Non, merci, je ne travaillerai pas sur ce projet…

Nous nous sommes rencontrés deux ou trois fois, il y a deux ans. Je lui avais expliqué mon boulot en quelques mots et il m’avait tendu sa carte, ajoutant sur un ton entendu « un jour, nous bosserons ensemble« .
Mmmm… Disons que j’avais oublié cette alléchante promesse (et heureusement, parce que si je me contentais d’attendre la réalisation de toutes les « futurs projets » qui me sont présentés, je serais plutôt désoeuvrée en ce moment !).
Et pourtant, ce matin-là, il m’a appelée, tout content mais s’excusant quand même d’avoir mis si longtemps (ah oui, c’est vrai, j’attendais depuis deux ans ! ;-)) « alors, voilà ce qu' »on » va faire pour mon client, blablabla, combien ça coûterait ? Je lui ai promis un prix ce matin« .
« Euh, c’est difficile avec si peu d’infos de te dire si je peux m’engager sur ce projet, alors te donner un prix, cela me semble impossible« .
Il a repris sa respiration (tiens, j’ai eu l’impression que je commençais à l’agacer, là) « en fait, il s’agit de faire ça, ça et ça – enfin, c’est ce que le client veut obtenir, quoi – et puis de toute façon, c’est ton métier, pas le mien, alors je ne peux pas vraiment être plus précis ! » « bon, je comprends mieux… Cela ne me semble pas possible d’obtenir ces résultats rapidement, je peux l’expliquer à ton client. Peut-on aller le voir ensemble ? » « ah ben non, je l’ai vu hier, j’ai dit que j’allais lui donner un prix aujourd’hui » « dans ce cas, je préfère ne pas m’engager sur ce projet… » « Mais si, donne-moi juste un prix, on verra ensuite » « non, je ne te donnerai pas de prix, je ne veux pas faire ce projet, je sais que si on vise ces résultats, on va dans le mur » « ah bon, et je fais comment, moi, maintenant ? Je lui dis quoi à mon client ??? »
Je lui ai donné quelques conseils « pour son client ». Il ne m’a bien entendu pas remerciée, et a raccroché plutôt furieux, puisque je me suis permis de refuser le projet de l’année.
…J’espère qu’il a perdu mon numéro !

Publicités
  1. #1 par florenceramette le 13 septembre 2012 - 07:36

    Ouah !! Pas mal !

    J'aime

  2. #3 par M le 13 septembre 2012 - 08:25

    Petite remarque sur la présentation : ce serait plus facile de lire le dialogue s’il y avait des retours à la ligne 😉

    J'aime

  3. #5 par rthomas le 15 septembre 2012 - 06:06

    Dans ces situations je donne un prix stratosphérique. Le pire c’est qu’une fois j’ai eu l’accord pour ce prix. Projet pas terrible mais au moins très bien payé!

    J'aime

    • #6 par Isabelle Prigent le 17 septembre 2012 - 13:05

      Pourquoi pas ? Là, pour moi, c’était juste hors de question, parce que j’avais déjà fait ce genre de projet, que ça n’avait pas marché et qu’il était hors de question que recommence sur les mêmes bases… Mais j’ai vraiment eu du mal à me faire comprendre du client !

      J'aime

  4. #7 par Sandra Perez le 17 septembre 2012 - 11:12

    On a tous eu ce type d’expérience je pense. Il m’est aussi arrivé de refuser une mission qui aurait pourtant été très bien payée, parce que le client potentiel avait également des attentes irréalistes, soigneusement entretenues par d’autres personnes moins scrupuleuses qui se servaient au passage…
    Je ne fonctionne pas comme ça : soit je sais que je vais aider le client et qu’il va être satisfait, soit je ne prends pas le job !
    Il faut dire que dans notre domaine (je suis spécialisée TPE), on nous demande parfois l’impossible, comme communiquer sur une offre mal construite qu’il faut d’abord revoir (et certains ne veulent pas), ou qui n’a tout simplement aucun avenir. Toute communication, même d’excellente qualité, est alors vouée à l’échec. Ou en tous cas, elle ne sera pas rentable ou n’aura pas les effets escomptés, donc on va en effet dans le mur avec le client dans ce cas. Je passe aussi, on n’est pas magiciennes ;o)
    Enfin merci pour l’article et bonne semaine 🙂

    J'aime

    • #8 par Isabelle Prigent le 17 septembre 2012 - 13:12

      Merci Sandra !
      Idem pour moi, je refuse les projets que je sais voués à l’échec… Mais on a parfois l’impression que c’est incompréhensible/inaudible pour nos interlocuteurs. Un freelance est une sorte d’esclave qui se doit de tout accepter et tenter, même l’impossible ? La semaine dernière, un copain freelance m’a raconté qu’un de ses futurs-ex clients s’était offusqué de son refus de commencer son projet immédiatement : la mission devait débuter en janvier dernier, avait été repoussée plusieurs fois, et début septembre le client l’a rappelé la bouche en coeur « tu commences demain ! » « Ah désolé, je ne peux pas avant décembre, je n’ai plus le temps » « Comment ??!!!! »

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :