Oser parler d’argent et savoir poser des limites

Dans cet article paru dans Les Echos « Ces femmes entrepreneurs qui font face aux préjugés », je me reconnais dans l’interview de Chine Lanzmann, qui évoque les difficultés de certaines d’entre nous pour oser parler d’argent et savoir poser des limites.

  • Parler d’argent

A mes débuts, donner une valeur à ce que je faisais donc à « moi » me semblait très difficile, voire impossible. Cela me faisait d’autant plus enrager que lorsque je travaillais en agence, j’étais une excellente négociatrice. car cela ne me posait pas de problème de demander des remises au nom de mon agence. Mais établir une facture avec mon nom et en face une somme importante, c’était insurmontable.
J’ai travaillé avec un coach qui m’a permis de régler ce problème, même si je me dis encore parfois « je sous-facture, là, parce que je n’ose pas dire au client que le temps (l’expérience, le savoir-faire, les compétences…) que je vais consacrer à sa mission a une valeur supérieure à ce qu’il imagine « .

  • Poser des limites

Concernant « savoir poser des limites », j’ai toujours de gros efforts à faire ! Je n’arrive toujours pas à argumenter face aux clients qui abusent : vous savez, ceux qui vous demandent un devis pour telle ou telle mission, et qui vous appellent le lendemain pour un conseil sur tel point, le surlendemain pour un test sur tel autre et 3 jours après pour des dizaines de corrections (pas liées à ce que j’ai produit, mais aux changements effectués dans la tête du client…).
Cela m’arrive encore régulièrement de quasi doubler le temps chiffré pour la mission, sans revoir la facture.  Il faut que j’apprenne à dire soit « oui, je vais le faire, mais je vais d’abord vous renvoyer un devis qui tiendra compte du temps supplémentaire dévolu à cette nouvelle tâche que vous me demandez ».
Mais rien qu’en l’écrivant, je sens cette boule qui se forme dans mon plexus…

Allez, on respire un bon coup, 2017 sera l’année du prix juste 😉

 

 

 

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  1. #1 par Laurence Perchet le 16 janvier 2017 - 09:45

    Bonjour Isabelle,
    Déjà, comme c’est la première fois que je poste chez toi depuis le début de l’année, et bien je te souhaite tous mes voeux de bonheur et réussite pour 2017 !
    Tu as raison, on hésite souvent à facturer le vrai prix de nos prestations. Je ne sais pas, honnêtement, si c’est parce que nous sommes des femmes ou parce que nous sommes des femmes au statut de travailleur indépendant. Pour les travailleurs indépendants en général, qu’ils soient hommes ou femmes, c’est toujours difficile d’afficher un tarif haut parce qu’on est seul justement. Après il y a effectivement l’héritage culturel, et les femmes là, sont moins bien placées en France. C’est un peu la double peine en quelque sorte… Ceci étant, dans mon parcours d’indépendante, j’ai croisé des femmes qui ne s’en laissaient pas compter, comme on dit… Même vis à vis de leurs homologues féminines. J’ai toujours trouvé ça curieux… La rigueur voire la défiance et la poigne de fer dont elles font preuve se manifestent autant vis à vis des hommes que des femmes… quel que soit le statut de ces dernières.

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    • #2 par Isabelle Prigent le 19 janvier 2017 - 10:05

      Bonjour Laurence,
      Merci, plein de bonnes choses pour toi aussi pour cette nouvelle année !
      Oui, tu as raison, il y a des femmes qui n’ont pas de genre de doute, quelle chance (je ne parle pas des « killeuses », qui existent en modèle homme également, ces gens qui sont prêts à tout pour passer devant les autres, juste de celles qui connaissent leur valeur et qui l’assument tranquillement) ! Deux de celles avec qui j’ai pu en parler m’ont dit qu’elles ont été élevées comme des garçons, et qu’elles avaient un ou des grands frères qu’elles ont pris comme modèles dès l’enfance. Je trouve ça intéressant comme point de vue mais je n’ai jamais vu passer d’étude me confirmant que les femmes ayant des grands frères étaient plus sûres d’elles que les autres 😉

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  2. #3 par M le 23 janvier 2017 - 10:32

    Concernant les clients qui profitent d’un projet pour faire une foule de petites corrections annexes non facturées, j’ai trouvé une solution qui tourne bien. Elle n’est possible qu’avec les clients réguliers, pas pour un tout nouveau…

    Je préfacture un pool de 4 heures. Il n’est parfois pas utilisé pendant plusieurs mois, mais ensuite, à chaque intervention, je déduis de ces 4 heures le temps de la petite retouche (10 minutes par ci, 20 minutes par là). Ca satisfait tout le monde.

    Lors d’un plus gros projet, si jamais des demandes viennent s’ajouter pendant la phase de validation, comme tu le décris dans ton psot, et qu’elles sortent du cadre du devis initial, je préviens juste : « ok, mais ce sera déduit du pool d’heures ». Ca réduit parfois le nombre de demandes 😉

    Dans tout les cas, je n’ai plus la sensation de faire du bénévolat forcé !

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    • #4 par Isabelle Prigent le 26 janvier 2017 - 16:17

      Merci beaucoup, c’est une super idée, ce « pool d’heures pré-payées » ! J’ai déjà mis en application sur un devis 😉

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