domicile », puisqu’elle a pu créer son cabinet en rez-de-jardin de sa maison, à Aubagne.

Penses-tu que le travail à distance (à 800 km !) puisse s’exercer dans la durée ?

Il me semble que la réussite d’un travail à distance dépend de plusieurs facteurs :

  • Ton poste (tes responsabilités), et ce qu’il implique.  Si ton poste a une forte part de rédactionnel, il n’y a aucune difficulté à l’exercer à distance. En revanche, si au quotidien, tu as besoin d’échanger, d’avoir des informations rapidement, de « sentir » un climat social, comme le nécessite un poste de DRH, cela peut s’avérer sur le long terme un exercice compliqué et très frustrant.
  • La qualité de ta relation avec ton N+1 et ton équipe. La confiance est absolument incontournable pour pouvoir faire son travail sereinement, sans avoir à se justifier. De part et d’autre, on peut beaucoup fantasmer. Mon PDG, pour plaisanter, quand il m’appelait, me disait « je suis désolée de te déranger au bord de ta piscine », alors que pour moi, il aurait été inconcevable de faire autre chose que mon travail. Je suis quelqu’un de très discipliné et sérieux, ce qui je pense, reste un atout pour bien travailler à distance, mais personne ne te voit travailler (d’où le doute) et moi, de mon côté, je savais que je n’étais pas dans la boucle de toutes les informations car communiquer demande des efforts et si tu n’as pas ton collaborateur à proximité, tu interagiras en différé avec lui, il y aura donc une perte d’information.
    Il faut particulièrement soigner sa communication car les échanges se font par écrit ou par téléphone, et sont sujets à interprétation. Par écrit, on peut imaginer un ton inadéquat et au téléphone, il faut surtout bien penser à reformuler pour s’assurer d’avoir compris le message. A distance, nous sommes amputés de plusieurs sens qui nous aident, sans que nous en ayons conscience la plupart du temps, à décrypter plus finement les messages de nos interlocuteurs.
  • Le rythme de tes A/R au bureau. Je montais très peu en IDF au tout début. Du coup, chacun de mes passages était dense, speed, je n’avais plus le temps d’échanger quand ce n’était pas prévu… Je me mettais une pression énorme. Je devais être très désagréable :-).
    Je dirais que le bon rythme aurait été 2 jours pleins sur place chaque semaine ou une petite semaine tous les 15 jours. Si c’était à refaire, c’est ce que j’aurais changé.

Avais-tu imaginé que ton installation dans le Sud t’offrirait un jour la possibilité de changer de métier et de statut ?

En aucun cas car j’avais mis la psychologie de côté depuis longtemps.
Pendant 20 ans, j’ai toujours cherché à rejoindre un métier qui se rapprocherait d’avantage de la relation d’aide (ce à quoi j’aspirais fondamentalement : j’ai passé l’écrit du concours d’infirmière (mais ne me suis pas rendue aux examens oraux), j’ai obtenu le diplôme de médiateur familial, mais je n’ai jamais renoncé aux Ressources Humaines. Ce n’était jamais le bon moment pour OSER changer de métier.

Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans ta nouvelle vie professionnelle ?

J’apprécie avant tout la stimulation intellectuelle qu’elle m’apporte. Démarrer une activité pour laquelle tu es diplômée depuis 20 ans, mais que tu n’as pas exercée, nécessite de rafraîchir tes connaissances. Je sais que le syndrome de l’imposteur n’était pas loin ;-). Alors j’ai décidé de m’outiller, et de façon la plus large possible!
Ensuite, chaque patient, chaque rencontre, bousculent. Je me dois d’être inventive. Et j’aime vraiment la posture de thérapeute si particulière.
Ce que j’aime, après 20 ans d’expérience en entreprise, c’est de pouvoir prendre des décisions totalement assumées, conformément à mon éthique.
Et enfin, j’ai la liberté dans mon organisation, surtout car mon activité démarre, ce qui me laisse pour le moment du temps pour ma vie privée et familiale ou toute activité que je souhaiterais entreprendre.

As-tu dû suivre une/des formations ? Penses-tu que c’est indispensable ?

J’ai eu une formation très analytique (psychologie dynamique). Je me forme à la sophrologie depuis 6 mois, ai suivi un premier module de formation à l’EMDR, et surtout, je lis beaucoup (sur les TCC, la PNL, la thérapie de couple, la psychologie positive…) pour m’ouvrir le plus possible à différentes approches et pratiques.
La psychologue que j’aurais été il y a 22 ans n’est pas celle que je suis aujourd’hui. L’expérience de la vie te permet de prendre de la distance avec tes apprentissages, de les remodeler, de puiser dans d’autres savoirs que tu ne trouves pas que dans les livres ou à la l’université, car entre temps, j’ai cheminé : j’ai eu des enfants, mon couple a pris 20 ans de plus, j’ai perdu des proches, des emplois, fait des rencontres impactantes…

Qu’est-ce qui est plus facile/difficile en travaillant à la maison ?

Quand j’étais salariée, le plus difficile était au début de bien délimiter le temps professionnel du temps personnel et de ne pas travailler trop. Du fait de l’absence de temps de trajet et de rituel de transition, il est facile de prolonger ta journée de travail.
Les relations professionnelles manquent aussi. Le sentiment d’appartenance s’étiole vite.
Concernant mon activité en libéral, mon cabinet se situe sous ma maison. Afin de garantir la confidentialité à mes patients, sans restreindre la liberté de circulation des membres de ma famille, je me dois de veiller à coordonner les allers et venues des uns et autres et de ne pas trop impacter la vie de famille par mon activité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, pour le moment j’ai fait le choix de ne pas travailler le samedi.

Est-ce que ce nouveau travail que tu as vraiment choisi et adapté à tes souhaits te procure plus de satisfaction ?

Oui, sans l’ombre d’un doute ! Il faut être patient pour se faire connaître, et garder confiance.
Je me sens utile. Il n’y a pas d’ennui. J’apprends tous les jours.

Quels sont les conseils que tu donnerais à quelqu’un qui voudrait changer de métier, de région, ou les deux ? 

Changer de région, c’est facile. Il suffit de le décider. Il faut bien évidemment être conscient que tu as tout un réseau social à recréer (avoir des enfants scolarisés est un atout pour rencontrer d’autres personnes) et que selon la région que tu vas adopter, l’accueil sera différent.
En revanche, en PACA par exemple, trouver un emploi quand tu viens de la région parisienne est compliqué. Les salaires sont beaucoup plus bas, il y a bien moins d’offres et quand tu es une femmes de plus de 45 ans, ton CV est moins attractif ;-). Si le déménagement est un projet familial, il vaut mieux que l’un des deux aient dores et déjà un poste sur place.
Le changement de métier est parsemé de doutes et d’angoisse, mais quand il y a un moment  favorable pour le faire, que tu as de l’énergie, que tu sais que c’est l’orientation qui te fera du bien et que tu as une source de rémunération te permettant de ne pas te mettre en trop grande difficulté, il faut foncer ! Il faut du culot ou du courage, et surtout, le soutien inconditionnel de ses proches. Ma réussite, je la dois aux encouragements et aux témoignages sans faille de ma famille et de mes amis qui me redonnaient confiance en moi dans les moments de doute, d’envie de renoncer.
Je crois que pour réaliser un changement de vie, quel qu’il soit, il faut pouvoir avoir la liberté de se dire que rien n’est irréversible, ce qui n’est pas toujours le cas.
Que sommes-nous prêts à perdre pour tenter d’être plus heureux ?

Comment imagines-tu les 5/10/15 années à venir ?

Idéalement, j’aimerais, parallèlement à mon activité libérale, travailler 1 à 2 journées par semaine en milieu hospitalier, pour être vraiment « au chevet des patients » et retrouver le travail en équipe.

Merci Isabelle ! Si vous aussi vous avez choisi de « travailler autrement », n’hésitez pas à m’envoyer un mail, je serai ravie de vous interviewer !

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Travailler autrement : en indépendant, en télétravail, à la campagne

Travailler autrement, ailleurs, c’est un peu le sujet du moment, très « post-confinement ».  Evidemment, après avoir été enfermés près de deux mois dans de petits appartements sans balcon, on comprend que les habitants des grandes villes (et plus précisément les Parisiens) aient une forte envie de vert ! En parallèle, le télétravail forcé a séduit tous ceux qui déploraient de passer trop de temps dans les transports.

J’ai un peu expérimenté tout ça. J’ai habité Paris, dans une chambre de bonne au 5e étage sous les toits près de la place de la Nation qui aurait été invivable en période de confinement, puis un appartement plus grand dans le 14e, dans une rue plus « aérée » et à 5 minutes à pied de mon travail. Ensuite, un premier appartement en banlieue, sans balcon, mais avec la forêt au pied de l’immeuble et mon boulot à quelques minutes de bus. C’est quand ma société a été rachetée et que j’ai dû passer 1h15 incompressible matin et soir dans le RER que les choses se sont compliquées. Mon fils est né peu de temps après et sa toute petite enfance a été un enfer : entre les départs à 17h du boulot, un dossier sous le bras la plupart du temps, et l’arrivée à la crèche souvent plus d’une heure trente plus tard, je « prenais mon après-midi » d’un côté et j’étais « en retard » de l’autre. Sourires goguenards d’un côté, sourcils froncés de l’autre.

A la naissance de ma fille, deux ans plus tard, nous avions déménagé dans une maison avec jardin, avec la forêt en haut de la rue cette fois, mais toujours aussi loin de mon boulot. C’est alors que j’ai décidé de travailler en freelance, et ma vie a radicalement changé. La plupart de mes clients étaient « dans Paris », mais je ne prenais pas le RER à 7h pour aller les voir. Quand on a un rendez-vous en fin de matinée ou en début d’après-midi, prendre les transports n’est pas désagréable : on peut s’asseoir, lire… Le reste du temps, j’étais à la maison et expérimentais le « télétravail », même s’il n’était pas salarié.

Le déménagement à Marseille a été une autre étape positive côté « vie perso ». Au début, mon mari venait déjeuner à la maison, on trouvait ça marrant, ce côté « vie de province » (pour reprendre un cliché que je déteste, en fait ;-)). Mais très vite on a arrêté, je n’avais pas envie de préparer un repas tous les midis, et lui appréciait d’aller au resto avec ses collègues. Mes enfants, à l’école primaire, m’ont souvent demandé de rentrer déjeuner à la maison, je pense que c’est assez répandu par ici, mais je n’ai jamais cédé. En revanche, ils ont assez vite arrêté l’étude du soir, je suis allée les chercher à 16h30 tous les jours, et ça c’était le modèle classique dans leur école, où très peu d’enfants restaient après la fin des cours. Ca me faisait une pause dans l’après-midi, ils me racontaient leur journée, puis je reprenais le travail pendant qu’ils faisaient leurs devoir.

Donc côté vie perso, ici, on a tout gagné. Un climat exceptionnel, qui permet de passer beaucoup de temps à l’extérieur, des horaires plus souples et des temps de transport réduits, pour plus de temps en famille, des prix de l’immobilier sans aucune commune mesure avec ceux de la région parisienne, nous avons pu acheter une maison qu’on aime beaucoup (bon, on y fait toujours des travaux, cinq ans après y avoir emménagé, mais un jour, ce sera top !), avec un petit jardin, mais quand même un abricotier, un figuier, des framboisiers, de la lavande et du romarin ;-).
Cependant, je l’ai déjà dit maintes fois, un vrai problème côté boulot, qui n’est pourtant pas partagé par tous. J’ai eu l’occasion ces dernières années, de rencontrer des gens qui ont réussi leur installation professionnelle ici, mais le plus souvent, ils l’avaient préparée. Je suis arrivée à Marseille comme un cheveu sur la soupe et presque sept ans plus tard, je n’ai pas trouvé « le » truc pour travailler sereinement ici, mais je ne désespère pas, j’aime cette ville et ce problème professionnel est compensé en partie par une vie plus facile ici.

Pour continuer sur ces exemples de changement de vie, j’aimerais vous proposer chaque mercredi une interview de quelqu’un qui a décidé de « travailler autrement ». J’ai commencé à solliciter quelques personnes, j’espère pouvoir vous proposer un premier portrait la semaine prochaine !

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Portrait : Solweg Fariello, correctrice, rédactrice et formatrice

Solweg_FarielloIl y a quelques années, j’ai travaillé avec Solweg sur une mission que nous avait confié une agence. Nous n’avons pas encore eu l’occasion de nous rencontrer de visu (elle habite aussi le sud, la région niçoise) mais partageons une vision commune de notre métier ! Nous avons eu une longue discussion téléphonique récemment et avons évoqué nos souhaits, rêves et aspirations professionnels… Vous vous souvenez, j’ai parlé récemment ici de formations en ligne à l’orthographe, puis réalisé que ce que les formations qui me plaisent vraiment sont celles qui concernent mon métier, la communication. Hé bien Solweg, elle, est prête à lancer des formations en ligne à l’orthographe, sujet sur lequel elle s’est déjà penchée via des formations « sur site ». Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à la contacter !

Prénom, métier, âge et parcours en une phrase 
Solweg, rédactrice et correctrice, 38 ans, curieuse dans tous les sens du terme !

Depuis quand es-tu indépendante ?
J’ai décidé de me mettre à mon compte en 2008, sans jamais l’avoir regretté.

Pour quelles raisons as-tu choisi d’être indépendante ?
Je saturais des aberrations d’un système qui ne parlait que d’efficience. J’ai alors renoué avec mes premières amours : la langue française. Diplômée en communication, puis formée à la correction, la réécriture et l’écriture journalistique, j’ai souhaité aider ceux qui voulaient améliorer la qualité de leurs écrits en proposant des formations personnalisées. Mais la crise passant par là, j’ai dû rapidement retrouver une activité « bankable », laissant de côté la formation pour me consacrer à la correction de documents en tout genre (essentiellement pour des agences de communication et de presse) et à la rédaction (pour les mêmes clients).

Quel statut as-tu choisi ? Pourquoi ?
Je suis auto-entrepreneuse, enfin « micro-entrepreneuse » d’après une récente décision de l’INSEE… Ce statut présente de nombreux avantages, notamment lorsque l’on débute dans l’entrepreneuriat. Ensuite, c’est d’une simplicité en termes de gestion, moi qui ai débuté en 2008 en micro-entreprise – le statut d’auto-entrepreneur n’existait pas encore.

C’est quoi, ta journée type, si ça existe ?
Je ne suis pas sûre qu’il y ait des journées types chez les freelances, excepté la vérification quotidienne et matinale des mails. Mais en principe, j’organise ma semaine à l’avance. Je consacre mon temps à mes dossiers en cours, puis je cale, en fonction de mes disponibilités, un temps pour la prospection. C’est essentiel, même si ce type d’activité est loin d’être une évidence pour moi. Mais je sais aussi m’accorder des pauses détente comme aller prendre l’air par exemple. Car ces moments-là sont précieux : se déconnecter, sortir et respirer, observer et laisser son esprit vagabonder. Cette sortie a des effets très bénéfiques sur mon travail. Car j’ai réalisé que mon cerveau continue d’assimiler et de synthétiser pendant ces temps-là et, à mon retour, les éventuels blocages survenus une heure plus tôt sautent tout seuls !

Si tu te projettes dans 10 ans, qu’imagines-tu  ?
10 ans… Excellente question ! Franchement, j’espère continuer sur ma lancée et voir mon nouveau projet prendre de l’envergure. Oui, depuis quelques semaines, j’ai laissé la prospection de côté pour relancer mes formations en orthographe et en rédactionnel. J’y avais consacré beaucoup de temps à l’époque et, sous la pression de quelques amis et clients, j’ai décidé de les mettre en ligne, avec une approche totalement personnalisée et respectueuse du rythme et des difficultés de chacun. Je suis en phase « conception du projet » très active !

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui voudrait se lancer ?
Il ne fait aucun doute qu’une phase de réflexion est indispensable. Tout comme celle de la préparation. Benchmark, enjeux du secteur, prévisionnel, outils… Toutes les dimensions de l’activité créée sont importantes et doivent être abordées bien en amont de son inscription à l’Urssaf. Mais le plus important finalement, c’est d’y croire et d’exercer avec passion !

As-tu un site, un blog, un profil Linkedin, un mail qui permettrait d’entrer en contact avec toi ?
Mon site pour les formations en orthographe est en cours de construction, mais je suis joignable à cette adresse mail : solweg@orange.fr pour toute question sur mon nouveau projet ou encore mes prestations de rédaction-correction.
http://fr.linkedin.com/in/solweg
Viadéo/Solweg Fariello
Mon book : http://www.calameo.com/read/0030962142a00403e9a5c

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Portrait : Céline Lieffroy, télésecrétaire

Celine-LieffroyCéline et moi avons débuté notre activité en freelance la même année. Nous avons d’abord fait connaissance via la lecture de nos blogs respectifs, avant de nous croiser au café de freelances. Depuis, elle s’est installée dans l’Ouest et moi dans le Sud ! les allergiques à la paperasse (dont je fais également partie, même si j’essaie de me soigner !) devraient être sensibles à son témoignage 😉

Prénom, métier, âge et parcours en une phrase
Céline, télésecrétaire, 39 ans. Après des études d’histoire et la création d’une librairie spécialisée, je suis devenue télésecrétaire spécialisée en retranscription audio.

Depuis quand as-tu créé ta société ?
J’ai commencé en 2009 comme assistance administrative et commerciale à distance, puis je me suis recentrée principalement sur des missions de retranscription audio avant de m’associer à deux consœurs. J’ai ensuite arrêté un an pour me consacrer à l’accompagnement des télésecrétaires, avant de reprendre mon activité de transcriptrice fin 2014.

Pour quelles raisons as-tu choisi d’être indépendante ?
J’ai une grande capacité de travail, et je me suis toujours sentie trop à l’étroit dans mes différents postes salariés. Je préfère aussi travailler à mon rythme et de la manière dont je le souhaite pour un meilleur confort et aussi une plus grande efficacité.

Quel statut as-tu choisi ? Pourquoi ?
J’ai d’abord choisi le statut d’entrepreneur-salarié au sein d’une coopérative d’activités parisienne. Depuis que j’ai déménagé en Bretagne, je suis sous le statut d’EURL, mais je réfléchis toujours à réintégrer une coopérative…
Si je recherche l’autonomie dans mon travail et souhaite être libre de mes choix professionnels, je ne tiens pas spécialement à être chef d’entreprise. Cela ne me parle pas trop. Je suis en adéquation avec les valeurs et l’utopie des coopératives : liberté, responsabilité et solidarité au sein d’une entreprise partagée.
En outre, je suis allergique aux formulaires Cerfa et je n’ai jamais rien compris aux différents impôts et taxes auxquels sont assujettis les professionnels. J’aime l’idée de cotiser au régime général.
Quand j’ai quitté ma coopérative, je n’ai choisi l’EURL que par facilité, et parce que c’était le statut de ma librairie, mais j’ai pris un comptable pour s’occuper de toutes mes déclarations sociales et fiscales.

C’est quoi, ta journée-type, si ça existe ?
Le contenu de mes journées dépend évidemment de mes missions en cours, mais il y a tout de même certaines constantes. Je commence très tôt ma journée de travail par les missions de rédaction et de retranscription audio, que ce soit en semaine ou le week-end, mais je me sens libre de prendre mon après-midi quand je le souhaite. J’arrête généralement de travailler entre 12 et 14 heures pour manger, puis me balader avec mes chiens. L’après-midi est souvent moins intense, et je m’arrête relativement tôt, jamais après 19 heures, car je ne suis pas du soir…

Si tu te projettes dans 10 ans, qu’imagines-tu ?
Je ne ferais certainement pas le même métier, en tout cas je l’espère, car j’ai besoin de changer et de découvrir d’autres domaines. Mon rêve secret, qui ne le sera plus dès que tu auras publié cette interview, est d’aider et d’accompagner les porteurs de projets à réussir la création de leur propre activité. Je ne sais pas comment réaliser ce rêve, mais je le garde en tête au cas où.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui voudrait se lancer ?
Mon premier conseil est d’oser et de le faire. Je suis assez effarée de voir des personnes qui ont des capacités exceptionnelles mettre des mois, voire des années à se lancer, parce qu’elles n’osent pas, hésitent, tergiversent. Que de temps perdu ! Je ne sais pas ce que le système éducatif ou d’information nous met dans la tête, mais les risques ne sont pas si grands, et on a le droit de se planter. Il n’y a pas de honte. La honte, c’est d’en avoir envie et de ne rien faire. Pour ma part, je porte assez bien les stigmates de l’échec, je vous assure 🙂

As-tu un site, un blog, un profil Linkedin, un mail qui permettraient d’entrer en contact avec toi ?
Mon site pour la retranscription audio : http://maia-secretariat.fr/
Mon blog : http://www.croquefeuille.fr/

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Portrait : Sabine Henrichfreise, executive coach – Joy and Business

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Sabine est une de mes clientes.  J’aime beaucoup son approche des gens et des situations. Dans sa signature de mail, elle mentionne « provocatrice bienveillante », ce qui lui correspond parfaitement. Son objectif : promouvoir la joie dans le business, comme l’indique le nom de sa société. Vaste programme, pas simple à première vue, mais si vous lisez son blog (une mine de réflexion et d’inspiration pour les dirigeants et les entrepreneurs), vous verrez que pierre après pierre, on peut construire un édifice solide… et joyeux ! 

Prénom, métier, et parcours en une phrase 
Sabine, Coach d’Organisation et de Dirigeants, avec une variété d’expériences professionnelles qui assurent et inspirent !

Depuis quand avez-vous créé votre société ?
J’ai créé ma société Philena, managing diversity, en 2003, société que j’ai rebaptisée « Joy and Business » en 2014 pour donner une nouvelle direction à mon activité professionnelle.

Pour quelle(s) raison(s) avez-vous choisi de créer votre entreprise ?
Après un parcours de 6 ans en entreprise en tant que Directeur Juridique, puis de Directrice du développement des Dirigeants et seule femme au Comité de Direction, j’ai choisi de devenir une spécialiste des relations franco-allemandes. J’ai ensuite créé ma propre société afin de partager mes expériences et utiliser ma créativité pour accompagner mes clients autrement.

– J’avais aussi envie de créer mes propres approches pour aider les dirigeants et leurs équipes à accélérer la mise en œuvre de nouvelles stratégies de succès dans un monde complexe, incertain et ambigu.

– Je n’ai pas choisi d’être indépendante mais d’explorer de nouvelles formes d’interdépendance. Cette envie d’interdépendance m’a amené à créer des équipes de coachs et d’experts avant-gardistes, multidisciplinaire et aguerris, des alliances de co-création avec mes clients (les grandes entreprises) et des approches d’accompagnement de grands groupes uniques et innovantes.

Quel statut avez-vous choisi ? Pourquoi ?
J’ai choisi de créer une SARL pour intervenir via une structure qui ait sa propre forme d’entreprise. Je n’ai jamais voulu être une actrice solitaire, donc le statut de « Professionnel Indépendant » ne convenait ni à ma façon d’agir ni à mon ambition.

A quoi ressemble votre journée-type, si ça existe ?

Soit : Une méditation du matin pour me concentrer sur l’essentiel, suivie d’une série d’entretiens individuels de coaching ou des animations d’équipe ou de grand groupe, et pour finir la journée, un moment avec mes enfants et une méditation pour me rappeler les bons moments de la journée.

Soit : Une méditation du matin pour me concentrer sur l’essentiel, de l’écriture, des réunions de partage et de création avec mon réseau ou des clients, et pour finir la journée un moment avec mes enfants, une méditation pour saisir les bons moments de la journée.

Si vous vous projetez dans 10 ans, qu’imaginez-vous ?

Dans 10 ans, j’imagine que le monde et les entreprises sont toujours confrontés aux mêmes défis humains, de plus en plus de personnes investissent du temps pour se connaître et développer leurs qualités relationnelles, l’approche positive pour faire face aux défis a pris de l’ampleur, mes enfants ont trouvé leur propre chemin professionnel, le concept Joy and Business est une approche reconnue pour accompagner les dirigeants et leurs équipes dans des moments stratégiques, j’ai publié un livre, j’aime toujours autant exercer mon métier et je vis une formidable histoire d’amour.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait se lancer  ?

  • Oser se poser les questions existentielles qui nous permettent de donner un sens, de l’élan et de la persévérance à un projet.
  • Ne pas toujours suivre les bons conseils de son entourage proche car la plupart de ces conseils sont animés par un bel esprit de protection ; or, se lancer demande du courage, une attirance pour l’incertitude, une prise de risque et une solidité intérieure.
  • Se trouver des citations, des inspirations et des mentors qui nous soutiennent même quand c’est un peu plus difficile. Personnellement, j’aime la citation suivante que j’ai adaptée pour intégrer mes convictions : « Accomplir sa légende personnelle est la seule et unique obligation des hommes et des femmes. Et quand tu veux quelque chose qui est créateur de joie et de sens, tout l’univers conspire à te permettre de réaliser ton désir » (adapté de Paulo Coelho)

Avez-vous un site, un blog, un profil Linkedin, un mail…. qui permettraient d’entrer en contact avec vous ?

Site : joyandbusiness.com qui contient un blog

Twitter @joyandbusiness.com

Linkedin : Sabine Henrichfreise

Mail : sabine@joyandbusiness.com

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Portrait : Sandra Pérez, spécialiste de la communication pour TPE

sandra_perezSi vous lisez régulièrement ce blog, vous avez forcément déjà lu les commentaires toujours très pertinents de Sandra, « Harmony Com ». Sandra est originaire du Sud-Est et vit en Bretagne, pas loin de chez mes parents. Nous avons des parcours géographiques inversés ;-). Merci Sandra de t’être prêtée à l’exercice du portrait de manière précise et argumentée (et je signale au passage que je recherche toujours des volontaires – n’hésitez pas à me faire signe si vous voulez participer en m’envoyant un mail !)

Prénom, métier, âge et parcours en une phrase
Sandra, spécialiste en communication pour TPE, 40 ans, issue du marketing (école de commerce) et tombée dans le web dès 99 !

Depuis quand as-tu créé ta société ?
J’ai créé une première entreprise en 2004 où j’étais principalement webmaster (celui qui faisait tout de A à Z, du graphisme au référencement). J’avais dès lors choisi un public de TPE et j’ai été la première à proposer des sites petits budgets !
Puis avec le tournant du web 2.0 j’ai évolué en 2008 vers la communication avec une nouvelle entreprise, Harmony Com. Elle regroupe davantage mes compétences et centres d’intérêt. Et j’ai aussi été une pionnière dans une offre spécialisée TPE, avec notamment le conseil pour réaliser soi-même un site efficace.

Pour quelle(s) raison(s) as-tu choisi d’être indépendant(e) ?
C’était une envie que j’avais avant même d’entrer en école de commerce ! Ca correspond vraiment à mon tempérament, même si je n’ai jamais eu de problème pour travailler en équipe.
J’ai donc fait mes armes dans diverses entreprises et économisé, en me disant « peut-être, un jour… ». Et comme beaucoup, j’ai été licenciée (la petite association qui m’employait a fermé). J’avais l’expérience, une indemnité de licenciement, je travaillais déjà chez moi depuis un moment donc j’avais le bureau et une partie du matériel, l’habitude du télétravail, alors je me suis lancée à 30 ans.
Travailler chez soi, faire une activité qui plaît vraiment, et surtout comme on souhaite l’exercer (notamment en suivant sa conscience), c’est vraiment génial.

Quel statut as-tu choisi ? Pourquoi ?
Pour la 1ère entreprise je n’avais guère le choix, régime micro.
Pour la 2de c’était le début du statut auto-entrepreneur donc j’ai sauté sur l’occasion. Pas de charges à payer si l’on ne travaille pas, une vraie aubaine pour se lancer (surtout dans les services).

C’est quoi, ta journée-type , si ça existe ?
Pas vraiment de journée type, si ce n’est que je commence par regarder mes mails pour voir s’il y a quelque chose d’urgent à traiter, et trouver/partager du contenu de valeur sur les réseaux sociaux. Je dois pas mal me former car je suis plutôt orientée web et ça bouge sans arrêt. Donc me tenir au courant des nouveautés (social media notamment) représente souvent le début de ma journée.
Sinon je préfère varier les activités dans la journée selon mes envies. Bien sûr, je fais en priorité le travail pour les clients ou les devis, et je regarde des offres de mission, je suis aussi des groupes de réseaux sociaux où je peux trouver des clients.
Et entre temps, j’écris au moins un article chaque semaine pour mon blog, j’écris pour l’AFNOR assez régulièrement, je noue des contacts comme avec toi, j’optimise ma présence en ligne, j’essaye des outils. Par exemple depuis décembre j’écris un guide gratuit sur les réseaux sociaux qui me prend pas mal de temps mais qui devrait m’apporter pas mal de visibilité, etc…

Si tu te projettes dans 10 ans, qu’imagines-tu  ?
Ouh là ;o)
Au train où vont les choses, sincèrement, je doute d’être encore dans cette activité. Je suis très intéressée par l’écriture (surtout depuis que j’ai co-écrit un livre sur la communication commerciale) et à terme peut-être, par le fait de participer à la gestion d’une petite structure. Depuis la 3ème les tests de psycho me disent « chef d’entreprise » dans l’âme, alors pourquoi pas ?

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui voudrait se lancer  ?
Surtout de bien préparer son projet. Créer une entreprise n’est ni gratuit, ni aussi facile qu’on veut nous le faire croire. Légalement oui, en deux clics c’est fait. Pour le reste, c’est une autre histoire ! Je vois sans arrêt des personnes aller droit dans le mur car elles n’ont pas forcément le caractère qu’il faut, ni les compétences, ni et encore moins le budget nécessaire.
Il faut vraiment se demander si l’on va pouvoir tenir sur la longueur. Si l’on a les moyens financiers de compléter ses propres compétences. Car vouloir tout faire seul et « bidouiller » maison (en se disant « plus tard j’investirai ») est en général l’assurance de connaître un cuisant échec.
Et je ne veux pas prêcher pour ma paroisse, mais si je fais cette activité, c’est parce que ça me fait vraiment râler de voir des gens qui ont du talent, un savoir-faire, et qui le gâchent en ne sachant pas communiquer, donc le vendre. Il faut vraiment bien travailler son offre (l’aspect marketing), mais ensuite, bien penser sa communication pour réussir aujourd’hui. Sinon chaque erreur profitera aux concurrents, souvent nombreux…

As-tu un site, un blog, un profil Linkedin, un mail qui permettraient d’entrer en contact avec toi ?
Oui bien sûr. Mon site : http://www.harmony-com.fr/
Et mon blog sur la communication pour TPE : http://harmony-com.fr/forum
Vous y trouverez les liens vers mes profils de réseaux sociaux, Scoop, it, etc…
Je cite également le livre écrit avec Pierre Maurin : « La communication commerciale en clair », aux éditions Ellipses.

 

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Portrait : Philippe Schoepen, salarié et aussi copywriter freelance

philippe_schoepen_dkpPhilippe est LE lecteur belge de ce blog ! J’ai fait virtuellement sa connaissance via ses commentaires, puis par la lecture de son blog, que je vous recommande. Il a la caractéristique de ne pas être 100 % freelance : il mène de front une activité salariée et son métier d’indépendant. Pas mal, non ?

Prénom, métier, âge et parcours en une phrase
Philippe, 50 ans, salarié marketeer la journée et copywriter la nuit.

Depuis quand es-tu indépendant /as-tu créé ta société ?
Je suis indépendant complémentaire depuis 2008, tous les soirs et week-ends. Depuis fin 2014, j’exerce aussi le mercredi.

Quel statut as-tu choisi ? Pourquoi ?
Pour un salarié belge, le statut d’indépendant complémentaire est intéressant, au moins pour l’instant. Il permet de tester une activité complémentaire sans trop s’exposer financièrement. Mais les choses pourraient changer. Nous sommes 200.000 indépendants complémentaires en Belgique, soit le quart des indépendants belges.

C’est quoi, ta journée type , si ça existe ?
Écrire sur mon blog (un article par semaine environ), réseauter en face à face et sur les réseaux sociaux, m’occuper de mes clients surtout (un par mois en moyenne) dans le domaine de la communication (écriture, traduction, relectures).

Si tu te projettes dans 10 ans, qu’imagines-tu  ?
J’aurais 60 ans, je serais au calme, en train d’écrire, pour moi et les autres. Peut-être serais-je à la tête d’une agence rédactionnelle. Et aurai écrit un livre ou deux.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui voudrait se lancer  ?

  • Écouter sa voix intérieure ;
  • Bien préparer le terrain du métier et de la passion (Qui suis-je ? Que sais-je faire ? Que sais-je bien faire ? Qu’est-ce que j’aime bien faire ? Pour qui ? ) et le terrain administratif (bien s’entourer : secrétariat social, comptable…).

As-tu un site, un blog, un profil LinkedIn, un mail qui permettraient d’entrer en contact avec toi ?
Ma meilleure carte, c’est mon blog www.dekapecopywriting.be.
Je tweete assez régulièrement aussi sous @dkp_copywriting.
Sur LinkedIn, j’ai créé le groupe des Copywriters francophones.

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