Travailler autrement : en indépendant, en télétravail, à la campagne

Travailler autrement, ailleurs, c’est un peu le sujet du moment, très « post-confinement ».  Evidemment, après avoir été enfermés près de deux mois dans de petits appartements sans balcon, on comprend que les habitants des grandes villes (et plus précisément les Parisiens) aient une forte envie de vert ! En parallèle, le télétravail forcé a séduit tous ceux qui déploraient de passer trop de temps dans les transports.

J’ai un peu expérimenté tout ça. J’ai habité Paris, dans une chambre de bonne au 5e étage sous les toits près de la place de la Nation qui aurait été invivable en période de confinement, puis un appartement plus grand dans le 14e, dans une rue plus « aérée » et à 5 minutes à pied de mon travail. Ensuite, un premier appartement en banlieue, sans balcon, mais avec la forêt au pied de l’immeuble et mon boulot à quelques minutes de bus. C’est quand ma société a été rachetée et que j’ai dû passer 1h15 incompressible matin et soir dans le RER que les choses se sont compliquées. Mon fils est né peu de temps après et sa toute petite enfance a été un enfer : entre les départs à 17h du boulot, un dossier sous le bras la plupart du temps, et l’arrivée à la crèche souvent plus d’une heure trente plus tard, je « prenais mon après-midi » d’un côté et j’étais « en retard » de l’autre. Sourires goguenards d’un côté, sourcils froncés de l’autre.

A la naissance de ma fille, deux ans plus tard, nous avions déménagé dans une maison avec jardin, avec la forêt en haut de la rue cette fois, mais toujours aussi loin de mon boulot. C’est alors que j’ai décidé de travailler en freelance, et ma vie a radicalement changé. La plupart de mes clients étaient « dans Paris », mais je ne prenais pas le RER à 7h pour aller les voir. Quand on a un rendez-vous en fin de matinée ou en début d’après-midi, prendre les transports n’est pas désagréable : on peut s’asseoir, lire… Le reste du temps, j’étais à la maison et expérimentais le « télétravail », même s’il n’était pas salarié.

Le déménagement à Marseille a été une autre étape positive côté « vie perso ». Au début, mon mari venait déjeuner à la maison, on trouvait ça marrant, ce côté « vie de province » (pour reprendre un cliché que je déteste, en fait ;-)). Mais très vite on a arrêté, je n’avais pas envie de préparer un repas tous les midis, et lui appréciait d’aller au resto avec ses collègues. Mes enfants, à l’école primaire, m’ont souvent demandé de rentrer déjeuner à la maison, je pense que c’est assez répandu par ici, mais je n’ai jamais cédé. En revanche, ils ont assez vite arrêté l’étude du soir, je suis allée les chercher à 16h30 tous les jours, et ça c’était le modèle classique dans leur école, où très peu d’enfants restaient après la fin des cours. Ca me faisait une pause dans l’après-midi, ils me racontaient leur journée, puis je reprenais le travail pendant qu’ils faisaient leurs devoir.

Donc côté vie perso, ici, on a tout gagné. Un climat exceptionnel, qui permet de passer beaucoup de temps à l’extérieur, des horaires plus souples et des temps de transport réduits, pour plus de temps en famille, des prix de l’immobilier sans aucune commune mesure avec ceux de la région parisienne, nous avons pu acheter une maison qu’on aime beaucoup (bon, on y fait toujours des travaux, cinq ans après y avoir emménagé, mais un jour, ce sera top !), avec un petit jardin, mais quand même un abricotier, un figuier, des framboisiers, de la lavande et du romarin ;-).
Cependant, je l’ai déjà dit maintes fois, un vrai problème côté boulot, qui n’est pourtant pas partagé par tous. J’ai eu l’occasion ces dernières années, de rencontrer des gens qui ont réussi leur installation professionnelle ici, mais le plus souvent, ils l’avaient préparée. Je suis arrivée à Marseille comme un cheveu sur la soupe et presque sept ans plus tard, je n’ai pas trouvé « le » truc pour travailler sereinement ici, mais je ne désespère pas, j’aime cette ville et ce problème professionnel est compensé en partie par une vie plus facile ici.

Pour continuer sur ces exemples de changement de vie, j’aimerais vous proposer chaque mercredi une interview de quelqu’un qui a décidé de « travailler autrement ». J’ai commencé à solliciter quelques personnes, j’espère pouvoir vous proposer un premier portrait la semaine prochaine !

  1. #1 par Hoppenot le 20 mai 2020 - 08:45

    Intéressant.
    Mais du coup n’est ce pas compliqué d’être loin de la capitale pour les rdv clients car lorsque j’étais en Free lance tous mes clients étaient en région parisienne. Il y en a peut être un seul que je n’ai jamais rencontré et tout se faisait par tel ou mail.

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    • #2 par Isabelle Prigent le 20 mai 2020 - 18:42

      Oui, je trouve que c’est compliqué de travailler à distance, mais c’est possible. Et j’espère que le bilan largement positif du télétravail pendant le confinement encouragera toutes les formes de travail à distance…

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  2. #3 par Charlotte Selz le 20 mai 2020 - 16:40

    J’aime bien voir mes clients, en tout cas au moins une fois avant de commencer à travailler ensemble, ou avant de commencer les gros dossiers. Mais ça m’ait arrivé à plusieurs reprises de ne jamais les rencontrer, parce que trop loin (en province ou à l’étranger) et de tout faire par mail ou téléphone. Je me dis qu’avec l’habitude qu’on a prise ces dernières semaines de faire des réunions virtuelles, ce sera encore plus facile pour les projets à distance et on aura peut-être plus le réflexe de faire des rdv en visio qui rajoute une dimension de presque vraie rencontre au rdv de loin

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    • #4 par Isabelle Prigent le 20 mai 2020 - 18:47

      Moi aussi j’aime bien voir mes clients… J’ai même l’impression que la confiance ne peut se créer qu’à condition de s’être déjà vus. Une fois, un client (une amie m’avait recommandée auprès de lui) a demandé qu’on se fasse un RDV en visio avant de commencer à travailler ensemble. Et en effet, quand je l’ai rencontré « en vrai » ensuite, je le connaissais déjà, nous avions déjà eu une « vraie » réunion. Et oui, j’espère que cette habitude de la visio créée en confinement va permettre de généraliser le travail à distance !

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