Le profil qui fait peur…

J’ai dans mon entourage une freelance très bien sous tous rapports, avec une réelle expertise dans son domaine, une offre parfaitement marketée et une fiabilité irréprochable.

Et alors que je la recommandais à d’autres personnes, on m’a répondu deux fois « euh, non, pas elle, j’ai regardé son profil Linkedin, elle va me faire concurrence », et une autre fois « non, c’est bon, elle doit déjà suffisamment bien gagner sa vie comme ça, pas envie de lui rajouter du fric dans les poches »…

Je trouve ces réactions incompréhensibles, mais cela me fait m’interroger quand même… Faut-il afficher des faiblesses pour pouvoir travailler avec les autres ? Ou plus précisément, travaille-t-on plus volontiers avec des gens qu’on a envie d’aider ? Qu’en pensez-vous ?

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  1. #1 par SW le 10 mars 2011 - 08:58

    … Pour moi c’est de la jalousie pure, même si j’aime bien privilégier les pros qui démarrent ou qui ont besoin de travailler. Mais quand je fais entrer une « Berline » chez un client, je suis bien contente de voir des sociétés installées continuer de rayonner. C’est aussi un modèle positif pour tout le monde.

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    • #2 par Isabelle Prigent le 15 mars 2011 - 21:01

      Je ne sais pas bien quoi en penser… Je n’ai pas réellement perçu de jalousie, probablement plus d’inquiétude, de la part de personnes ayant peur d’être larguées à côté de quelqu’un de plus compétent, mais pourtant sur un autre métier !

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  2. #3 par Julie le 10 mars 2011 - 09:49

    Je trouve ça étrange comme réaction… surtout si tu la recommandes c’est que tu sais que cette personne est de qualité ! Effectivement il doit y avoir un soupçon de jalousie ou alors on préfère aider les gens qui galèrent, mais ça me parait pas très logique avec la réaction des gens en général dans la vie 🙂

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  3. #5 par Anne de Rozières le 10 mars 2011 - 10:01

    Oui, je suis bien d’accord, je trouve que ça ressemble beaucoup à de la jalousie.
    Et puis, qu’est-ce qui fait dire à ces gens qu’ « elle doit déjà suffisamment bien gagner sa vie comme ça » ? Ils sont allés mettre le nez dans ses comptes ?

    Cela dit – hypothèse…- peut-être y a t-il dans l’attitude de cette freelance quelque chose qui dérange et que les gens n’arrivent pas à formuler, d’où cette animosité…

    Si jamais c’était le cas, cette personne en est-elle consciente ? Et déjà, sait-elle qu’elle provoque ces réactions ?

    Je sais que c’est délicat, mais peut-être que tu devrais lui en parler… Si tu la sens prête à entendre les choses, ça ne peut que lui rendre service !

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    • #6 par Isabelle Prigent le 15 mars 2011 - 21:03

      Je suis d’accord, il faut que j’essaie de lui en parler… mais en même temps, je ne sais pas très bien comment le faire, car je crois qu’elle tombera des nues ! Au final, c’est moi qu’elle prendrait pour une folle, peut-être 😉

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  4. #7 par Nonotte le 10 mars 2011 - 18:16

    Je trouve cela étrange également, en effet on sent la jalousie derrière ce type de réaction.

    Je ne pense pas qu’afficher des faiblesses comme tu le suggères ait un impact positif sur notre entourage. Il me semble au contraire que personne n’a envie de recommander quelqu’un qui se plaint.

    J’ai fait le test d’ailleurs, et j’ai constaté que lorsque l’on affiche une attitude positive, tout le monde est entrainé par l’enthousiasme, tandis que lorsque l’on fait part de difficultés, l’entourage en est tout déstabilisé 😉 Assez marrant à observer.

    Mais soulève peut-être une explication, cette personne a-t-elle une attitude qui ne convient pas, donne-t-elle l’impression de n’avoir besoin de personne, ou en tous cas pas de nouveaux clients ?

    Merci en tous cas à Isabelle de partager encore une fois tes réflexions avec nous 😉

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    • #8 par Isabelle Prigent le 15 mars 2011 - 21:07

      Tu as raison, c’est l’illustration d’un proverbe anglais je crois « quand tu souris, le monde entier sourit avec toi, si tu pleures, tu es tout seul »… Effectivement, de mon côté, j’en suis même arrivée à éluder, surtout en famille, certains soucis passagers, parce que cela prenait tout de suite une ampleur impossible à maîtriser 😉

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  5. #9 par Laurence Perchet le 10 mars 2011 - 18:51

    hello Isabelle,
    en fait en lisant ton papier, je me rappelle une remarque d’un bon client et ami qui expliquait à un responsable d’agence d’événementiels, devant moi, qu’il était inutile de me filer du boulot parce que j’étais overbookée, comme on dit, et que j’avais des sous qui devaient rentrer à profusion sur mon compte !
    J’ai été soufflée sur le coup par les mots de ce client, devant ce responsable d’agence que j’estimais beaucoup et avec qui j’aurais bien volontiers collaboré sur un projet ! Seulement voilà, à l’époque, je déjeunais régulièrement avec ce bon client, et j’avais eu le malheur (!) de me laisser aller à lui dire au cours d’un repas, qu’effectivement, j’avais vraiment beaucoup de travail depuis deux ans et que je me posais la question de savoir si je n’allais pas embaucher. En même temps, je lui explique que, bon, je gagne enfin bien ma vie (mais tout est relatif quand on dit qu’on gagne bien sa vie ! A l’époque je facturais autour de 5000 euros par mois, c’était et c’est toujours, pour moi, un bon montant de facturation pour un indépendant).
    Voilà comment on crée des quiproquos. Depuis, j’aurais plutôt tendance à me plaindre, dans l’autre sens, ou à ne rien dire du tout !
    Les facturations des freelance, c’est comme la vie de couple, on ne sait jamais vraiment ce qui se passe, et quelque part, c’est mieux. Mais les autres inventent.
    Si tu vas bien, on peut ne pas venir te chercher en pensant que tu n’as pas besoin d’argent ou que ça ne vaut pas la peine qu’on regarde notre projet. Alors que je pense que, fondamentalement, un indépendant est fragile financièrement, puisqu’il n’a aucune rentrée d’argent fiable et fixe.
    Si tu vas mal, ou que tu affiches des faiblesses, on risque de te regarder de travers, comme le dit Nonotte.
    Bref, pas facile hein ? Après 10 ans d’indépendance, je n’ai pas la réponse à ta question…

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    • #10 par Isabelle Prigent le 15 mars 2011 - 21:11

      En fait, c’est facile en tant que salarié de faire des raccourcis : overbooké = plein de fric ! Si c’était aussi simple…
      Peut-être que la solution est toujours de rester neutre « mes affaires vont bien en ce moment, merci, parlons de votre projet, maintenant »… mais surtout ne jamais confier qu’on a trop de boulot, parce que ça ne dure pas toujours en effet !

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  6. #11 par Thierry Goemans le 10 mars 2011 - 22:30

    Très bon post, sur le thème de la perception irrationnelle du prestataire.
    Alors bon, oui, les temps sont durs et on croise des freelances qui rament et d’autres qui sont en plein boom. Il en est des indépendants comme des entreprises : celles qui ont du travail en ont souvent beaucoup, les autres …

    Perso, depuis que mon agenda est régulièrement noirci de choses à faire pour les clients, au point que je doive dire à mes clients de la première heure qu’il auront un délai ou que je ne pourrai pas faire certaines choses, il y a eu deux type de réactions :

    la plus fréquente : Ok concentres-toi sur les prestations ou ta valeur ajoutée et déterminante et aides nous à trouver des solutions ailleurs pour le reste. Super réaction, non ?

    une ou deux fois : « tu finiras par rouler en Jaguar » … « ah ouais, tu est à Maisons-Laffitte, chez les rupins, ça doit rouler pour toi ». etc

    Cette dernière réaction me déçoit car elle est exprimée par des personnes que j’aime vraiment bien et que j’aide de manière récurrente et à un vrai prix d’ami. Mais c’est hélàs la réaction de personnes dont les affaires avancent trop lentement. J’aurais envie de leur répondre par l’exposé des deux ans de gros doute, de déséquilibre et de travail acharné, contre vents et marée. J’aurais envie de leur expliquer aussi que certes, aujourd’hui, j’ai retrouvé des revenus corrects maos que, pour les obtenir, je dois facturer beaucoup d’heures, pour tenir les tarifs quasi ‘sociaux’ qui sont les miens.
    Je m’abstiens parce que, à tout prendre, je préfère faire envie que pitié.

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    • #12 par Isabelle Prigent le 15 mars 2011 - 21:14

      Effectivement, même si les gens dont tu parles sont tes amis, ils sont quand même un peu jaloux… Cela dit, c’est humain ! Depuis que je suis freelance, j’ai des amis proches qui me disent régulièrement « tu as la belle vie, toi », comme si le simple fait de ne plus avoir de chef à qui rendre des comptes assurait une félicité éternelle au travail !

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  7. #13 par 001 212 le 10 mars 2011 - 23:35

    Ah la jalousie…
    J’aurais tendance à dire que le succès appelle le succès, le plus difficile, finalement, étant « d’amorcer la pompe ». J’aurais plus confiance en quelqu’un qui a effectivement du succès que l’inverse. Et puis, la base, c’est tout de même de s’adresser à des professionnels. Si on est soi même professionnel(le), on reconnaît un autre professionnel et on n’en a pas peur, au contraire… Tout cela dénote un certain manque de professionnalisme, justement, et de confiance en soi.

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    • #14 par Isabelle Prigent le 15 mars 2011 - 21:16

      Exactement, j’ai effectivement plus perçu dans ces réponses un manque de confiance en soi, plutôt qu’une réelle jalousie…

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  8. #15 par Solange Hémery-Jauffret le 20 mars 2011 - 23:52

    Ces réflexions ne m’étonnent pas malheureusement. Cela ne met pas en valeur le professionnalisme de ces personnes. Comment une free peut-elle être complétement en concurrrence avec une autre ? Il y a automatiquement des domaines où elle est experte et d’autres où elle est « moins » experte. Cela peut être déjà une opportunité : si elle est vraiment pro, elle connait ses faiblesses et cherche des partenaires pour les combler afin d’offrir des prestations top. En plus, bosser avec une experte dans son domaine, c’est génial pour proposer des meilleurs reco plus pointues, rassurant sur la qualité et le teaming du boulot rendu… franchement, je n’en vois que ces avantages !

    Mais concrètement, j’ai déjà eu en 1 an et demi des « plantages » où des contacts n’ont pas souhaité que nous mettions en place des possibles partenariats. Ils me trouvaient trop « concurrente » de leur activité même si nous avions défini de chaque coté les missions qui nous intéressaient. Je ne le regrette pas du tout. Je n’ai pas cette vision et au premier dossier, cela aurait clashé. J’ai aussi senti qu’ils avaient peur que je prenne le leadership sur les dossiers… Alors que maîtriser son égo et bosser en marque blanche sont pourtant deux piliers de la com 😉

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