Archives de la catégorie Réflexions

Entrer en résistance

Avons-nous le choix, puisque nous sommes « en guerre », une guerre impossible à gagner puisque nous sommes des brebis face aux loups, des civils désarmés face aux kamikazes…, juste « protégés par des fleurs et des bougies » ?

Hier soir, je suis allée à un concert. Le concert de Yael Naïm au Théâtre de la Liberté à Toulon. C’était très beau et la salle était pleine.

Comme tout le monde, je suis bouleversée, choquée par ce qui s’est passé. J’avais toujours  « Je suis Charlie »  comme profil Facebook, et j’étais bien décidée à le garder un an, pour me rappeler, chaque jour… Et j’ai dû remplacer cette image, plus tôt que prévu, par un drapeau français.

Je parle souvent avec mes enfants de religion et de patrie (pas celle des Le Pen, entendons-nous bien, la patrie des soldats de 14-18, dont les lettres dans le recueil « Paroles de poilus« , m’ont marquée pour toujours). Et hier soir, je me suis dit aussi qu’il fallait aussi leur parler d’art. Je les emmène beaucoup dans les musées, depuis toujours. Ils aiment parfois, et parfois pas, mais ça fait partie de leur vie.

Ils ont commencé tous les deux le piano à la rentrée, ce n’était pas vraiment mon choix, parce que je suis assez peu sensible à la musique, mais celui de mon mari, qui trouve que c’est bien d’apprendre à jouer d’un instrument. Hier soir, je me suis dit que nous devions aussi les emmener au théâtre, aux concerts. Leur montrer absolument toutes les formes d’art, toutes les formes de beauté que nous offre la vie.

Pour que jamais ils n’aient l’idée de détruire la vie des autres. Pour que toujours ils aient une raison de se dire que la vie est belle. Pour que leur vie ait un sens, le sens qu’ils choisiront de lui donner évidemment, mais c’est à nous parents de leur montrer chaque jour tout ce qui est beau, à portée de leurs mains ou de leurs yeux.

C’est une énorme responsabilité que nous avons nous tous parents, de faire que  nos enfants aiment la vie et n’aient pas besoin d’aller faire le jihad pour lui donner un sens. Entrons en résistance avec eux et pour eux. Pensons à eux, qui aimaient la musique, boire un verre ou partager un repas avec leur amis, rappelons-nous toujours…
Pour que demain, plus tard, le choix de la paix soit celui de toute leur génération.

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Quiproquo

Je m’installe dans le TGV, une femme s’assied en face de moi et je la vois chercher autour d’elle. Une prise ? Je lui indique qu’il n’y en a pas en seconde classe. Elle me répond que c’est vraiment embêtant, tout en se penchant vers sa sacoche d’ordinateur, encore posée dans l’allée. Une autre femme arrive, demande discrètement à passer, tandis que mon interlocutrice, tête baissée, continue de me parler « oh, ça m’emmerde, mais tant pis, je prendrai le temps qu’il faudra« .

L’autre personne me regarde interloquée, persuadée que ces propos s’adressent à elle… A cet instant précis, mon interlocutrice relève la tête, sourit à la femme debout devant elle et dit « pardon, vous vouliez passer ?« .

L’autre personne répond à peine et s’assied de l’autre côté de l’allée.

C’est à ce moment-là que j’éclate de rire et dit « je crois qu’il y a eu un quiproquo« . Et j’explique que la troisième personne a cru que la fin de la conversation s’adressait à elle.

Nous avons bien ri toutes les trois. Avant que la troisième personne dise : « c’est comme ça que débutent les guerres… Si j’avais été un homme, je vous aurais peut-être collé une droite ?« 

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Relations clients : choisir le canal de communication approprié

Pendant mes pauses déjeuner, chez moi, même si souvent je reste devant mon ordi, j’essaie de faire « autre chose » que travailler. Hier, je suis allée sur le site d’une enseigne nationale de « bricolage-décoration » parce que je recherche du carrelage. Moyennement convaincue par ce que j’ai vu en ligne, j’ai quand même cliqué sur « Plus d’idées déco ? Demandez notre catalogue« . J’ai dû remplir un formulaire avec la mention obligatoire d’un projet et de son échéance. J’étais aussi obligée d’indiquer mon numéro de téléphone ! Cela fait beaucoup de renseignements à donner pour recevoir ensuite un catalogue par courrier… Dans l’après-midi, j’ai été appelée par un vendeur, qui m’a précisé « j’ai bien reçu votre demande de devis !« . « Désolée monsieur, ce n’était qu’une simple demande de catalogue !« .
Du temps perdu pour lui, de l’agacement pour moi (du temps perdu aussi, car je suis persuadée que je ne recevrai jamais ce catalogue !).

Juste après ma visite sur le site de bricolage, je suis allée sur le site d’une enseigne locale qui vend des instruments de musique. Je vois alors sur le côté de la page « Nous vendons aussi des instruments d’occasion, pour plus d’informations sur nos stocks, contactez-nous !« . Il est 13h et ma demande n’a aucun caractère d’urgence, donc comme d’habitude, je choisis d’envoyer un email. Et là encore, j’ai eu un appel en fin d’après-midi, juste au moment où je file chercher mes enfants à l’école, d’un vendeur qui me dit « je préfère vous appeler, c’est plus simple« . Oui, mais s’est-il demandé si pour moi c’était simple de l’écouter me vendre sa marchandise à ce moment précis ??? J’avais choisi de lui envoyer un email, il aurait pu se douter que je préférais un retour par le même canal…

Mais non, la volonté de « tout vendre, tout de suite » fait que l’on n’a plus aucun respect du client. Par principe, je n’irai pas dans ces enseignes, na ! 😉

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Télémarke…quoi ?

« Bonjour, Eric Martin (bon, c’était pas ça, mais un équivalent, donc un pseudo), j’appelle en ce moment tous les contribuables de Bouches du Rhône qui payent plus de 2 500 euros d’impôts, – ça arrive à beaucoup de monde en ce moment, n’est-ce pas ? » (+ petit rire poli qui va bien)
Mmmm
… pour leur proposer une étude fiscale gratuite, afin d’optimiser
Cela ne m’intéresse pas, merci !
Ah ? Vous payez moins de 2 500 euros d’impôts, peut-être ? (il avait pourtant eu l’air bien affirmatif au début de son discours, comme s’il avait récupéré toutes les fiches d’imposition des contribuables du département !)
Cela ne vous regarde pas, et je n’ai aucune envie de vous en parler, merci et bonne journée !

J’ai déjà parlé plusieurs fois ici du télémarketing. Qu’est-ce que c’est mauvais, comme technique commerciale ! Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai été appelée, mais jamais, jamais, je n’ai accepté un rendez-vous, une pseudo-étude, un achat de cuisine, de véranda, de porte ou de fenêtre par ce biais.
Et je m’interroge toujours sur le public réellement intéressé, parce que dans mon entourage, j’ai le net sentiment que tout le monde procède comme moi par un poli « merci, au revoir ».

Si ce travail était effectué sur des fichiers qualifiés, par de vraies personnes (s’exprimant par leur vrai nom, je veux dire, parce que je ne compte pas les Michel Besson, les Sophie Durand, les Valérie Morin, les Benoît Thierry aux accents divers et variés…), avec un discours qui ne soit pas pré-mâché pour les décérébrés, cela fonctionnerait peut-être mieux ?

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Le dilemme de celui qui voulait se développer en restant caché…

C’est l’histoire d’un société qui s’est créée « quelque part en province » il y a une dizaine d’années. Au début, ils étaient quatre associés, passionnés par leur métier, mais sans rêve de gloire.
Mais la petite société s’est développée.
Et il a fallu recruter.
Pour cela, communiquer.
Jusque là, rien de trop compliqué.
Mais une fois les recrutements effectués, les salariés il a fallu continuer de faire travailler.

Les dirigeants de cette société se sont alors rendu compte que les moins brillants de leurs concurrents étaient les plus présents dans les médias. Ils ne se sont pas fâchés, mais ils se sont sentis contraints de les imiter. Et c’est à contre-coeur que désormais, ils communiquent.

Je crois que je n’ai été confrontée qu’une fois à cette problématique. Je n’avais jamais imaginé que parmi mes clients, certains envisagent le fait de communiquer comme une contrainte (autre que financière, évidemment ;-)). Le proverbe « pour vivre heureux, vivons cachés » ne me parle pas, même si je ne comprends pas l’excès inverse de recherche de célébrité des candidats aux émissions de téléréalité…

La communication des entreprises s’est « neutralisée », on est aujourd’hui dans la volonté d’informer sans enjoliver la réalité avec des paillettes comme dans les années 80. Il n’y a donc à mon sens rien de prétentieux à donner son chiffre d’affaires, ni à évoquer de manière argumentée des perspectives de développement florissantes…
Et vous, avez-vous des clients « Daft Punk » ?

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Rédiger une proposition pour une mission de conseil : alerte rouge !

Un mail récent d’un prospect – qui m’a simplement demandé une note d’intention pour la définition d’une stratégie réseaux sociaux – m’a rappelé une question plus ancienne, d’une société qui ne voulait signer… qu’à la condition que ma proposition soit déjà un plan d’actions, tellement facile à prendre en main en interne !

C’est un casse-tête récurrent que d’en dire suffisamment pour être choisi, mais assez  peu pour ne pas être dépouillé de ses idées !
Je n’ai pas encore résolu la question. Je me dis simplement que cela ne m’intéresse pas de travailler avec des gens malhonnêtes. Si je sens que dans la demande on me prend pour une imbécile, je trouve un prétexte pour ne pas y répondre (« désolée, cela n’entre pas dans mon champ de compétences ») , mais je sais bien qu’il est arrivé de livrer des recommandations trop détaillées, qui ont permis à d’autres de prendre en main les projets pour lesquels j’étais sollicitée. Désormais, je suis vigilante !

Et vous, êtes-vous confrontés à ce genre de problème ?

 

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Tentons notre chance… et advienne que pourra !

Je ne sais pas s’il vous arrive, à vous, communicants de tous horizons (rédacteurs, attachés de presse, créateurs de sites et blogs notamment…) d’avoir affaire à des clients qui vous contactent en vous demandant un devis pour telle opé, tout en n’ayant franchement pas l’air convaincu de son intérêt.

J’ai longtemps cru que ce « détachement » était une façon de sous-entendre « je contacte plein de gens, je choisirai le meilleur qualité/prix« , mais je constate de plus en plus souvent que mes interlocuteurs ne croient pas du tout en l’intérêt d’une action de communication. Ils ont lu dans le manuel du parfait entrepreneur que c’était indispensable, alors ils y vont…

Par exemple, j’ai eu pour clients des ingénieurs persuadés que hors des Google Adwords, point de salut… Ils ne croient pas au référencement naturel, qu’ils estiment « trop aléatoire ». J’ai beau leur expliquer que si je n’avais pas mon blog, seulement « régulièrement » alimenté, je n’aurais aucune existence, cela ne leur parle pas (même quand ils m’ont contacté par ce biais !!!). Je suis également régulièrement contactée par des gens qui m’évoquent un problème (« je ne suis pas connu« , « je n’ai pas assez de clients« , « je veux lancer un nouveau service/produit, je ne sais pas comment m’y prendre« , par exemple) et qui me demandent « qu’est-ce que je peux faire ?« . Il y a rarement une seule réponse possible, et le fait simplement que je leur dise « il faut à la fois améliorer le référencement de votre site et lancer une action auprès de la presse spécialisée » les fait répondre, craintifs, « mais je n’ai pas le budget !« .

C’est peut-être une déformation professionnelle (non, en vrai, je ne le crois pas du tout !), mais je pense qu’on NE PEUT PAS lancer une société sans avoir défini un budget communication. Même modeste. Un blog, qu’on alimente soi-même, c’est un budget com’ en soi, parce qu’on y passe du temps, temps qui aurait un coût si on déléguait l’opération. Si on ne communique pas, on reste inconnu, donc on n’a pas de clients, donc on ne génère pas de chiffre d’affaires… Faut-il même expliquer cela à nos prospects ?

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Etre sympa, c’est bien ou pas ?

Non, je ne délire pas, je m’interroge vraiment 😉
Ma mère dit toujours « trop bon, trop con ». Elle a raison, quand on est gentil, on se fait (trop souvent) marcher sur les pieds.

Quand j’ai commencé à travailler en agence, je faisais spontanément passer « sur le dessus du tas » les demandes des clients pénibles, râleurs, désagréables. Et les gentils passaient après. Le jour où je l’ai réalisé, je me suis dit que les râleurs le resteraient, même si je me pliais en quatre pour eux. Alors que les gentils seraient incités à l’être moins, s’ils n’étaient pas mieux servis. Ce sont eux qui à ce moment-là sont devenus ma priorité, et j’ai toujours eu le sentiment d’être récompensée d’agir ainsi, en ayant des relations très agréables avec mes interlocuteurs.

Je m’efforce d’y rester fidèle, et suis toujours très heureuse de recevoir des mails de clients qui n’oublient pas les formules de politesse et me demandent si je vais bien, si j’ai passé de bonnes vacances… et qui me remercient quand je leur fournis des réponses de qualité dans des délais rapides. Evidemment, je suis sincère dans ma démarche et je m’intéresse aussi à eux.

Mais je constate qu’avec certaines personnes, quand on est soi-même le client (ça m’est arrivé lors des récents travaux dans ma maison…), si on ne crie pas, si on ne dit pas que c’est mal fait et qu’il faut recommencer, bref, si on est sympa, qu’on dit « bonjour tout va bien ? », ou si simplement on sourit et on dit « merci et bon courage », on est juste prise pour une imbécile heureuse… et le travail est bâclé.

Je ne sais pas forcer ma nature, prendre des airs hautains et eng… les gens. Pourtant, parfois, je suis persuadée que j’y gagnerais. Ca vous arrive de penser ça, vous aussi ?

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Pas de communication digitale pour les plus de 40 ans ?

Une copine, travaillant à la com’ d’un grand groupe demande un entretien avec sa DRH pour lui demander une mobilité.

« Quel type de poste recherchez-vous ? »

« Je souhaite rejoindre une filiale où je pourrai davantage travailler sur la communication digitale. J’ai suivi une formation réseaux sociaux l’année dernière, et le sujet m’intéresse« .

Sa DRH lui a ri au nez en lui disant que quelqu’un de plus de 40 ans (elle en a 45) ne pouvait pas supporter la comparaison avec un digital native, qu’elle se retrouverait très vite en échec sur ce genre de mission…

Cette réponse me sidère. Dire que les réseaux sociaux sont une révolution, c’est la réalité. Il s’agit d’une manière de communiquer différente, sur des supports qui sont nouveaux… Mais cela s’apprend et un digital native, aussi performant soit-il lorsqu’il poste des vidéos perso sur Youtube (!) doit apprendre à communiquer sur les réseaux sociaux au nom de son entreprise !

Je constate néanmoins que les salaires dévolus à ces postes (hormis le chief digital officer – grand ponte des réseaux sociaux que l’on voit apparaître dans les grands groupes) sont ceux de débutants. Est-ce encore une façon de sous-estimer l’importance de ses métiers que de les confier à des juniors mal payés ? L’avenir nous le dira assez vite 😉

 

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Fallait pas me chercher !

Il y a des moments où les propositions bidon m’agacent plus que d’habitude ! A deux jours d’intervalle, j’ai reçu deux offres de pseudo-missions… formulées d’une manière que je trouve totalement dénuée de respect (ah oui, c’est vrai, j’ai des valeurs d’un autre temps…)

La première émanait d’une société me proposant de rédiger son site… Sauf que je suis en copie cachée, comme les x freelances qui ont été retenus pour répondre à cette offre du siècle. J’ai quand même envoyé un devis. Dans ces cas-là, ma consigne, c’est « pas plus d’un quart d’heure »… car je sais que seul le prix total sera regardé et que je ne serai pas compétitive sur ce point. Je revendique de ne jamais être la moins chère (une question d’amour-propre !), et comme cela, ils auront la preuve « dans leur tas de devis » qu’il existe encore des personnes qui proposent des estimations « plus chères que pas cher », c’est important pour qu’ils aient un vrai aperçu du marché ;-). Le freelance low-cost, très peu pour moi !

La seconde proposition du même acabit provenait d’une agence « spécialisée dans le référencement naturel » qui me proposait un échange de liens avec ses « environ 500 sites » (pas un d’entre eux n’est cité, bien entendu !)  parce que mon blog a retenu leur attention pour « sa grande qualité, ses contenus pertinents et originaux »… Sauf que là encore, nous sommes nombreux à avoir reçu le compliment car de nouveau je suis en copie cachée. Cette fois, j’ai dit le fond de ma pensée. Et je n’ai pas été très aimable. Mais ça fait du bien 🙂

 

 

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