La formation, nouvelle option contre le chômage ?

Entendu ce matin à la radio « le marché de l’emploi français est trop figé », « 1/3 des Danois changent d’emploi chaque année », « pour ne pas se retrouver sur le carreau à 50 ans, voire 40 ans, il faut se former »… Ah bon ?

Cette année, j’ai ajouté une nouvelle corde à mon arc : j’ai donné différentes formations au sein d’un organisme spécialisé (encore merci Solange de m’avoir convaincue de sauter le pas ;-)). J’ai découvert que ceux qui se forment sont rarement les moins employables : le plus souvent, ils travaillent dans de grosses entreprises, ont détecté d’eux-mêmes un besoin et ont demandé à leur responsable formation de suivre un stage.

Ils travaillent pour la plupart depuis plusieurs années dans la même société, ont déjà bénéficié d’évolutions, et continuent d’envisager l’avenir avec optimisme, car les perspectives de mobilité interne sont réelles.
Bref, à mon sens, le « client-type » de la formation en France n’est pas menacé de chômage à courte ou moyenne échéance.

Par ailleurs, la formation continue telle qu’elle est proposée aujourd’hui chez nous (c’est à dire, des stages de 1 journée à 1 semaine au sein d’un organisme spécialisé, ou la reprise d’études via un cursus étudiant « classique ») ne permet pas à mon sens d’améliorer son employabilité.

Lors d’une formation de deux jours (le format de celles que j’ai animées), on parcourt les bases, on travaille sur des exemples appliqués à son entreprise, on envisage de nouvelles pistes de réflexion, et si on est motivé, on s’achète les quelques bouquins indispensables cités pour continuer à travailler seul ensuite. Mais on ne peut en aucun cas, via ce type de formation, devenir un spécialiste du domaine !
Quand on choisit de retourner sur les bancs de la fac, comme l’a fait une de mes amies ces 5 dernières années – après avoir travaillé une quinzaine d’années, on en sort parfaitement formé du point de vue théorique, mais face à un employeur, on est un débutant, et même pire, un « débutant vieux », c’est à dire peu malléable et exigeant quant à sa rétribution !

Bon, il va peut-être falloir passer par une réforme de la formation ? Franchement, je pense que cela aurait du sens si toute la population active se formait réellement en permanence, c’est à dire via au moins deux semaines de cours par an, plus un travail personnel continu, avec des évaluations trimestrielles par exemple.

Je rêve ? Evidemment ! 😉

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  1. #1 par Laurence Perchet le 20 décembre 2012 - 12:10

    Bonjour Isabelle,
    ton article qui fait le tour de la question, mériterait d’être envoyé en format 4X3 à nos gouvernants ! Mais la formation n’est pas forcément le problème majeure, de mon point de vue.
    Comme nouvelle « demandeuse d’emploi », puisque je recherche maintenant un job salarié, je pense qu’il serait salutaire, pour les entreprises ou les employeurs et les demandeurs d’emploi, que les premiers fassent preuve d’un peu d’imagination ou de souplesse vis à vis des seconds.
    En effet, le marché de l’emploi est d’une rigidité absolument effrayante, j’ai dû déjà le dire, malheureusement… Il faut entrer dans des cases bien définies, sous peine de se voir refouler pour un « cil » de travers ! Et ce n’est pas forcément une question de formation. On se demande parfois quels sont les élus, si élus il y a, pour les postes à pourvoir… C’est un constat que nous faisons entre demandeurs d’emploi, avec expérience (peu importe cette expérience), je précise.
    Je ne sais pas où nous allons, mais nous y allons mal !

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  2. #2 par Céline le 20 décembre 2012 - 12:43

    Je trouve que pour les indépendants, la formation est un devoir: elle montre que le professionnel s’intéresse réellement à son secteur, elle permet de mettre à jour ses connaissance et témoigne de son implication. Personnellement, je ne considère pas avoir atteint l’apogée de mes connaissances à la fin de mon diplôme, mais au contraire je prends beaucoup de temps pour me former depuis que je travaille parce que j’y trouve de nouvelles connaissances, de nouvelles compétences, des idées, de l’inspiration et en plus, un réseau!

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    • #3 par Laurence Perchet le 20 décembre 2012 - 14:07

      Tu as raison Céline. Dans nos métiers, il faut se former continuellement, et c’est d’ailleurs aussi, une garantie de notre professionnalisme. J’ai suivi autant de stages professionnels comme indépendante que comme salariée. Avec un stage par an – et c’était à chaque fois à ma charge (contrairement au statut de salarié) – soit 10 en dix ans !

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  3. #4 par Logiciel Formaltis le 19 août 2013 - 18:17

    Bonjour,
    Un article presque visionnaire, puisque effectivement une réforme de la formation professionnelle est désormais prévue, et qu’elle vise avant tout les publics les plus fragiles en matière de recherche d’emploi. En général, le demandeur d’emploi n’est plus salarié au moment de sa recherche de formation, même s’il peut bénéficier de ses droits à la formation obtenus chez son précédent employeur. Ce sont alors des organismes comme l’Afpa qui proposent généralement des formations diplômantes, sur un an. Le système actuel, qui permet déjà de former de nombreuses personnes, devrait être assoupli afin que le dispositif servent encore plus aux publics les plus défavorisés.

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