Maintenir la distance physique

Hier, je me suis beaucoup baladée.

Le matin, j’avais rendez-vous avec une personne à qui j’ai vendu des livres. Nous appartenons toutes les deux au réseau sur lequel j’avais posté mon annonce de vente de bouquins, mais nous ne nous connaissions pas. J’ai sorti les livres de mon sac pour les lui remettre, puis, devant la grille du parc fermé, nous avons parlé, en restant à un bon mètre de distance. Confinement, dé-confinement, politique locale et nationale, ministre de l’Education et écoles marseillaises. C’est étrange d’avoir une conversation en se parlant d’aussi loin. Ce n’est pas impossible, puisque notre échange a duré une demi-heure.

En début d’après-midi, j’ai marché avec ma fille. Elle voulait aller en direction du collège. Dans le secret espoir peut-être de voir des copains en goguette eux aussi. On n’a croisé que trois ou quatre promeneurs masqués, seuls, aux regards réprobateurs. Nous étions deux, riant le nez au vent.  Ma fille a dit « les gens nous regardent bizarrement, non ? ». Je lui ai répondu que c’était sans doute le masque qui lui donnait cette impression.

A 17h, nouvelle promenade, cette fois avec mon mari. Sur le trottoir encombré d’en face, quelqu’un nous a fait de grands signes. C’était notre voisine. Elle a vite traversé pour venir nous parler. Nous ne sommes pas embrassés… Elle est ravie d’être dé-confinée, et a dit qu’elle avait continué ces deux derniers mois à sortir régulièrement, elle avait besoin de prendre l’air. Elle nous a dit « on se fait un repas à la maison prochainement, d’accord ? ». J’ai pensé à ma soeur, qui me disait dimanche qu’elle ne voulait accueillir personne chez elle, dans les semaines à venir. On a répondu « Mmmm… », puis mon mari a ajouté « quand les enfants seront de retour à l’école, OK ? ». Ca faisait un peu « report aux calendes grecques », mais j’ai trouvé que c’était bien, il me fallait du temps pour réfléchir à la question.

J’y ai repensé en marchant. Quinze jours d’incubation, si on ne fait pas attention, ce sera de nouveau la foule aux urgences fin mai, nouveau pic d’épidémie en juin. Re-confinement. Bon.

De retour à la maison, SMS. Des amis qui ont dû annuler un grand week-end de fête chez eux, nous proposent un dîner. Samedi. « Les enfants, ça vous dit ? » « Samedi ? Ouiiii ». C’est mon fils, qui n’a pas mis le nez dehors (enfin, hors de notre jardin) depuis le 14 mars, qui a répondu le premier. Ca y est, nous sommes donc complètement dé-confinés.

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