D’une formation (dé)masquée à une formation à distance, mes découvertes du moment

Je devais donc donner une formation masquée mardi et mercredi dernier. J’avais des masques en tissu, mais mes exemplaires étant « peu respirables », j’ai acheté des masques en papier jetables, que j’ai trouvés un peu plus confortables lors de l’essayage à la maison. Mardi matin, avant de sonner à l’interphone de la société où j’allais donner une formation de deux jours en intra (thème : définir sa stratégie de communication), j’ai précautionneusement sorti mon masque de son emballage et l’ai accroché derrière mes oreilles (NB : j’avais bien aimé l’idée de la visière, mais je n’en ai pas trouvé dans le commerce et n’ai pas réussi à en fabriquer).
A l’étage, la personne qui m’a ouvert arborait un grand sourire… et pas de masque. Elle m’a emmenée dans la salle de réunion, je lui ai parlé du masque, elle m’a précisé que les participants en porteraient aussi « si je le souhaitais ». Bon, ce que je souhaitais, c’était que personne n’en porte, mais sous mon masque, mes propos étaient semble-t-il un peu confus. J’ai jugé utile de l’enlever pour installer mon ordinateur et brancher le vidéoprojecteur ;-), ça m’a rendue bien plus libre de mes mouvements !
Quand l’ensemble des participants (quatre) sont arrivés dans la salle, je leur ai proposé de s’installer au bout de la table (la salle de réunion était grande), précisant que je préférais parler fort et à distance plutôt que près sous un masque. Ma proposition a été acceptée et j’ai donc pu très rapidement – et avec soulagement ! – reléguer mon masque au fond de mon sac.

Cette semaine, de mercredi à vendredi, je travaille pour un centre de formation parisien qui pour l’instant n’a pas rouvert et m’a donc proposé d’animer la formation prévue au calendrier à distance. Il s’agit cette fois du thème « écrire pour le web ». J’ai revu mon support de manière à rythmer plus équitablement les séquences « théorie/pratique » dans le but de donner aux participants de vraies « pauses » de travail personnel.
J’ai le sentiment que le plus compliqué à gérer pour chacun sera d’être seul et « collé » à son ordinateur pendant trois jours, mais encore une fois, je suis curieuse d’expérimenter cette nouvelle pratique ! Les premiers retours que j’ai eus de la part d’amis qui en ont donné sont « c’est plus fatigant que le présentiel », ce qui ne m’étonne pas vraiment. A mon avis, je vais dépenser beaucoup d’énergie pour m’assurer que mes participants ne s’endorment pas ;-).
Je vous raconterai !

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Notes, évaluations… quand s’arrête-t-on ?

Ma première grosse déception avec les notes a eu lieu en CE2. J’avais décidé d’avoir 20 de moyenne au premier trimestre. J’ai eu 19,6, à cause d’un 9/10 en récitation et d’un 9/10 en rédaction. Quand la maîtresse m’a donné mon bulletin, j’ai pleuré toute la journée. Le soir, elle m’a raccompagnée jusqu’à la voiture, disant à ma mère « elle est déçue de ses notes, impossible de la consoler ». Ma mère a dit « je suis fière de toi quand même, c’est très bien« , « très bien, c’est 20« , ai-je sangloté. La maîtresse a répondu qu’elle « ne pouvait pas » mettre 10/10 en rédaction et en récitation. « Pourquoi ? » « Parce que ça ne peut pas être parfait« .
Voilà comment naît un traumatisme. Je m’en souviens comme si c’était hier. Je déteste les notes.

Et pourtant, j’ai le sentiment que les notes ont de nouveau envahi ma vie, alors qu’il y a bien longtemps que je suis sortie du système scolaire. Lorsque je donne des formations, je remets à mes stagiaires une « fiche d’évaluation ». C’est le pire moment. J’ai essayé de ne pas les lire, mais ça me trotte quand même dans la tête ensuite. Je me souviens du premier organisme où j’ai donné une formation, de la « recruteuse » qui m’a dit sur un ton jubilatoire « très satisfait, on le traduit par 20, satisfait, c’est 15. Veillez à ce que votre moyenne reste au-dessus de 17, sinon…« .

Une ancienne statisticienne a assisté à l’une de mes formations. Elle m’a expliqué que lors des grandes enquêtes internationales, les notes données par les Français sont systématiquement revues à la hausse pour pouvoir être exploitables. Car un Français très content mettra un 15/20, alors qu’un Américain moyennement satisfait choisira 18. Les Français sont pointilleux, sourcilleux. Je le constate sur la plupart des questionnaires d’évaluation que je reçois. Un commentaire dithyrambique et à côté, la case cochée est « satisfait ». A chaque fois que je donne une formation, c’est un stress énorme, des cauchemars la nuit qui précède. Je pensais que ça s’arrangerait avec le temps. Pas du tout. Je forme les gens sur des sujets que je connais sur le bout des doigts, que j’ai expérimentés durant toute ma vie professionnelle. J’ai des tonnes d’exemples à leur donner. Je réponds à toutes leurs questions, m’adapte à leurs demandes, leur envoie plein de documents complémentaires… Ce n’est jamais assez pour être parfait.

Au rez-de-jardin de ma maison ici à Marseille, il y a un appartement que nous louons sur Booking depuis l’année dernière. Et chaque voyageur est susceptible de mettre une note. Toujours pareil, des gens très contents notent à 8/10. Ils ont la plupart du temps un truc à redire « La rue est étroite, je n’ai pas trouvé de place pour me garer« . Une fois, c’était « 5/10 », sans commentaire. J’ai contacté les gens, qui avaient noté anonymement (j’aime !) mais que forcément j’avais reconnus puisqu’ils étaient les seuls de la semaine à avoir loué pour une nuit, en leur demandant ce qui leur avait déplu, de manière à ce que je puisse améliorer les choses… Ils ne m’ont pas répondu. Quant à celle qui a mis 4, elle m’a parlé « d’un long cheveu blond » sur ses draps et « d’une odeur générale de pipi de chat« . Bien entendu, d’un chat imaginaire et comme elle avait elle-même de longs cheveux blonds… Je ne parle pas des gens très contents qui mettent 10, il y en a beaucoup, mais j’ai l’impression de faire énormément d’efforts et de ne jamais être « récompensée » à la hauteur de l’investissement (bon, j’ai sans doute un travail à faire sur moi, je sais très bien que ce n’est pas ma « valeur personnelle » qui est notée, mais à chaque fois, je reviens en CE2…).

Au début de cette année, j’ai essayé Vinted. Pour vendre des trucs d’occasion. Quand j’ai présenté à 20 € un livre neuf que j’ai acheté il y a 6 mois 39 € en librairie, j’ai eu une proposition à 15 €. J’ai refusé. Et la même personne m’a recontactée avec un sibyllin « allez, 17 €, pour le geste ?« . Pour le geste ? Une vente à 50 %, ce n’est pas déjà un geste ??? J’ai retiré le livre de la vente. Ce monsieur n’aura qu’à aller négocier avec son libraire !
Une autre, à qui j’ai vendu 8€ le déguisement de carnaval porté une fois par ma fille (acheté au moins 20 €), a mis 3/5 parce qu’elle l’avait reçu froissé…

Tout ça me fatigue, m’exaspère, parfois m’empêche de dormir. Et je ne suis certainement pas la seule. L’année dernière, j’ai repéré un restaurant de quartier qui venait d’ouvrir. Le soir où j’ai réservé, il n’y avait que nous. Plats délicieux, mais le patron-serveur était tellement empressé que c’était presque comique. Et nous avons compris à la fin. « Si ça vous a plus, pourrez-vous mettre une bonne note sur…?« . Je trouve ça terrible. Dans ce restaurant très bon et bien placé, il y a un couple, elle en cuisine et lui en salle, qui tremble à l’idée d’être mal noté. Ou pas noté, donc ignoré ? J’ai bien sûr mis la meilleure note et comme commentaire « parfait ». J’ai participé à ce système que je déteste, mais au moins ça fait une très bonne note. Une note parfaite ;-).

Je ne posterai plus de nouvelle annonce sur Vinted. J’ai mis mon appartement en loc’ sur Le Bon Coin (pas de système de note sur ce site, pour l’instant !). Quant à la formation… aujourd’hui je n’ai pas le choix. Une amie m’a raconté une formation à laquelle elle avait assisté. La formatrice leur a fait remplir l’évaluation en restant debout derrière eux, regardant par-dessus leur épaule. Mon amie n’était pas très contente, mais a coché « très satisfaite », « pour avoir la paix » m’a-t-elle dit.
Je suis incapable de manipuler mes stagiaires de cette façon, mais je sais que m’affranchir totalement de ce système de notes serait une vraie libération. Si vous avez des trucs et astuces, ça m’intéresse 🙂

 

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Travailler autrement : Deborah Nataf, slasheuse

J’ai rencontré Deborah lors d’un cours que je donnais pour la première fois à des étudiants en alternance. Habituellement, je forme des professionnels, là, j’étais dans le rôle non pas d’une formatrice, mais d’une « prof de communication ». Deborah avait mon âge (la moyenne d’âge de la classe était de 23 ans) et quand elle a commencé à parler de toutes les vies professionnelles qu’elle avait eues avant, je lui ai demandé « et toute cette expérience que tu as acquise, ça ne t’a pas permis de trouver du boulot dans la com’ ?« . Hé ben non, en France, même à 40 ans, quand on cherche un emploi, ou même une mission en tant qu’indépendant, on multiplie ses chances (et on se sent plus légitime !) quand on a « le » diplôme dans le domaine convoité.
Cette reprise d’études a eu lieu il y a trois ans, et depuis, Deborah a pu se créer le boulot de ses rêves !

Quelle était ta première vie professionnelle ?

Plus qu’un métier j’avais surtout un statut : intermittent du spectacle ! C’est-à-dire que j’ai l’impression d’avoir passé ma vie à chercher du boulot et surtout avoir fait mille métiers différents !
J’ai une formation de journaliste mais je n’ai jamais vraiment pratiqué le journalisme comme on l’imagine. J’ai débuté sur une chaîne spécialisée dans le cinéma (interview, tournage, réalisation etc). Puis la chaîne ayant été rachetée par le groupe Canal, j’ai dû quitter ce fabuleux métier. Je me suis retrouvée par le plus grand des hasards à écrire des questions pour des jeux TV (exercice de style que je réalise encore en partie aujourd’hui). Pendant une parenthèse, j’ai eu la chance de réaliser un making-of pour long métrage, métier que j’aurais aimé faire plus longtemps mais dans le monde du cinéma, comme à la télé, les places sont chères !
Puis, toujours par le fruit du hasard, je suis devenue chef d’édition pour une émission sur France 5. J’ai adoré cette période ! J’ai ensuite travaillé « furtivement » pour des chaînes info et une émission de télé-réalité.

Quel est ton métier aujourd’hui ?

Aujourd’hui je suis indépendante et j’ai l’habitude de dire que je suis « slasheuse ». Je réalise des films de communication pour des entreprises, des indépendants et pour des événements pour des particuliers. Je fais tout de A à Z : l’écriture, le tournage, le montage. Mon credo : un film simple, bien fait, avec de l’humain, du vrai, et surtout peu coûteux ! J’ai une seconde activité, le massage. J’ai suivi une formation dans ce domaine il y a une dizaine d’années, ça m’intéresse car j’ai toujours aimé masser et j’ai le sens du toucher. Depuis 2 ans c’est une activité annexe, j’ai une pièce chez moi où je reçois peu de clients mais que des habitués.
Finalement, j’ai juste l’impression d’avoir assemblé toutes mes compétences pour me trouver mon nouveau métier. Bon, avant je passais mon temps à chercher du boulot, maintenant je cherche des clients ! 🙂

Pourquoi as-tu décidé de changer d’univers professionnel ?

Cela faisait longtemps que j’en avais assez de cette précarité et la vie m’a donné un coup de pied aux fesses pour le faire ! J’ai déménagé en province et là-bas, le monde de la télé est quasi inexistant ! J’ai mis un an à trouver, ne serait-ce qu’une idée !
Pendant ce temps, j’ai travaillé dans un centre de traitement bancaire. Métier alimentaire qui m’a donné tout de même une grande chance : j’ai trouvé une formation grâce à eux.

Est-ce que ton changement professionnel a nécessité une formation, un accompagnement, un déménagement ?

Le déménagement c’était déjà fait ! J’habite aujourd’hui Strasbourg, et nous re-déménagerons bientôt, mon ami attend sa mutation.
Le métier le plus proche du journalisme c’était la communication : j’ai donc fait une formation en alternance, avec des jeunes de 20/25 ans. Trois semaines en entreprise et une semaine à l’école. Le diplôme visé était « chargée de communication ».
Je ne peux pas dire que j’ai beaucoup appris. Cela m’a surtout aidée à mettre un pied dans ce métier et à ajouter une ligne sur mon CV qui rassure les gens.
A mon âge, l’expérience et ma polyvalence ont fait que je me suis vite intégrée, j’ai pu apporter un savoir-faire différent. Et de l’autre côté j’ai découvert le monde de l’entreprise que je ne connaissais pas (la télé n’est vraiment pas une entreprise). Cela a été un vrai échange.

As-tu des regrets ?

Oui, de ne pas m’être lancée plus tôt !

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ta vie d’aujourd’hui ?

Deux choses : pouvoir travailler à mon rythme, me déplacer quand je veux, où je veux, j’ai n’ai pas de bureau, juste un ordinateur et une caméra. Mais surtout assumer totalement mon côté « multipotentielle », je n’ai pas à me justifier de cela et j’en ai fait un atout. Bien entendu, il faut oublier le regard des autres : j’organise mes journées à mon rythme, me dégageant du temps pour mes loisirs et faire du yoga notamment, et donc j’ai des amis qui pensent que je m’amuse toute la journée ! Alors que je réponds bien sûr prioritairement aux demandes de mes clients !

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à quelqu’un qui voudrait également changer de vie professionnelle ?

Question difficile car tout dépend du métier visé, mais c’est toujours bien de se lancer, au pire cela apporte une expérience supplémentaire qui ne peut être que valorisante. Il n’est pas toujours évident de définir ses prix, ni de se sentir légitime. Mais je ne suis pas faite pour être enfermée dans un bureau, j’ai besoin d’un sentiment de liberté, et la contrepartie à cela est forcément une certaine précarité, il faut en être conscient quand on se lance en indépendant.

Comment as-tu vécu le confinement ?

Au niveau personnel, très bien, car j’ai pu me confiner à a campagne, dans ma maison de Touraine (d’ailleurs, on s’est dit qu’on pourrait y faire des chambres d’hôtes ? Bon, c’est un projet que l’on a mis de côté pour l’instant, parce que cela nécessiterait trop de travaux !). Comme beaucoup de freelances, je n’ai pas eu beaucoup de travail pendant cette période, mais j’ai été sollicitée pour le montage d’un film pour un particulier. J’ai trouvé ça intéressant, du coup j’ai ajouté cette offre à mes prestations : si vous avez des photos qui dorment dans vos placards et que vous repoussez toujours à l’année prochaine le moment de faire des albums, je vous propose une alternative, le film monté à partir de vos documents. Cela peut aussi être une idée cadeau pour un anniversaire par exemple !

Merci Deborah ! Si vous souhaitez la contacter, voici sa page Facebook 

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Le monde d’après, c’est maintenant… Alors qu’est-ce qu’on fait ?

Nos politiques nous promettent le changement depuis des années. Résultat, nous sommes passés de droite à gauche puis au milieu, sans toujours constater de réel changement. La grogne sociale est toujours là (tapie dans l’ombre depuis quelques semaines, mais les Gilets Jaunes n’ont probablement pas dit leur dernier mot), la prise en compte des enjeux climatiques toujours mise de côté…

Et nous, qu’est-ce qu’on fait ? Mon fils de 13 ans, après être devenu radicalement végétarien (la viande et le poisson ne sont au menu que maximum trois fois par semaine à la maison depuis plus d’un an, mais il a décidé que pour lui ce ne serait « plus du tout »), vire collapsologue tendance survivaliste. Il a commencé à se renseigner sur la permaculture et le design de jardins urbains (j’en suis très contente, étant moi-même très emballée par ce dernier sujet, mais sinon, je vis trop dans l’instant présent pour m’affoler des prévisions du GIEC).

L’une de mes voisines, retraitée, ne sort plus de son jardin, mais nous nous parlons régulièrement « par-dessus le mur ». Une autre, croisée dans la supérette d’à côté ce week-end (nous étions les deux seules personnes non masquées…) peste contre la peur ambiante « Ca suffit, maintenant ! Je ne me touche pas le visage et je me laverai les mains en rentrant et ça ira ! Je ne veux même plus aller randonner avec les personnes de mon groupe, parce que nous sommes obligés de marcher masqués ! On va où ? Ca les fait fantasmer, les gens, de vivre une guerre ?!« .

Une troisième voisine, jeune maman, m’a dit qu’elle s’était confinée avec sa famille chez sa mère à la campagne, ce qui avait confirmé leur « besoin de vert » et le ras-le-bol de « leur vie de cons« . A la naissance de mes enfants, j’ai aussi trouvé insupportable l’idée de bosser trop et ne pas les voir grandir. En revanche, ayant grandi à la campagne, j’en connais les avantages mais en ai aussi gardé en tête les inconvénients. La vie urbaine avec un bout de jardin est ma vision d’un idéal, que je tiens à conserver ;-).
Mes voisins vont vendre leur appartement et partir s’installer en périphérie de Marseille, avec l’objectif, si le télétravail se développe, de partir à la campagne plus tard.

Et sinon, je constate que le défilé des personnes qui venaient marcher dans ma ruelle pendant le confinement s’est tari. Nos deux poules, qui avaient pris l’habitude de parader dans l’allée devant leurs admirateurs qui se pressaient contre la grille du jardin (j’exagère à peine !), sont retournées à leur quête de vers de terre dans les jardinières ;-).

J’irai voter à la fin du mois de juin, pour une personne qui je l’espère apportera du changement au niveau local. Nous allons continuer à consommer le plus raisonnablement possible, continuer à acheter des fruits et légumes produits près d’ici, et nous avons banni A… de nos fournisseurs officiels. J’espère aussi que l’engouement pour le télétravail permettra aux entreprises de comprendre que le travail à distance fonctionne très bien, et offrira la possibilité aux freelances de travailler de partout en France.

Voilà une partie du « monde de maintenant » vu de mon côté de la lorgnette. Et vous, que voyez-vous ?

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Revue de presse – 23-29 mai 2020

Aujourd’hui, la revue de presse sera très courte. Un seul lien. Mais un long laïus de ma part !

Avez-vous entendu Jean-Michel Blanquer, notre ministre de l’Education, expliquer que les Français doivent dire à leurs voisins que « c’est bon pour les enfants d’aller à l’école » !!! Mais c’est une plaisanterie ? C’est exactement le genre de propos qui me fait sauter au plafond ! Je suis qui pour expliquer à mes voisins que c’est bon pour leurs enfants d’aller à l’école ? Qu’est-ce que j’en sais et de quoi je me mêle ?

Ma fille est en 6ème. Elle aurait pu retourner au collège le 18 mai. Elle travaille bien, et elle a bien suivi les cours à distance, certains de ses profs ont fait un travail d’adaptation exceptionnel, ce qui a permis aux enfants de suivre leurs cours via Zoom, quasiment comme s’ils étaient en classe. Quand il a été question qu’elle retourne à l’école, nous avons reçu un long mail de la direction du collège, destiné à nous « rassurer » sur le respect des gestes barrières. Très franchement, voir la cour du collège marquée de flèches et de croix fluo, apprendre que chacun serait seul à sa table en classe et à la cantine, et tout le monde masqué bien entendu, ne m’a pas semblé franchement rassurant. Je n’ai pas peur du Covid, mais quand je vois ça, je crains pour la santé mentale des enfants.

Je travaille à la maison, mes enfants sont autonomes, j’ai donc répondu que ma fille retournerait à l’école… quand il serait question que son frère (en 4e, classe totalement oubliée du Ministre, avec la 3e) y aille également. C’est un choix responsable et conscient, que nous avons fait en famille, et il n’est pas question que quiconque, voisin ou ministre, vienne nous faire la leçon !

Par ailleurs, encore une fois, alors qu’on parle d’école INCLUSIVE, le ministre n’évoque pas les enfants EN SITUATION DE HANDICAP (et leurs familles) qui voudraient peut-être mais ne PEUVENT PAS retourner à l’école. Et je trouve ça plus dur que tout. J’ai parmi mes proches un enfant à qui son médecin a dit formellement « non, tu ne dois pas y retourner pour l’instant » et a demandé aux parents qu’ils s’arrangent avec leurs employeurs pour continuer à télétravailler.  J’imagine bien un voisin venir leur faire des réflexions, au prétexte que « c’est le Ministre qui a dit que… »
Et je précise que ce même ministre a dit avant la reprise qu’il souhaitait que « même les enfants en situation de handicap » retournent à l’école. Un enfant autiste souffre de handicap, un enfant paraplégique aussi, un enfant myopathe, un enfant diabétique, un enfant lourdement dyslexique également… Qu’y a-t-il de commun entre eux face au COVID 19 ? Rien. Donc parler d’eux de manière générale est à mon sens une erreur grave.

Et ça me choque, ces erreurs de communication répétées de la part de membres du gouvernement.
Heureusement qu’il y a des personnes sensées qui nous font réfléchir à la portée de ce genre de propos, et plus loin, au nouveau monde que nous voulons construire.

 

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Animer une formation… masquée !

Quand j’anime des formations, on me dit souvent que « ça se voit que je suis du Sud » parce que je parle beaucoup avec les mains. Je trouve cela très drôle, parce que je suis née en Bretagne et ai passé la plus grande partie de ma vie dans la moitié Nord de la France. Ca ne m’empêche pas d’être expressive, heureusement :-). « J’anime », au sens littéral du terme, les formations, en y mettant beaucoup de gesticulations peut-être, mais pour moi c’est une condition sine qua non pour être efficace.

Lorsque j’ai dû il y a plusieurs années donner une formation à douze personnes dans une salle minuscule où je n’avais même pas de bureau pour poser mon ordinateur (j’ai dû l’installer sur celui d’une participante), avec moins d’un mètre carré autour de moi pour agiter les bras, je me suis sentie comme un lion en cage. En plus, je n’avais pas le recul suffisant pour voir les visages des deux stagiaires qui étaient littéralement collées à moi. Et l’une d’elles a rendu une évaluation négative. Pas sur moi ni sur le contenu de la formation, mais sur les locaux et les conditions du stage. Je ne pouvais que la comprendre mais cela m’a mise dans une colère ! J’ai ensuite refusé de retravailler avec cet organisme, alors que j’intervenais pour la première fois pour eux, et qu’en plus la formation se passait à Marseille… Bon, en fait je ne regrette rien. Une deuxième session dans ces conditions aurait été impossible.

La semaine prochaine, j’anime une formation intra dans les locaux d’une entreprise à Marseille. J’ai reçu avec mon contrat les horaires, le code d’accès et la mention « vous devrez porter un masque« . Evidemment ai-je pensé, je vais passer deux jours avec ces personnes dans une salle de réunion. Et puis je me suis dit que je serais masquée et qu’ils le seraient eux aussi… Est-ce que l’on va pouvoir se comprendre avec les yeux ? Bon, je ne suis pas inquiète, mais curieuse de savoir comment ça va se passer. Pour l’instant, je n’ai porté un masque qu’une fois, pour entrer dans un supermarché. Je me suis très vite habituée à voir les autres en porter, mais je me suis sentie très mal à l’aise avec le mien. Il fait déjà très chaud à Marseille et c’est inconfortable. Je sais, c’est sans doute une fausse excuse. C’est certainement tout aussi inconfortable d’en porter l’hiver, même si ça tient chaud.

Est-ce que je vais pouvoir voir dans leurs yeux qu’ils ont compris, qu’ils acquiescent, qu’ils doutent, qu’ils réfutent mes propos ? Je découvrirai tout cela au fur et à mesure. Et probablement, après ces deux jours, j’aurai appris à animer une formation masquée, et pourrai éviter la prochaine fois d’éventuels écueils. L’adaptabilité, c’est bien l’une de nos caractéristiques d’humains, n’est-ce pas ?

 

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Travailler autrement : Isabelle Matton, psychologue

Il y a quatre ans, Isabelle et son mari Michel, Parisiens tous les deux, ont décidé de s’installer dans le Sud avec leurs deux enfants. Michel dirige une entreprise en région parisienne, et fait des allers-retours. Isabelle, DRH, a toujours travaillé dans le domaine des ressources humaines, après avoir obtenu un DESS de psychologue clinicienne. Quand elle a évoqué avec son employeur parisien son souhait de s’installer dans les Bouches-du-Rhône, il lui a proposé de garder son poste en télétravail un semestre. Cela a duré finalement trois ans, avec des allers-retours réguliers à Paris, avant qu’elle ne décide de s’installer comme psychologue, « à domicile », puisqu’elle a pu créer son cabinet en rez-de-jardin de sa maison, à Aubagne.

Penses-tu que le travail à distance (à 800 km !) puisse s’exercer dans la durée ?

Il me semble que la réussite d’un travail à distance dépend de plusieurs facteurs :

  • Ton poste (tes responsabilités), et ce qu’il implique.  Si ton poste a une forte part de rédactionnel, il n’y a aucune difficulté à l’exercer à distance. En revanche, si au quotidien, tu as besoin d’échanger, d’avoir des informations rapidement, de « sentir » un climat social, comme le nécessite un poste de DRH, cela peut s’avérer sur le long terme un exercice compliqué et très frustrant.
  • La qualité de ta relation avec ton N+1 et ton équipe. La confiance est absolument incontournable pour pouvoir faire son travail sereinement, sans avoir à se justifier. De part et d’autre, on peut beaucoup fantasmer. Mon PDG, pour plaisanter, quand il m’appelait, me disait « je suis désolée de te déranger au bord de ta piscine », alors que pour moi, il aurait été inconcevable de faire autre chose que mon travail. Je suis quelqu’un de très discipliné et sérieux, ce qui je pense, reste un atout pour bien travailler à distance, mais personne ne te voit travailler (d’où le doute) et moi, de mon côté, je savais que je n’étais pas dans la boucle de toutes les informations car communiquer demande des efforts et si tu n’as pas ton collaborateur à proximité, tu interagiras en différé avec lui, il y aura donc une perte d’information.
    Il faut particulièrement soigner sa communication car les échanges se font par écrit ou par téléphone, et sont sujets à interprétation. Par écrit, on peut imaginer un ton inadéquat et au téléphone, il faut surtout bien penser à reformuler pour s’assurer d’avoir compris le message. A distance, nous sommes amputés de plusieurs sens qui nous aident, sans que nous en ayons conscience la plupart du temps, à décrypter plus finement les messages de nos interlocuteurs.
  • Le rythme de tes A/R au bureau. Je montais très peu en IDF au tout début. Du coup, chacun de mes passages était dense, speed, je n’avais plus le temps d’échanger quand ce n’était pas prévu… Je me mettais une pression énorme. Je devais être très désagréable :-).
    Je dirais que le bon rythme aurait été 2 jours pleins sur place chaque semaine ou une petite semaine tous les 15 jours. Si c’était à refaire, c’est ce que j’aurais changé.

Avais-tu imaginé que ton installation dans le Sud t’offrirait un jour la possibilité de changer de métier et de statut ?

En aucun cas car j’avais mis la psychologie de côté depuis longtemps.
Pendant 20 ans, j’ai toujours cherché à rejoindre un métier qui se rapprocherait d’avantage de la relation d’aide (ce à quoi j’aspirais fondamentalement : j’ai passé l’écrit du concours d’infirmière (mais ne me suis pas rendue aux examens oraux), j’ai obtenu le diplôme de médiateur familial, mais je n’ai jamais renoncé aux Ressources Humaines. Ce n’était jamais le bon moment pour OSER changer de métier.

Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans ta nouvelle vie professionnelle ?

J’apprécie avant tout la stimulation intellectuelle qu’elle m’apporte. Démarrer une activité pour laquelle tu es diplômée depuis 20 ans, mais que tu n’as pas exercée, nécessite de rafraîchir tes connaissances. Je sais que le syndrome de l’imposteur n’était pas loin ;-). Alors j’ai décidé de m’outiller, et de façon la plus large possible!
Ensuite, chaque patient, chaque rencontre, bousculent. Je me dois d’être inventive. Et j’aime vraiment la posture de thérapeute si particulière.
Ce que j’aime, après 20 ans d’expérience en entreprise, c’est de pouvoir prendre des décisions totalement assumées, conformément à mon éthique.
Et enfin, j’ai la liberté dans mon organisation, surtout car mon activité démarre, ce qui me laisse pour le moment du temps pour ma vie privée et familiale ou toute activité que je souhaiterais entreprendre.

As-tu dû suivre une/des formations ? Penses-tu que c’est indispensable ?

J’ai eu une formation très analytique (psychologie dynamique). Je me forme à la sophrologie depuis 6 mois, ai suivi un premier module de formation à l’EMDR, et surtout, je lis beaucoup (sur les TCC, la PNL, la thérapie de couple, la psychologie positive…) pour m’ouvrir le plus possible à différentes approches et pratiques.
La psychologue que j’aurais été il y a 22 ans n’est pas celle que je suis aujourd’hui. L’expérience de la vie te permet de prendre de la distance avec tes apprentissages, de les remodeler, de puiser dans d’autres savoirs que tu ne trouves pas que dans les livres ou à la l’université, car entre temps, j’ai cheminé : j’ai eu des enfants, mon couple a pris 20 ans de plus, j’ai perdu des proches, des emplois, fait des rencontres impactantes…

Qu’est-ce qui est plus facile/difficile en travaillant à la maison ?

Quand j’étais salariée, le plus difficile était au début de bien délimiter le temps professionnel du temps personnel et de ne pas travailler trop. Du fait de l’absence de temps de trajet et de rituel de transition, il est facile de prolonger ta journée de travail.
Les relations professionnelles manquent aussi. Le sentiment d’appartenance s’étiole vite.
Concernant mon activité en libéral, mon cabinet se situe sous ma maison. Afin de garantir la confidentialité à mes patients, sans restreindre la liberté de circulation des membres de ma famille, je me dois de veiller à coordonner les allers et venues des uns et autres et de ne pas trop impacter la vie de famille par mon activité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, pour le moment j’ai fait le choix de ne pas travailler le samedi.

Est-ce que ce nouveau travail que tu as vraiment choisi et adapté à tes souhaits te procure plus de satisfaction ?

Oui, sans l’ombre d’un doute ! Il faut être patient pour se faire connaître, et garder confiance.
Je me sens utile. Il n’y a pas d’ennui. J’apprends tous les jours.

Quels sont les conseils que tu donnerais à quelqu’un qui voudrait changer de métier, de région, ou les deux ? 

Changer de région, c’est facile. Il suffit de le décider. Il faut bien évidemment être conscient que tu as tout un réseau social à recréer (avoir des enfants scolarisés est un atout pour rencontrer d’autres personnes) et que selon la région que tu vas adopter, l’accueil sera différent.
En revanche, en PACA par exemple, trouver un emploi quand tu viens de la région parisienne est compliqué. Les salaires sont beaucoup plus bas, il y a bien moins d’offres et quand tu es une femmes de plus de 45 ans, ton CV est moins attractif ;-). Si le déménagement est un projet familial, il vaut mieux que l’un des deux aient dores et déjà un poste sur place.
Le changement de métier est parsemé de doutes et d’angoisse, mais quand il y a un moment  favorable pour le faire, que tu as de l’énergie, que tu sais que c’est l’orientation qui te fera du bien et que tu as une source de rémunération te permettant de ne pas te mettre en trop grande difficulté, il faut foncer ! Il faut du culot ou du courage, et surtout, le soutien inconditionnel de ses proches. Ma réussite, je la dois aux encouragements et aux témoignages sans faille de ma famille et de mes amis qui me redonnaient confiance en moi dans les moments de doute, d’envie de renoncer.
Je crois que pour réaliser un changement de vie, quel qu’il soit, il faut pouvoir avoir la liberté de se dire que rien n’est irréversible, ce qui n’est pas toujours le cas.
Que sommes-nous prêts à perdre pour tenter d’être plus heureux ?

Comment imagines-tu les 5/10/15 années à venir ?

Idéalement, j’aimerais, parallèlement à mon activité libérale, travailler 1 à 2 journées par semaine en milieu hospitalier, pour être vraiment « au chevet des patients » et retrouver le travail en équipe.

Merci Isabelle ! Si vous aussi vous avez choisi de « travailler autrement », n’hésitez pas à m’envoyer un mail, je serai ravie de vous interviewer !

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Le réseau social d’entreprise, la solution pour un télétravail efficace ?

Je donne depuis plusieurs années des formations autour du réseau social d’entreprise. Comment le mettre en oeuvre, comment le faire vivre…
S’il a eu son heure de gloire il y a dix ans (enfin, on peut dire qu’il a été adopté en masse dans les grosses sociétés à cette époque), depuis trois ou quatre ans, l’intérêt pour le RSE décline. Cet outil qui devait supplanter la messagerie et l’intranet s’est souvent ajouté aux deux, et n’a pas convaincu les salariés (« encore un truc en plus pour nous faire perdre du temps« ).

Fournie avec la suite Office, donc considérée comme « gratuite », Yammer, la solution RSE de Microsoft, a été mise en place massivement dans les entreprises. Copiée sur Facebook, elle ne nécessite pas de formation, « tout le monde sait se servir de Facebook » pour être prise en main, donc son implémentation n’a souvent été accompagnée d’aucune communication. Si on ajoute à cela des managers un peu dubitatifs « c’est quoi cet outil qui permet à tout le monde de se parler ?« … on a tous les ingrédients d’une recette ratée.

Pourtant, les éditeurs ont continué d’y croire, proposant régulièrement nouvelles solutions et fonctionnalités. Facebook a lancé sa solution, Workplace, fin 2016, bien après tout le monde, mais après s’être laissé le temps de la réflexion. Champion du réseau social grand public, il devait devenir celui de l’entreprise. C’est comme cela qu’il a été accueilli par tous les consultants. Mais l’affaire Cambridge-Analytica – entre autres – a sérieusement ébranlé la confiance des entreprises, très logiquement soucieuses de la confidentialité de leurs données. Le succès de Workplace, qui avait d’emblée pris une importante part du marché des RSE, s’est vite essoufflé.

Dans les mois à venir pourtant, si le télétravail prend l’essor escompté (le nombre d’alertes Google sur le sujet !), le réseau social va devenir un incontournable. C’est en effet, à mon sens, la meilleure façon d’être « au boulot avec ses collègues », à distance. Pour ceux qui ne connaissent pas, ou n’ont jamais utilisé de réseau social d’entreprise, comparez avec votre utilisation de Facebook : un post, et vous informez tous vos amis de votre actu. Avec vos collègues, même principe – vous avez une question ? Posez-la dans la communauté des experts. Vous voulez échanger des trucs et astuces sur la gestion du temps en télétravail ? Créez votre communauté sur le sujet.

Et comme la vidéo, et notamment Zoom a connu, une adoption massive pendant le confinement, Facebook lance aujourd’hui une solution concurrente, Workplace Rooms, qui permettra de mettre en place des vidéoconférences à partir du RSE.

Voilà, c’est un aperçu rapide, mais j’aimerais savoir, si parmi vous il y a des salariés en télétravail, quel est votre point de vue « post-confinement » sur le réseau social d’entreprise ?

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Conférences et synchronicité

Depuis deux ou trois ans, je regarde régulièrement sur Eventbrite la liste des ateliers et conférences proposés à Marseille.  Je m’inscris à tous les événements dont les thèmes m’intéressent, au niveau professionnel comme personnel. J’aime bien, car la plupart du temps, j’apprends des choses, je rencontre des gens sympa, et je ramène une liste de « sujets à creuser » et de livres à lire. 

Parmi les thèmes qui m’ont marquée récemment (avant le confinement…) : la conférence sur le hasard à La Friche Belle Mai, où l’on nous a expliqué (de manière très convaincante, ce qui m’a dépitée) que le hasard… existe, alors que je crois avoir toujours été persuadée qu’il n’y a jamais de hasard.

D’ailleurs, je constate régulièrement des synchronicités : à cette conférence sur l’éducation il y a deux ans, je suis arrivée juste avant que ça démarre, il restait une place seulement au premier rang. Je me suis assise à côté d’un psychothérapeute qui vit à Marseille et après avoir discuté avec lui, j’ai découvert qu’il avait été le formateur d’une de mes amies et de plusieurs de mes connaissances… à Paris. Maintenant c’est lui qui est devenu un ami.

En décembre dernier, je me suis inscrite à un atelier sur l’estime de soi, où je suis allée à reculons, parce que c’est un sujet difficile pour moi, mais bon, je me suis dit que c’était important, justement. Lors du tour de table, où chacun s’est présenté, la première personne a parlé de son fils, et j’ai eu l’impression qu’elle parlait du mien, avant de parler d’elle au travail, et elle m’a décrite plutôt précisément… J’ai été interloquée, mais ça ne s’est pas arrêté là : quand ma voisine a pris la parole, elle a expliqué qu’elle s’était reconnue, et qu’elle avait reconnu son fils, dans les propos de la première personne. Nous étions trois sur douze à avoir des fonctionnements étonnamment similaires. Nous avons ensuite déjeuné ensemble, mais je n’ai pas revu ces personnes depuis. En fait, ça m’a dérangée, cette impression d’être « démasquée » (pas de jeu de mots, merci ;-)).

Et en septembre, cette formation sur les réseaux sociaux, où j’ai sympathisé avec ma voisine, qui travaillait également en freelance. Quelque temps plus tard, on a déjeuné ensemble, elle m’a expliqué qu’elle avait postulé pour un emploi, qui lui plaisait beaucoup, mais elle avait peur de ne pas être compétente sur certains aspects du poste. Je ne sais pas pourquoi, alors que je suis la reine du syndrome de l’imposteur, j’ai décidé de la rassurer en lui citant un exemple précis, une personne de telle entreprise devant laquelle je me suis sentie nulle lors d’une formation que j’ai donnée à Paris (pour justement lui dire que cette personne ne m’avait pas du tout trouvée nulle, et que cette formation s’était très bien passée). Et là j’entends « comment s’appelle-t-elle ? ». Je lui dis son nom. Elle me répond que c’est la sœur d’une de ses amies, qu’elle la connaît depuis leur enfance en région Rhône-Alpes.

Et encore plus récemment, pendant le confinement, lors d’une conversation téléphonique avec ma super amie que je connais depuis le lycée, j’ai évoqué quelqu’un avec qui j’ai envie de travailler (ici à Marseille, alors qu’elle est bretonne comme moi et vit en région parisienne) et je ne sais pas pourquoi, j’ai cité son nom. Elle m’a fait répéter : c’est un ami d’enfance de son mari. Bizarre, non ?

Est-ce que vous vivez souvent ces synchronicités vous aussi ?

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Revue de presse – 18-22 mai 2020

Allez, on va encore rester quelque temps sur les sujets confinement et post-confinement. Cette semaine, je me suis intéressée aux changements liés au télétravail (qui va se généraliser dans la Silicon Valley, qui révèle des inégalités hommes/femmes et urbains/ruraux à Lyon, qui n’est pas considéré comme l’idéal en Espagne), au souhait de changer de vie qui s’est fait pressant pour beaucoup et au vélo, nouvelle star de nos rues ?

  1. Cadremploi : Changer de vie après le confinement
  2. Lesnumeriques.com : La Silicon Valley étudie la généralisation du télétravail pour le « monde d’après »
  3. Confinement à Lyon : Le télétravail, révélateur des inégalités sociales et de genre
  4. Courrier international : Confinement : en Espagne, le télétravail ce n’est pas l’idéal
  5. Finance.orange.fr : Déconfinement : l’usage du vélo bondit de 44 % en France :

 

 

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