Les relations presse, pour qui ?

Les relations presse ont la réputation de ne pas être chères, donc très souvent, quand on se lance, ou bien quand on veut développer sa petite entreprise, on souhaite y avoir recours.
Les relations presse coûtent en effet moins cher que la publicité, mais les résultats sont aléatoires.
Et malheureusement, les résultats sont toujours moins bons pour les petites entreprises inconnues que pour les grandes multinationales très connues.

Pourquoi les grosses sociétés sont plus citées dans la presse ?
Parce que – légitimement ou pas – les journalistes pensent que leurs lecteurs sont avant tout intéressés par les produits/sujets connus, concernant la plupart du temps les grosses sociétés. Par exemple, il sera bien plus facile de faire citer par un journaliste la nouvelle fragrance d’un grand couturier que la création d’un artisan qui vient de se lancer en solo.

Alors, chères ou pas chères, les relations presse ?
Elles pourraient être très peu chères pour les grosses sociétés, puisque les articles « tombent tout seuls ». En réalité, elles coûtent assez cher… parce que ces entreprises sont facturées à la hauteur de leurs moyens ;-).
Elles sont toujours chères pour les petites sociétés qui veulent absolument obtenir des résultats, parce qu’il faut y consacrer de gros moyens : plusieurs communiqués avant que les journalistes commencent à s’y intéresser, et de nombreuses relances téléphoniques pour tenter de leur expliquer l’intérêt du sujet.

Quand je m’occupe de relations presse pour de petits clients, je trouve cela très frustrant. J’ai l’impression de déplacer des montagnes pour obtenir quelques citations, alors que j’ai un bon accueil et des retombées systématiques pour les plus grosses entreprises (qui me paient mieux, en plus…).

Donc, pour qui les RP ?
Eh bien, si vous êtes tout petit – et encore plus si vous êtes sur un secteur fortement concurrentiel – non seulement vous aurez du mal à trouver un prestataire qui voudra travailler avec vous, mais en plus, les résultats ne seront probablement pas bons, même si l’attaché de presse passe énormément de temps à parler de vous.
J’ai le souvenir d’une mission pour un « petit » client qui avait beaucoup insisté pour que Céline et moi travaillions avec lui, en nous disant « j’ai laissé des messages dans plusieurs agences, personne ne m’a rappelé« . Nous lui avons expliqué qu’il faudrait s’inscrire dans la durée, nous avons envoyé plusieurs communiqués de presse et nous sommes fait rire au nez de nombreuses fois par des journalistes… Et à la fin, c’est à peine si le client ne nous a pas taxées d’incompétence.
Donc forcément, aujourd’hui, quand je dis oui à une mission de RP – et bien sûr, ça m’arrive encore pour de petits clients – c’est parce que je sais que le sujet a du potentiel et je valide bien que le client se rend compte qu’un seul communiqué ne permettra jamais d’obtenir des parutions dans tous les supports de presse nationale !

Bon, ceci mérite bien entendu débat et approfondissement – je n’ai traité que de l’aspect tarifaire des RP, qui est un point important – car  il y a bien sûr d’autres raisons qui font que les relations presse sont incontournables pour une petite société : être visible par rapport à la concurrence, montrer à son banquier qu’on met en place des actions de communication, rassurer ses clients, etc.

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  1. #1 par christelcaulet le 27 janvier 2015 - 10:11

    Autre point pour lequel les journalistes font toujours appel aux mêmes marques et interlocuteurs, c’est aussi par facilité et disponibilité. Quand un journaliste appelle c’est qu’il a besoin d’une réponse, en général, rapidement, pas dans deux semaines. Dans ces grosses entreprises, ils ont des services avec du personnel entièrement dédié à cela, ce qui facilite la tache !

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    • #2 par Isabelle Prigent le 27 janvier 2015 - 13:46

      Mmm, et les agences de RP, et les RP freelances ? Ils sont toujours là pour répondre aux demandes immédiatement, eux aussi ! Par ailleurs, je demande toujours à mes clients – même les petits ! – de se rendre disponibles pour les journalistes car leurs demandes n’attendent pas, et ils en sont bien conscients 😉
      Les journalistes ne s’adressent peut-être toujours aux mêmes que parce qu’ils imaginent que c’est plus compliqués avec les nouveaux ? 😉

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  2. #3 par mapetitemaisondedition le 27 janvier 2015 - 10:23

    Article très pertinent!

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  3. #5 par Gwenood (@gwenood) le 27 janvier 2015 - 10:44

    Ce n’est pas la taille de l’entreprise qui compte mais le fameux « USP »

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    • #6 par Isabelle Prigent le 27 janvier 2015 - 13:52

      A mon sens, dire que seul l’USP compte (http://www.conseilsmarketing.com/techniques-de-ventes/comment-definir-une-unique-selling-proposition-usp) est vrai si on se positionne du côté commercial, on est obligé d’y penser pour marketer son offre, mais la démarche est tout autre quand on doit contacter un journaliste, qui se fiche pas mal de cet aspect – il ne faut d’ailleurs pas que le CP soit « marketing » mais « informatif » – donc le plus souvent, si le journaliste ne connaît pas le sujet, ça ne l’intéresse pas d’en parler à ses lecteurs. L’inverse est aussi vrai – je cite une conversation récente avec une journaliste d’un mensuel « art de vivre » : « j’ai découvert ce truc il y a 15 ans, je ne vais pas en parler maintenant à mes lecteurs ! » « et s’il ne connaissent, pas eux ? » « mouais, je vais y réfléchir »… Et finalement sa rédac chef a pensé que c’était intéressant !

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  4. #7 par harmonycom le 27 janvier 2015 - 11:09

    Je suis spécialisée TPE donc ce n’est pas qqchose que je pratique vraiment. En effet il est difficile d’avoir des retombées à moins de proposer un produit ou service vraiment innovant, qui va susciter l’intérêt des journalistes notamment. Et peu de TPE veulent investir la somme qui serait nécessaire pour obtenir vraiment des résultats..
    Un très bon article qui enfonce le clou, merci 🙂

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  5. #9 par Stéphanie le 27 janvier 2015 - 13:15

    C’est absolument vrai ! Jusqu’alors mon activité intéresse surtout les chefs de pub qui me demandent des tarifs hors budget pour moi qui ait démarré en 2014. Pour se faire remarquer, une technique efficace : faire le buzz. Encore faut-il savoir le gérer. C’est parce que c’est difficile, que j’apprends à mes clients comment gagner des clients par internet. L’objectif? augmenter sa valeur perçue.

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    • #10 par Isabelle Prigent le 27 janvier 2015 - 13:56

      Je suis d’accord Stéphanie, pour les petits clients, il est plus facile de se faire remarquer par des actions ciblées sur Internet… Encore faut-il maîtriser ces actions, ou accepter de les sous-traiter en les payant à leur prix (tiens, ça me donne une autre d’idée d’article : « pourquoi payer pour des actions sur des médias gratuits ? » ;-). A suivre peut-être la semaine prochaine !

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  6. #11 par Marie-Cécile le 27 janvier 2015 - 15:22

    Merci pour cet article Isabelle.
    Pour moi le plus difficile est effectivement de bien faire comprendre à mes clients qu’une stratégie de relations presse est un travail de longue haleine. Il ne suffit pas d’un communiqué et d’une ou deux heures de relances journalistes pour s’assurer d’une couverture de qualité.

    Petit complément à ta réponse sur la raison pour laquelle les grosses entreprises sont plus citées par la presse : certes les journalistes les connaissent mieux mais il y a également le budget autour de chaque opération presse qui est faramineux : conférences de presse dans des lieux prestigieux, cadeaux en tous genres, … Pas étonnant que les journalistes se souviennent plus de certains produits que d’autres au budget limité.

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    • #12 par Isabelle Prigent le 27 janvier 2015 - 17:53

      Tu as raison 😉 Il y a quelques années, j’ai été chargée par une grosse agence de faire de la relance : les journalistes avait reçu un CP destiné à promouvoir une marque alimentaire, et je devais les rappeler pour leur proposer un voyage de presse, avec soirée cocktail et hébergement en hôtel 5 étoiles. Quasi systématiquement, je leur rappelais le contenu du CP et attendais le moment où ils s’apprêtaient à prendre (à peine) poliment congé pour leur dire « et nous souhaitons vous inviter, blabla »… Quel regain d’intérêt je pouvais noter alors ! Ca reste un souvenir très drôle ;-).
      Il m’arrive en revanche régulièrement pour d’autres clients, de proposer des tests produits et là ils sont moins enthousiastes, je ne sas pas pourquoi !

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  7. #13 par Laurence Perchet le 28 janvier 2015 - 12:27

    Bonjour Isabelle,
    ton article a suscité la réaction ! C’est normal puisque c’est la… vérité vraie de ce qui se passe sur le terrain ! 😉 Perso j’ai complètement laissé tomber les RP pour les PME et TPE pour toutes les raisons que vous avez évoquées ici : budget, retours aléatoires voire inexistants de la part des journalistes, travail sur le long terme incompatible avec les voeux pieux des dirigeants qui attendent un retour rapide, pédagogie chronophage en temps pour le freelance qui doit expliquer, argumenter etc… J’ai fait des RP dans le domaine automobile, et Dieu sait s’il y a du budget dans ce domaine. Je confirme qu’il est difficile de résister à un voyage de presse tous frais payés dans un endroit de rêve pour essayer des véhicules haut de gamme qui donnent le frisson… Mon client TPE n’a rien à proposer de pareil. Allez, les TPE et PME se débrouilleront sans les RP. Maintenant, mon jugement est fait.

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