Conseils à suivre (ou pas !) pour les freelances

Depuis deux semaines, il y a de gros travaux chez moi. Je partage donc mon lieu de travail avec trois ouvriers du bâtiment aux méthodes… assez personnelles dirons-nous.
Le contrat a été signé il y a deux mois. Nous avons choisi cette entreprise parce que nous avons eu un excellent contact avec le patron, très sympa, qui nous a de plus expliqué qu’il travaillait en famille et ne prenait qu’un seul chantier à la fois (c’est plutôt rare !). Et voici la chronique de leur première semaine chez moi, adaptée « version freelance » 😉

Lundi, ils sont arrivés en bougonnant « pff, ce chantier est inaccessible, c’est vraiment n’importe quoi toutes ces marches, il va y en avoir, de la manutention« … Ils ont râlé toute la journée. Pourtant, ils connaissaient les lieux avant de commencer…
Version freelance : signer la mission en souriant, et ensuite, se montrer en permanence désagréable avec le client. Faire semblant de découvrir le projet, et critiquer systématiquement.

Mardi, ils… ne sont pas venus. « Quelque chose d’important à finir ailleurs, on sera là demain ! ».
Version freelance : tout laisser en plan une journée. Ca leur fait les pieds, aux clients ! C’est la seule façon de leur faire comprendre que sans nous, ils ne peuvent rien faire !

Mercredi, le patron s’est pointé devant moi en vociférant : « c’est n’importe quoi votre architecte, la cheminée ne figure pas sur les plans, alors je fais comment, moi, maintenant ? »
Version freelance : toujours critiquer « les autres » et reporter les fautes. Ce nul qui a rédigé l’appel d’offre, ce débile qui n’a rien compris aux besoins des consommateurs… Montrer que nous sommes la seule personne capable à la fois de comprendre les enjeux du projet et d’y répondre.

Jeudi, ils nous ont annoncé que samedi ils viendraient avec des renforts. Mais il n’avait jamais été question qu’ils viennent le samedi. En plus, nos voisins organisaient une fête dans leur jardin. Ils n’ont rien voulu entendre « vous voulez le finir un jour ce chantier, non ? Hé ben nous, c’est comme ça, on travaille le samedi« .
Version freelance : l’écoute des besoins du client, on s’en fiche ! Il a signé avec nous pour une mission ? On l’exécute ! Et ce n’est pas à lui de nous imposer le rythme, non mais, et puis quoi encore ?

Vendredi, ils sont arrivés tôt, partis tard, et quand je leur ai demandé si ça allait, j’ai eu le droit à un geste de la main au-dessus de la tête, qui signifiait « ras le bol », mais pas un mot.
Version freelance : montrer que c’est difficile, et toujours faire en sorte que le client se sente coupable. Bah oui, il nous tue à la tâche, encore faut-il qu’il en soit conscient ! Alors on le lui fait comprendre… en travaillant d’arrache-pied, et en restant muet.

Samedi, ils étaient six. Mon mari prenait l’avion pour un voyage de boulot d’une semaine. Il leur a expliqué qu’en son absence, ils pouvaient s’adresser à moi, parce que je connais bien le projet. Ils ont ouvert des yeux ronds, puis ont semblé acquiescer. Je ne les ai pas entendus de la journée.
Version freelance : on a un seul client. On écoute l’avis d’une seule personne. Le chef. Celui qu’on a choisi. Les autres, ils sont juste là pour nous embrouiller, alors, qu’ils aillent jouer dans leur coin !

Dimanche, j’étais heureuse d’avoir un jour de repos ! J’en ai profité pour réfléchir à leur comportement et me suis demandée si certaines de leurs techniques pouvaient être adaptées à mon métier. J’en ai rapidement conclu que… je n’avais aucune envie de traiter mes clients de la sorte… Et vous ? 😉

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  1. #1 par annapiot le 14 juin 2010 - 08:55

    Excellente cette vision caricaturale mais parfois si vraie que tu proposes Isabelle. Et pour répondre à ta dernière question, bien sûr que non je n’ai pas ce type de rapport avec mes clients parce que je m’autorise (un peu, beaucoup, passionnément… selon l’actu du moment) le choix et j’en assume la responsabilité y compris dans les contrats qui parfois sont moins « stimulants » que d’autres.

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  2. #2 par Thierry le 14 juin 2010 - 10:44

    Excellente leçon de communication que ce cross-over entre un désordre privé et la vir pro.

    Sinon, bonne cohabitation.

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  3. #3 par laurenceperchet le 14 juin 2010 - 17:50

    C’est vrai que j’aime beaucoup ce parallèle que tu fais Isabelle entre la prestation de ton entreprise de BTP et celle du free-lance.
    Effectivement, pour avoir vécu des travaux chez mes parents, chez moi, dans la maison de campagne, donc une très bonne série, j’avoue que je suis toujours ébahie du laxisme dont font preuve les employés des entreprises du BTP par rapport à la notion de services.
    C’est pour ça que je ne vais emménager dans la nouvelle maison en Touraine qu’une fois les travaux terminés. Parce que vivre dans les travaux et la mauvaise humeur des ouvriers, c’est pas le top !
    bon courage !

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  4. #4 par Valérie Rocheron le 14 juin 2010 - 19:33

    Très drôle, ton post! Moi, j’ai eu droit à l’ouvrier alcoolique qui a vidé les réserves d’apéro, laissé une ardoise de 6000 Frs (à l’époque) de téléphone et en prime, un abandon de chantier avec un trou béant dans le mur! J’ai connu aussi le gars charmant, qui était aussi plombier que moi et dont toutes les installations étaient fuyardes, de l’évier au lave linge en passant par les lavabos…Et je ne te raconte pas les arrivées sur le chantier à pas d’heure,en revanche à midi tapantes, plus personne! Hé oui, c’est l’heure du casse-croûte…

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