La vie quotidienne, une suite de réflexes pavloviens ?

Bah oui, mon déménagement m’amène à me poser des questions existentielles 😉

C’est la première fois que je déménage dans un endroit où je ne connais personne et où je n’ai donc aucun repère. Et je mesure chaque jour à quel point les petites choses de la vie peuvent devenir compliquées quand on n’a personne à côté pour nous aider à faire « nos premiers pas » quelque part. Je me dis aussi, dans mes grands moments d’énervement, que j’ai peut-être eu toute ma vie, jusqu’à aujourd’hui, un comportement d’assistée ? 😉
Quelques exemples très banals de choses qui ne sont jamais graves, mais tout au moins sont agaçantes et/ou font perdre du temps :

Prendre le métro : à Marseille, il fonctionne avec des cartes magnétiques, que ce soit pour 1 voyage ou pour 10. Mais dans la borne il y a quand même la possibilité de passer une carte, donc j’ai essayé d’abord par là, mais ça ne marchait pas. J’ai tourné ma carte dans tous les sens avant de comprendre. Bref, je me suis sentie idiote de ne pas saisir spontanément comment ça fonctionnait.  Je ne sais pas non plus si c’est payant pour les enfants – si j’ai bien compris, il y a un tarif réduit pour les enfants en-dessous de 6 ans. Mais c’est avec un système de carte que je ne retrouve pas à ma station. Et il n’y a pas de cabine avec quelqu’un pour répondre à nos questions. Il faudrait que j’aille poser la question exprès dans une plus grande station…

Trouver un médecin généraliste : j’ai demandé à ma voisine. On ne peut pas le choisir au hasard. Enfin je crois. Je lui demanderai aussi pour un dentiste, un coiffeur, un kiné… quand la question se posera !

Comprendre le fonctionnement de l’école : quand dans l’emploi du temps de votre enfant il est indiqué « sport » il faut que l’enfant vienne en tenue de sport. Pas qu’il la mette dans son sac à dos, sinon vous aurez dans le cahier une remarque du genre « il n’est pas possible de faire du sport sans tenue adéquate« . Pour la cantine, vous devez chaque jour inscrire votre enfant, parce que si vous ne le faites pas, il est considéré comme absent. OK, tout cela est lié au fonctionnement de chaque école, mais ajouté à tout le reste, ça fait encore des réflexes à acquérir !

Acheter un album Pokemon : le marchand de journaux du bas de la rue ne sait pas ce que c’est. La FNAC n’en vend pas. Le marchand de journaux de Centre Bourse n’en a plus. Le kiosquier d’en face ne vend que des cartes Pokemon. Je l’achète où, l’album ? Avant, j’avais toujours une copine « de sortie d’école » qui pouvait me renseigner… Il faudrait peut-être que je pose la question dans le cahier de liaison de l’école ? 😉

Embrasser quelqu’un : vous avez remarqué qu’à Paris on tend la joue droite ? Je ne m’en étais jamais rendu compte, mais je constate qu’à Marseille on tend la joue gauche. Ca peut créer des situations embarrassantes 🙂

La liste est longue, parce que je pourrais ajouter aussi « comment se repérer au supermarché », « comment prendre le bus » (je n’ai pas encore essayé), « comment identifier les bonnes activités extra-scolaires pour vos enfants » (j’ai cherché via le site de mairie d’arrondissement ce qui était autour de chez moi), etc, etc.
Bien entendu, j’évoquerai ici les problématiques liées au déménagement de mon activité… quand tout cela sera opérationnel du côté des impôts, de l’URSSAF, du RSI… Pour l’instant, La Poste a compris mon changement d’adresse, c’est un bon début 😉

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  1. #1 par Céline le 4 octobre 2013 - 07:47

    Ils sont bizarres ces Marseillais 😉

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    • #2 par Isabelle Prigent le 4 octobre 2013 - 08:22

      Sans doute pas plus que les Bretons ou les Parisiens… quand on les connaît. Après avoir vécu 22 en Bretagne et 17 à Paris j’ai les décodeurs. J’espère juste qu’ici il ne me faudra pas trop longtemps pour comprendre les us et coutumes 😉

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  2. #3 par laurenceperchet le 4 octobre 2013 - 09:41

    Bonjour Isabelle,
    Personnellement ce qui m’a le plus déstabilisé, quand je suis arrivée en Touraine, ce sont les amplitudes horaires d’ouverture des structures de services en général, privées ou publiques, qui sont complètement différentes de Lille ou Paris. A 16H55, à la Poste, au Trésor Public, à la CCI, la banque, à l’accueil même de la maison de retraite de ma mère (qui est un établissement privé), on a la veste sur le dos pour vous faire comprendre que le service est terminé, et à 16H30, quand vous appelez, il n’y a déjà plus personne pour vous répondre… Les gens commencent tôt, à 8H, mais terminent tôt aussi ! Les bouchons de circulation automobile commencent à 16H30 (un truc impensable en métropole lilloise par exemple !). Il y a deux ans, je loupais systématiquement les heures d’ouverture de La Poste en me pointant à 17H30, là où La Poste ferme à 21H dans certains arrondissements de Paris, ou à 20H à Lille et même dans certaines villes limitrophes (Roubaix par exemple). Les portes étaient closes depuis plus d’une demi heure. Je n’ai pas encore pris le bus ici, ni même le tramway qui vient d’être inauguré fin août après 3 ans de travaux qui ont mis la métropole tourangelle sans dessus dessous… C’est soit la voiture, soit la marche pour moi, et en plus, c’est bon pour la santé. J’avoue que circuler ici en voiture est beaucoup plus facile que dans les grandes métropoles ou à Paris. On ne peut pas tout avoir !

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    • #4 par Isabelle Prigent le 6 novembre 2013 - 08:48

      Bonjour Laurence,

      Ici pas de problème du côté des horaires. Marseille est la deuxième plus grande ville de France 😉 Cela dit, si il y a quand même un truc étrange : les garderies des écoles ferment à 17h30… Cela ne semble pas poser de gros problèmes, parce que… peu d’enfants y vont ! Comment font les parents marseillais pour quitter leur boulot à 16h30 ou 17h30 ? Je me pose encore la question !

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  3. #5 par ceciletrompette le 8 octobre 2013 - 04:39

    Bonjour Isabelle,
    Comme je vous comprends. À mon retour en France, j’avais l’impression d’être une étrangère dans mon propre pays (les déménagements à l’étranger m’avaient semblé moins déroutants – certainement parce que nous étions « assistés », mais aussi parce nous nous étions préparés à un choc « culturel »). Je ne m’inquiète pas quant à votre capacité d’adaptation – qui grandit à force d’expérience (Bretagne, Paris, Marseille).
    Pour s’en sortir il faut à nouveau tisser des liens : on peut certes découvrir un pays/une ville par soi-même, mais avec quelques « guides locaux » l’immersion est plus rapide et le « mal du pays » en sera atténué.
    Cette situation de changement est une expérience très enrichissante – même si elle est très déroutante, j’avoue être passée par des hauts et des bas – et elle démontre notre capacité d’adaptation. Je lancerais même un hourra « girl power » : si c’est Monsieur qui donne l’impulsion du changement par sa mutation professionnelle, c’est sur Madame que repose la réussite de ce changement. À elle d’explorer le nouveau monde, un Nouveau Monde bien plus vaste que le nouveau bureau, la nouvelle entreprise, le nouveau job de Monsieur. L’expatriation -même dans son propre pays – est bien une affaire de famille.
    Continuez votre rapport d’étonnement, en le relisant dans 6 mois, un an, vous verrez les étapes franchies… et vous en rirez – ou vous demanderez à retourner dans la grisaille parisienne 🙂

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    • #6 par Isabelle Prigent le 6 novembre 2013 - 08:52

      Désolée de ma réponse tardive, mais un grand merci Céline pour ce commentaire plein de sagesse. En effet, déménager dans son pays me semble très déroutant parce que l’on n’anticipe pas un énorme changement. Qui est pourtant réel !
      J’ai de la chance d’être arrivée dans une très belle ville ensoleillée (j’ai profité des vacances scolaires pour l’arpenter avec enfants, famille et amis en visite), mais côté boulot, il subsiste un grand point d’interrogation. Les réponses viendront au fil du temps, en effet !

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  4. #7 par Mag à l'eau le 12 octobre 2013 - 19:26

    Quand on s’installe quelque part avec un enfant scolarisé, il me semble que l’on a sous la main une mine de renseignements avec les autres parents d’élèves.
    Mais le coup de la cantoche, alors là, peuchère…

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    • #8 par Isabelle Prigent le 6 novembre 2013 - 08:56

      Je suis même devenue déléguée des parents dans les écoles de mes deux enfants, c’est dire si je suis motivée pour l’échange de renseignements 😉
      Concernant la cantine, j’ai tout simplement confié à la maîtresse mon incapacité totale à cocher tous les matins la fiche de présence à la cantine de ma fille (je ne suis pas suffisamment réveillée quand je l’emmène ;-)) tout en lui confirmant qu’elle serait là tous les jours, sauf information contraire de ma part (si elle est malade, je pense à appeler !). Elle a donc demandé à la dame de la cantine de la compter présente systématiquement. Tout s’arrange !

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  5. #9 par Céline (Com&Greenwashing) le 15 octobre 2013 - 08:53

    Le coup de la bise ratée… j’ai découvert cette différence de joue tendue à Bordeaux, où la joue se tend du même côté qu’à Paris… 8 an après faire la bise est toujours un problème pour moi. J’ai bien essayé de m’adapter mais quand je reviens dans ma patrie il faut de nouveau changer… vive le hug!

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    • #10 par Isabelle Prigent le 6 novembre 2013 - 08:59

      héhé… J’ai depuis remarqué la capacité d’adaptation de certains Marseillais, qui tendent d’office la joue droite quand ils savent qu’ils ont affaire à une ex-Parisienne. Cela crée le même quiproquo, puisque je me concentre en permanence sur « joue gauche, joue gauche »… 🙂

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