« Je ne comprends rien à votre jargon »

C’est ce que j’ai parfois envie de dire à des gens qui me présentent leurs projets en me parlant chinois.

Un fabricant de pièces de moteur pour 33 tonnes qui a besoin d’une plaquette n’est quand même pas obligé de me faire un cours complet de mécanique !… Et pourtant, ils sont nombreux ceux qui tiennent absolument à ce qu’à la fin du rendez-vous on connaisse tout de leur métier : la composition des moteurs, la localisation des usines de pistons et turbines, le nombre de personnes à l’étage et le manque de places à la cantine, la pyramide des âges et les licenciements de 1993, tout cela pour écrire une plaquette – commerciale – de deux pages !

Pourtant, si je me mets dans la peau de la personne qui va recevoir une « communicante » et qui n’y est pas habituée, je comprends mieux : il y a une telle imagerie autour du consultant qui vous assomme avec des concepts, de la cible et des contraintes et du « attention, ce que vous dites là, c’est déceptif » qu’on peut se sentir obligé, pour être « à la hauteur » de sortir soi-même ses « mots du dimanche » 🙂

Du coup, quand quelqu’un me dit « je comprends très bien ce que vous dites », cela me fait plaisir, mais parfois, j’ai l’impression que mon interlocuteur est presque déçu !

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  1. #1 par ccjourn le 24 mars 2011 - 09:13

    Récemment j’ai eu la même problématique que toi pour un article sur des LEDs. Le responsable de la boutique m’explique ce qu’il fait, je lui pose des questions et écris le papier. Deux jours après l’envoi de mon travail, il revient vers moi en m’expliquant qu’il s’attendait à autre chose, que le texte n’est pas suffisamment complet, etc…

    Là, je l’arrête de suite et lui explique tout le travail de vulgarisation de l’information que j’ai du faire pour être susceptible d’intéresser un large panel de gens. C’est bien après le lancement de la campagne de com’ qu’il a reconnu le travail vulgarisé. Pas tjs évident de capter le jargon respectif de chaque métier et de le rendre suffisamment attrayant pour attirer une nouvelle clientèle. C’est bien un métier ! En l’occurrence, le mien !

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    • #2 par Isabelle Prigent le 25 mars 2011 - 17:17

      En fait les gens ont tellement la tête dans le guidon qu’ils ne réalisent pas que ce qu’ils disent est trop compliqué ou n’a pas d’intérêt. J’ai eu aussi il y a qqes temps le cas d’une cliente qui m’a contactée car son entreprise se lançait dans un truc révolutionnaire… pour elle, mais pour personne d’autre. Il a été très compliqué de lui faire comprendre que ces informations ne pourraient pas intéresser les journalistes et ne feraient jamais l’objet d’un billet 😉

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  2. #3 par Laurence Perchet le 24 mars 2011 - 11:45

    Hello Isabelle,
    de toute façon, il y a deux catégories de discours dans ce type de situation : les discours très techniques, et parfois ou plutôt nébuleux pour nous… et les discours sans fond ponctués de « vous voyez ce que je veux dire ! ».
    Je préfère encore le premier cas. Il est toujours plus facile de tenter de simplifier une pensée technique plutôt que de rédiger un papier avec du vent ! Et ça arrive beaucoup plus souvent qu’on ne croit !

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  3. #4 par Isabelle Prigent le 25 mars 2011 - 17:28

    Tu as raison 🙂 C’est que quand on revient de rendez-vous sans aucune info exploitable, c’est le ponpon !

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