La confiance, un argument qui ne marche plus ?

« Nous sommes une petite agence, nous voulons nous développer dans le Sud, et comme l’une de nos collaboratrices part en congé maternité, nous avons décidé de la remplacer par des freelances, dont une personne dans le Sud… d’où la raison de mon appel« .

Jusque là, tout va bien. Sauf que si mon interlocutrice a bien préparé son appel, moi, j’étais plongée dans mon boulot du jour, dans le silence complet de mon bureau… Bref, je suis dans la parfaite disposition d’esprit pour me faire arnaquer !

« J’ai déjà une mission de deux jours à vous proposer. Le mois prochain, il y a un autre sujet qui va tomber, et je vous réserve déjà 3 jours dans 6 mois pour un événement auquel j’aimerais que vous participiez. Comme vous le comprenez, c’est du récurrent, pouvez-vous me proposer un tarif qui en tienne compte ? Ce serait combien par jour ? ».

Et là, bien sûr, je fais confiance et je m’engouffre dans la gueule du loup !

Six mois plus tard, le bilan :
J’ai travaillé quatre jours, pour le prix de deux version « récurrent ». La mission n’était absolument pas bordée, le travail préparatoire de l’agence ni fait ni à faire et les objectifs ont été revus deux fois… Donc j’ai en plus la frustration de ne pas avoir atteint les objectifs que je m’étais fixés (il ne faut pas croire que les freelances ne sont pas auto-motivés !)
Je n’ai plus jamais entendu reparler des trois autres jours sur lesquels j’avais été missionnée d’emblée (et pourtant, cela avait été formellement devisé, et sans réponse j’avais relancé et demandé confirmation – confirmation qui m’a été donnée uniquement à l’oral lors d’une conversation téléphonique, bien entendu, mais j’ai fait confiance).
J’ai dû relancer deux fois, pour être payée au bout de trois mois et demi.

La morale de l’histoire :
– Ne pas décrocher son téléphone si on n’est pas psychologiquement préparé 😉
– Ne JAMAIS proposer de tarif « pour du récurrent », mais un dégressif : jusqu’à 5 jours/an, mon tarif est de tant, de 5 à 10 jours de tant, puis de 10 à 20 jours et enfin, « à partir de 20 ». Au pire, notre interlocuteur nous répond d’emblée que nous sommes trop cher et va voir ailleurs… mais ce n’est pas grave, c’était une arnaque !

 

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  1. #1 par Marie-Cécile Drécourt le 25 novembre 2014 - 09:08

    Quand j’étais à la recherche d’un emploi je me suis donnée la règle de ne jamais répondre quand je ne connaissais pas mon interlocuteur (nouveau numéro ou numéro masqué) ou quand j’étais occupée à autre chose. J’attendais de pouvoir écouter le message sur le répondeur pour rappeler la personne. Aujourd’hui j’essaie de faire pareil et de toujours me laisser du temps pour définir un tarif. Toute mission, même urgente, peut bien attendre quelques heures de réflexion.
    Et effectivement, j’ai appris, après une mauvaise expérience évidemment, à ne rien contractualiser oralement.
    Finalement ce n’est pas un manque de confiance envers mon futur client mais plutôt une manière d’officialiser les choses. Cela peut même être considéré comme un signe de professionnalisme.

    Je prends note de ton idée de tarif dégressif pour du récurrent, c’est une bonne idée qui peut inciter le client à nous rappeler pour de nouvelles missions.

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    • #2 par Isabelle Prigent le 25 novembre 2014 - 18:27

      Tu as raison de t’être fixé ces règles et de les appliquer systématiquement. Pour ma part, l’expérience n’a pas servi de leçon dans ce domaine 😉

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  2. #3 par Remi THOMAS le 25 novembre 2014 - 09:51

    Il y a aussi le système assez simple : 8 jours payés dans les temps = 2 jours gratuits.
    Donc ton tarif est toujours le même et c’est bien la fidélité et le paiement qui sont récompensés.

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  3. #5 par Nathalie Bellec le 25 novembre 2014 - 10:27

    Merci Isabelle, nous avons tous à apprendre et à réapprendre sur notre confiance envers les autres. Nous sommes également sur un contrat très mal bordé, accords oraux, etc.. Comme le dit Rémi, n’ayons pas peur d’écrire au « risque » de paraitre professionnels!

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    • #6 par Isabelle Prigent le 25 novembre 2014 - 18:29

      Exactement… un client de mauvaise foi nous trouvera tatillons avec nos contrats signés, mais un client honnête, pas du tout !

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  4. #7 par Josélito Tirados (@JoselitoTirados) le 25 novembre 2014 - 10:43

    Bonjour Isabelle,

    La confiance est une chose fragile, précieuse, qui nécessite du temps.
    Par conséquent en début de relation commerciale, la confiance est une chose qui se manipule avec précaution.

    Pour part, voici comment je raisonne en terme de relation commerciale.

    « Je vais vous apporter des tas de clients si vous me faites une remise », « Bon là c’est une petite mission mais j’ai des gros trucs qui arrivent… ».

    Ma réponse est « Génial ! Super ! Apprenons à nous connaitre en chemin. Donc pour l’heure votre projet c’est ça ? Ok et bien mon tarif c’est ça. »

    Donnant, donnant : Si tu veux que je te donne un truc, donne moi autre chose en échange.

    J’accord une remise de x % si le client me paye intégralement avant le début de la mission.
    J’accord du temps si le client me donne des garantie ECRITE quant au cadrage de la mission.

    Dans votre cas, le deal est simple. Ok pour telle remise mais cette dernière intervient dans 6 mois en fin de mission.

    En terme deux règles simples. Je ne donne aucun tarif au téléphone, ni par mail sans avoir une idée précise du besoin du client. Bref, je ne suis un service de laverie automatique avec des couts fixe, je suis un fabricant de valeur donc avant d’annoncer un tarif j’ai besoin d’avoir une idée de la valeur que je vais dégager chez ce client. Ceci ne signifie pas que je facture à la tête du client mais au profil de la mission.

    Règles numéro 2 (la plus importante de toute) : Le dernier qui parle à gagné. Avant de donner mon tarif, je demande le budget du client. Une fourchette large me convient mais je ne lâche rien sur ce point.

    Un pro en b2b n’a aucun problème à annoncer un budget. Sinon méfiance.

    En tout cas merci de partager cette (mes)aventure avec nous sans rougir. Il n’est pas toujours évident de raconter ses déboires. C’est pourtant un excellent moyen d’aider les autres à ne pas se faire avoir.

    Belle journée à vous.

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    • #8 par Isabelle Prigent le 25 novembre 2014 - 18:47

      Bravo Joselito d’être capable « d’extorquer » un budget. Pour ma part, j’ai cette info exceptionnellement.
      Quant à donner mes tarifs, il y a des sujets sur lesquels je peux donner des chiffres d’emblée, par ex. les relations presse, j’ai un tarif/jour que je module en fonction des besoins (avec options c’est plus cher) et idem pour le rédactionnel. Là-dessus, il y a des tarifs présentés sur le web et mes clients les connaissent souvent. A moi donc de décider, en fonction de l’intérêt de projet, si je propose un tarif dans la moyenne, plus bas ou plus haut !

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  5. #9 par Marthe le 25 novembre 2014 - 11:10

    Bonjour Isabelle, Pour ma part je pratique aussi le dégressif avec un client mais c’est en fonction du nombre d’heures effectuées par mois qui s’adapte donc en fonction des demandes du client. Un prix pour 0 à 5h un autre de 5 à 10 et un dernier pour plus de 10h. Cela fait bientôt 1 an qu’on fonctionne comme cela et tout le monde s’y retrouve car c’est très souple. Bonne journée !

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    • #10 par Isabelle Prigent le 25 novembre 2014 - 18:48

      Merci Marthe. Oui, bien sûr, je fonctionne aussi en heures le cas échéant ;-). Mais parfois j’aimerais que ce soit en mois, pourquoi pas ?!

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  6. #11 par harmonycom le 25 novembre 2014 - 11:17

    Pareil : du dégressif. Mais c’est vrai que la confiance, hum… Beaucoup de déceptions, et avec la situation économique ca ne s’arrange pas je trouve.
    La je viens de refuser ce qui aurait enfin pu me faire un fixe mensuel en rédaction commerciale, car il aurait fallu travailler pour des sites que je ne peux pas cautionner, hyper marketés et limite d’un point de vue légal.
    Confiance et conscience… Dur 😉

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    • #12 par Isabelle Prigent le 25 novembre 2014 - 18:50

      Tu n’as rien à regretter : c’est une de nos chances, à nous freelances, de pouvoir travailler en restant toujours en accord avec nos valeurs et nos convictions. C’est essentiel, il ne faut pas transiger avec cela !
      Et comme le dit le dicton, « un de perdu, dix de retrouvé », tu vas voir d’autres projets plus intéressants arriver très vite 😉

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  7. #13 par Nicolas le 26 novembre 2014 - 08:49

    Bonjour Isabelle
    Je n’ai pas eu encore à appliquer de tarif dégressif, ceci dit aucun client ne m’a demandé formellement de « remise ». Je suis sur l’idée d’un tarif « juste » qui se base sur des tarifs / jour qui ne varient pratiquement pas (juste un peu à la hausse si le projet ne m’intéresse pas trop 🙂 ). Donc tout le problème est plutôt de déterminer le nombre de jours nécessaires par compétence pour répondre aux besoins du client.
    Donc, le gros problème, c’est bien pour moi les missions mal bordées et les changement d’objectifs en cours de route. Et les fois où j’ai sous-estimé le temps de travail, bien sûr !…

    Et merci de partager tout cela avec nous !

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  8. #14 par Jérôme le 23 janvier 2015 - 21:51

    Le pire : quand un prospect demande un « ordre de prix » sans aucune information ou matière exploitable ou analysable… Quand on me demande aimablement quelque chose, j’ai du mal à résister : je « craque » presque à chaque fois malgré les coups de fouet que je m’inflige pour me corriger ! Mea culpa…

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    • #15 par Isabelle Prigent le 26 janvier 2015 - 13:03

      Ca me fait plaisir de constater que je ne suis pas toute seule ;-)… mais bon, ce n’est pas une raison pour répéter les mêmes erreurs, n’est-ce pas ??

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  9. #16 par Jérôme le 26 janvier 2015 - 20:03

    😉 on y travaille, on y travaille…

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