Etre sympa, c’est bien ou pas ?

Non, je ne délire pas, je m’interroge vraiment 😉
Ma mère dit toujours « trop bon, trop con ». Elle a raison, quand on est gentil, on se fait (trop souvent) marcher sur les pieds.

Quand j’ai commencé à travailler en agence, je faisais spontanément passer « sur le dessus du tas » les demandes des clients pénibles, râleurs, désagréables. Et les gentils passaient après. Le jour où je l’ai réalisé, je me suis dit que les râleurs le resteraient, même si je me pliais en quatre pour eux. Alors que les gentils seraient incités à l’être moins, s’ils n’étaient pas mieux servis. Ce sont eux qui à ce moment-là sont devenus ma priorité, et j’ai toujours eu le sentiment d’être récompensée d’agir ainsi, en ayant des relations très agréables avec mes interlocuteurs.

Je m’efforce d’y rester fidèle, et suis toujours très heureuse de recevoir des mails de clients qui n’oublient pas les formules de politesse et me demandent si je vais bien, si j’ai passé de bonnes vacances… et qui me remercient quand je leur fournis des réponses de qualité dans des délais rapides. Evidemment, je suis sincère dans ma démarche et je m’intéresse aussi à eux.

Mais je constate qu’avec certaines personnes, quand on est soi-même le client (ça m’est arrivé lors des récents travaux dans ma maison…), si on ne crie pas, si on ne dit pas que c’est mal fait et qu’il faut recommencer, bref, si on est sympa, qu’on dit « bonjour tout va bien ? », ou si simplement on sourit et on dit « merci et bon courage », on est juste prise pour une imbécile heureuse… et le travail est bâclé.

Je ne sais pas forcer ma nature, prendre des airs hautains et eng… les gens. Pourtant, parfois, je suis persuadée que j’y gagnerais. Ca vous arrive de penser ça, vous aussi ?

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  1. #1 par Corinne le 3 septembre 2015 - 07:52

    Comme toi, désormais je me décarcasse pour les gens qui en valent la peine : ceux qui sont courtois, agréables, reconnaissants. S’il faut les dépanner, je suis toujours là, dans la mesure du possible… pour les autres, combien de fois ai-je invoqué une indisponibilité afin de ne pas répondre à une de leurs injonctions ? Malgré tout, je reste persuadée qu’être aimable (voire gentil) est la meilleure option. Quitte à s’adapter quand on est confronté à des personnes (ou des corps de métier) où le rapport de force fait loi.

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    • #2 par Isabelle Prigent le 8 septembre 2015 - 11:03

      Hello Corinne,
      Ta dernière phrase (« quitte à s’adapter quand on est confronté à des personnes (ou des corps de métier) où le rapport de force fait loi ») m’a bien trotté dans la tête. En effet, on ne doit pas avoir toujours la même attitude « parce qu’on est comme ça » mais s’adapter en permanence. Je n’ai pas de problème avec mes clients en général, mais quand je suis moi-même cliente – ça s’est produit encore récemment lors des travaux dans ma maison – je me rends compte qu’être sympa n’est jamais payant, et qu’au contraire, si par exemple on félicite un peintre pour un pan de mur parfait, on peut être sûr que le suivant sera bâclé. Pourquoi, je ne me l’explique pas… sauf par « dans ce corps de métier, le rapport de force fait loi ». Merci beaucoup d’avoir éclairé ma lanterne!

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  2. #3 par anna le 3 septembre 2015 - 10:30

    Hello Isa, je suis contente de te retrouver 😉 . Ca me fait sourire ton billet parce que je connais ta profonde et sincère gentillesse. Ca ne m’arrive plus depuis que je sais être gentille (ce qu’il faut, mais c’est vrai que je retiens parfois) ET poser des limites. Oui c’est un effort que de « retenir » son envie de faire plaisir, mais on y gagne tellement et du coup la gentillesse est redistribuée aux bonnes personnes. Corinne a raison, être aimable reste de toutes les façons la meilleure option, il faut juste y ajouter un soupçon de ruse ; ça permet de te protéger et d’être respectée !

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    • #4 par Isabelle Prigent le 8 septembre 2015 - 11:04

      Merci Anna, c’est mon objectif de rentrée : rester gentille, mais devenir rusée 😉
      J’espère que tout va bien pour toi !

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  3. #5 par asset-performances le 3 septembre 2015 - 12:31

    Que de bon sens, que de bon sens ! dans ces commentaires pertinents. Pour autant, le billet d’Isabelle révèle une cruelle réalité: l’ univers dans lequel le freelance évolue, peut faire parfois figure de « serf » se rendant auprès des seigneurs du château pour proposer humblement son travail. Au royaume de l’économie, les rapports sont en effet souvent de dominant (celui qui paye) à dominé (celui qui exécute). On peut le déplorer, mais c’est une réalité ! il faut bien admettre que dans ce contexte de prestation, être « gentil » (au delà d’une personnalité naturellement bienveillante) à deux objets. 1) tenter de rendre la relation plus équilibrée et mature. 2) puisque nous sommes en mode business, espérer améliorer ses honoraires ou enchaîner une mission plus importante encore. Cette « gentillesse » est à un double sens donc ! elle devrait s’accompagner d’un retour qui parfois fait défaut (d’où le trop bon trop con). Pire encore si l’objet « 1 » semble avoir fonctionné (un échange enfin « adulte ») et que votre interface vous a finalement manipulé car rien au bout du compte. tout au plus un « merci, vraiment t’es super » ! à la prochaine ! (…occasion de la refaire « à l’envers »).
    Quelle est la part de responsabilité de celui qui se sent lésé ? ce n’est pas qu’il ait été « trop bon », c’est sa nature, elle est belle, n’y touchons pas ! c’est qu’en l’espèce (on suppose une prestation pourtant calée au départ (avec devis etc..) qui déborde sans contreparties) une corde déterminante manque alors au freelance malgré son expertise. Cette corde, c’est la posture commerciale assumée ! cette posture « contre nature » (ah bon ? que vient faire la nature dans une expertise professionnelle maîtrisée ?) est le complexe le plus douloureux du freelance. celui qu’il cherche à cacher à tout prix (ne parlons pas des « créatifs »). Son expertise est bien réelle, vaut même son pesant d’or, mais drapé dans sa dignité face aux rapports de force (c’est d’ailleurs pour cela qu’il a choisi l’indépendance) le freelance reste confronté malgré lui à la réalité du business. Heureusement, ce n’est donc pas de Nature qu’il s’agit, mais de technique comprise et intégrée dans son offre. Pour le reste, célébrons cette maxime: « Qui donne recoit » !

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    • #6 par Isabelle Prigent le 8 septembre 2015 - 11:09

      Merci Albain pour ce long commentaire.
      Paradoxalement, ce n’est pas en tant que freelance que je me sens asservie ou frustrée. Je suis prête à consentir les efforts nécessaires pour les clients que j’estime. Pour les autres, je laisse tomber et je le vis très bien.
      En revanche, quand je suis cliente comme je viens de l’expliquer en réponse à Corinne, et j’ai eu plusieurs fois l’occasion de l’expérimenter auprès d’artisans du bâtiment, je me rends compte qu’une attitude sympa reste la meilleure façon de se faire avoir, à la fois sur les prix, les délais et la qualité du travail. Je l’ai expérimenté plusieurs fois maintenant et je continue d’apprendre, en m’efforçant d’avoir une attitude neutre.

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  4. #7 par letarotdesfilles le 3 septembre 2015 - 15:22

    La solution que j’adopte: courtoise mais froide.
    Je n’élève pas le ton mais je dis les choses sans état d’âme.
    Quant aux râleurs, ils n’y reviennent pas car je sais les mettre mal à l’aise…
    Avant, j’étais plus cool, je m’en suis mordue les doigts et ça fait un bail que c’est fini.

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    • #8 par Isabelle Prigent le 8 septembre 2015 - 11:10

      Il faut effectivement que j’apprenne à dire les choses sans état d’âme. C’est un problème pour moi 😉

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