Je fais ça, ça et ça… et j’ai x enfants

C’était il y a près de trois ans. Je rencontre un prospect, auquel j’ai été recommandée, et son associée. Ils me demandent de me présenter et je m’exécute en trois minutes, parce  que je suis désormais rompue à l’exercice de l’elevator’s pitch (encore que, en trois minutes, on doit parler d’un ascenseur qui se serait arrêté à chaque étage d’une très haute tour :-)) et ils se présentent à leur tour, tout aussi rapidement, mais en terminant l’un et l’autre par « et j’ai 2 (pour l’une et 4 pour l’autre) enfants« .

Cette mention m’a étonnée et je leur en ai fait la remarque. Ils m’ont répondu quelque chose comme « les personnes que nous sommes professionnellement se nourrissent de ce que nous sommes en tant que parents« .

Euh… Pendant longtemps, il fut plus que conseillé de séparer vie professionnelle et personnelle. On dit aujourd’hui qu’avec les réseaux sociaux on n’a plus de vie privée et que pour beaucoup (suivez mon regard !) c’est un problème. Je constate néanmoins que sur Twitter, beaucoup de gens (et d’ailleurs la patronne de Twitter France le fait) disent dans leur bio combien ils ont d’enfants… même s’ils ne parlent jamais d’eux dans leurs tweets.
OK. On pourrait aussi parler de sa femme, de son mari, de ses ex (et futurs ?), de l’excellente éducation que nous ont donnée nos parents, qui constitue aussi ce que nous sommes professionnellement ? J’y ai réfléchi longtemps (non, pas pendant trois ans, je vous rassure), mais je pense qu’on ne doit raconter sa vie que si cela vient illustrer un  propos, sinon, c’est juste du blabla, voire (et ce n’était pas le cas pour mes clients, cependant !) un début de manipulation.  On est tellement « humain » que l’on s’attendrit même au bureau et sur les réseaux sociaux, en évoquant sa progéniture. A mon avis, mieux vaut passer du temps avec que d’en parler !

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  1. #1 par C.Cassabois le 13 février 2014 - 12:42

    C’est une habitude dans les entreprises américaines. Les européens passés par la culture américaine ont souvent intégré cela.

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    • #2 par Isabelle Prigent le 17 février 2014 - 16:51

      Merci pour l’info, je ne le savais pas… Si ceux qui font cela « imitent les Américains » sans même se poser de question, je trouve que c’est encore pire 😉

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  2. #3 par Géraldine Clatot le 13 février 2014 - 12:51

    Bonjour Isabelle. Juste pour vous dire que je partage totalement votre point de vue 🙂 « Faire » pluôt que « dire », c’est une vraie philosophie de vie…

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  3. #5 par laurenceperchet le 14 février 2014 - 13:32

    bonjour Isabelle,
    ce que tu dénonces en quelque sorte, est très juste. Imagine en plus, pour des personnes qui n’ont pas d’enfants, comme moi, on peut avoir l’impression de passer pour la dernière roue du carrosse… Je pourrais aussi rétorquer que cela fait plusieurs années que je m’occupe de ma mère devenue une personne dépendante, par exemple, ce qui représente un vrai job, comme celui d’élever un enfant ! Non, il faut savoir raison garder, évidemment !

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    • #6 par Isabelle Prigent le 17 février 2014 - 17:02

      Hello Laurence,
      Je ressens comme toi le fait que de parler de ses enfants lors d’un premier RDV pro veut dire « et je ne fais pas que ça dans la vie », donc je trouverais parfaitement justifié que dans ce cas de figure tu répondes que tu t’occupes de ta maman… mais à mon avis, ça en « boucherait un coin » à tes interlocuteurs 😉

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  4. #7 par wolff le 5 avril 2014 - 02:06

    haha! c’est extra-ordinaire! répondre à « l’exercice de l’elevator’s pitch » (je découvre l’expression 🙂
    que l’on a x enfants est assez drole, comme une réussite (alors que c’est plus naturel que recueillir sa mère à la maison..)
    Travail FAMILLE (patrie?) comme speech d’entrée: américain typique ou franchement culturellement zarbi…
    à la limite, s’il s’agissait d’un projet couche-culottes, petits pots, ou jeu, je comprends…

    Sinon, moi j’ai pris cette habitude de me présenter ainsi:
    – mon nom, prénom, métier, et vous? ( serrage de mains ) qui êtes vous?
    – (ils me répondent)
    – ok, donc moi, mes principales missions sont (…)

    ainsi, je répond déjà à certaines de leurs attentes, et j’évite les doutes …

    Non 🙂 ce n’est pas de la manipulation, mais dans mon métier (Designer depuis 4 ans), je cherche à rassurer sur mes compétences et j’ai fabriqué plein de petits tips… qui marchent bien quand on a peu de charisme, d’aplomb naturel….

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    • #8 par Isabelle Prigent le 15 avril 2014 - 11:00

      En fait, quand on est freelance, il est recommandé (par de nombreux spécialistes qui ne méritent pas forcément d’être cités !) d’utiliser la technique de l’elevator’s pitch en toutes circonstances : à un dîner entre amis, devant l’école de vos enfants, au mariage de votre cousine… C’est la même technique que la pêche au casier, on en pose un peu partout et de temps en temps, quand on vient les relever, on trouve des crustacés, plus ou moins gros 😉
      Dans le contexte de l’entreprise, je trouve ta technique parfaitement au point !

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