Freelance vs entrepreneur ?

Ma réflexion fait suite à des échanges auxquels j’ai assisté la semaine dernière.
Des chefs d’entreprise expliquaient, exemples chiffrés à l’appui, que les « entrepreneurs individuels » leur volent des marchés en cassant les prix.
Je sais bien sûr que cela existe et je trouve toujours dommage que certains indépendants imaginent qu’il faut absolument en passer par là pour obtenir des missions. C’est, je pense, le signe d’un manque d’estime de soi (« je serai choisi parce que je suis moins cher, pas parce que je suis le meilleur »), une méconnaissance des clients (car au final, c’est rarement le moins cher qui est choisi, c’est celui qui propose un prix intermédiaire – mais cette politique contribue quand même à  faire baisser les prix moyens), et surtout, aspect indispensable pour tout indépendant, un manque d’esprit réseau.
Car ce n’est intéressant pour personne que les indépendants se battent contre les agences. Répondre ensemble, ou du moins tenter de monter des partenariats, c’est nettement plus efficace dans la durée.

Je ne veux pas faire ma donneuse de leçons, j’ai trop peu d’expérience pour pouvoir affirmer  que jamais, non jamais, je ne baisserai mes prix pour être sûre de gagner des missions (et pour être tout à fait honnête, il m’est même arrivé de dire à un prospect « je veux ce projet, donc je suis prête à baisser mon tarif » – mais jamais je ne ferai croire que mon vrai prix est l’équivalent du SMIC horaire !) mais cela me gêne de constater qu’un responsable d’agence puisse me voir uniquement comme une concurrente déloyale, et pas comme une partenaire efficace… 

Comme d’habitude, j’aimerais savoir ce que vous pensez de cela 😉 Merci par avance de vos commentaires !

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  1. #1 par Pascal le 1 mars 2010 - 08:06

    Bonjour,
    Ce que tu décris entre l’entrepreneur et le freelance existe aussi entre les typologies d’entrepreneurs : entre l’entreprise située sur les Champs Elysées, et une structure ayant les mêmes activités située en Province, il y a aussi concurrence.

    Car dans la composante du prix, il n’y a pas que le salaire, mais aussi l’amortissement des frais fixes dont les loyers et les salaires des fonctionnels (DRH/DIRCOM/DIRFI).

    Que cette concurrence soit déloyale ou non, n’est qu’une question de mots. Chacun défend son organisation et adapte ses prix en fonction de ses objectifs. Mais penser que les entreprises puissent faire appel à des freelances, cela ne me semble possible que dans deux cas : soit le freelance a une spécificité très pointue et alors il y a collaboration possible, soit le client final veut squeezer les entreprises classiques d’un secteur et passera par un freelance justement par ce qu’il est moins onéreux (cas d’un graphiste par exemple).

    Pascal

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  2. #2 par Céline le 1 mars 2010 - 08:13

    L’entrepreneur individuel ne supporte pas non plus les mêmes coûts que le dirigeant d’une PME comprenant une vingtaine de salariés. Son coût de revient étant moindre, il est normal que son tarif soit un peu inférieur.

    A contrario, le freelance ne pourra pas assumer toutes les missions parce que justement il est seul…

    En revanche, il est vrai qu’on a l’impression qu’avec la facilité aujourd’hui de se mettre à son compte certains se lancent sans avoir fait la démarche de réfléchir à leur tarif et à leur coût de revient. Si bien que le seul critère devient le prix le moins cher…

    C’est du moins comme ça que je ressens les choses, notamment dans mon secteur qui est celui des secrétaires indépendantes.

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    • #3 par Pascal le 1 mars 2010 - 11:09

      Bonjour Céline,

      Peux-tu me joindre au 01 777 51 789 car je recherche une secrétaire indépendante qui effectuerait de la relance prospects.

      Merci

      Pascal

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  3. #4 par swcfrance le 1 mars 2010 - 13:18

    Je trouve bizare d’opposer Freelance et entrepreneur.

    Pour moi, une personne Freelance est un entrepreneur. Il a aussi des charges, certaines sont plus élevées qu’une entreprise de 20 salariés.

    Etre le moins cher c’est aussi être le meilleur (en terme financier). C’est bien que certains baissent les prix. Le client peut choisir.

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  4. #5 par isabelleprigent le 1 mars 2010 - 23:28

    Bonsoir, merci de vos commentaires 😉
    @Pascal, oui, cette « concurrence » existe dans différents domaines, mais ce que j’ai ressenti en écoutant cette conversation de la semaine dernière à laquelle je fais référence, c’est que la concurrence des freelances est perçue comme déloyale. Je ne pense pas qu’ils auraient le même point de vue sur un concurrent de province. Quant à faire appel à des freelances, c’est courant pour les agences de communication par exemple (domaine que je connais bien) : cela leur permet de faire face à des pics d’activité ponctuels. Mais ces agences-là ne choisiront pas qqn qui pourrait se positionner comme un « concurrent low cost » sur un appel d’offres.
    @Céline : d’accord avec toi sur toute la ligne ! J’ajouterais que les auto-entrepreneurs qui n’ont pas réfléchi à un coût de revient ne se projettent pas non plus dans l’avenir ! Aujourd’hui leurs charges sont faibles, mais s’ils doivent quitter ce statut, que feront-ils ? On ne peut pas annoncer du jour au lendemain à un client qu’on est passé en SARL et que l’on multiplie donc ses prix par deux !
    @Céline et Pascal : alors,ce projet de mission ? 😉
    @swc : j’ai opposé le freelance à l’entrepreneur parce que dans entrepreneur je vois la personne qui se projette dans la création d’autres emplois que le sien. J’aurais effectivement dû plutôt dire « indépendant vs entrepreneur » qui correspond mieux. Ceux qui baissent les prix, je le répète, sont des gens qui ne se projettent pas. Qui voient juste le gain immédiat du projet. C’est un manque de respect pour soi-même et son travail que de proposer un prix bas et invoquant qu’ainsi « le client peut choisir ».

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  5. #6 par Thierry le 3 mars 2010 - 11:35

    J’ai pour ma part constaté que, aujourd’hui, si la compétence est bien vendue, le statut du vendeur importe peu.
    Certains réussissent en portage, d’autres en auto-entrepeneur ou en société ou entreprise individuelle. J’ai des amis qui font un mix de différents statuts, quand ils sont compatibles entre eux, du moment que c’est leur intérêt. L’opportunisme est de rigueur, chez les freelance comme chez les entrepreneurs, que l’ont soit client ou vendeur. Et l’opportunisme n’est pas forcément en opposition avec la morale, pour peu qu’on soit sûr de ses valeurs.

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  6. #7 par laurence le 9 mars 2010 - 20:42

    Je n’avais pas lu ce papier Isabelle mais je le trouve très intéressant.
    Ce dilemme a toujours été mon cheval de bataille !
    C’est vrai qu’à prestation comparable par exemple la mise en page d’une plaquette, dans le domaine de la communication, un free lance sera forcément moins cher qu’une agence qui emploie des salariés, pour toutes les raisons qu’on connait, qui sont liées aux charges.

    si on y regarde de près, il n’y a pas tant de concurrence que cela, car les modes économiques sont différents. Les prestations équivalentes sont plutôt rares et c’est normal : une structure de 3 personnes par exemple, ne proposera pas les mêmes services et ne produira pas au même rythme ni, même, au même coût qu’une structure composée d’une seule personne.

    donc, je ne pense pas qu’il y ait des marchés volés par les indépendants aux entrepreneurs ou agences. Regardez bien autour de vous, il y a plutôt des clients qui veulent « tout avoir » à un prix déraisonnable ou qui n’est pas un prix de marché, et sont près à aller chercher un indépendant pour cela. Ca c’est la réalité qu’on vit assez régulièrement.

    Ensuite, quand on est seul, qu’il n’y a aucun job qui tombe pendant 15 jours, 3 semaines, un mois… oui, on est tenté de baisser ses prix pour avoir un boulot. C’est dur, surtout en début d’activité, quand on se constitue sa clientèle, de ne pas tomber dans ce travers !

    Enfin, et là je parle d’expérience plusieurs fois vécues et qui m’agace au plus haut point : une agence vient parfois chercher une expertise chez un free lance, expertise qu’elle facture avec une marge déraisonnable au client final (j’ai déjà vu une agence tripler le montant de mes honoraires au client final !!! véridique !!!). une sorte de droit d’entrée, en somme, il n’y a pas d’autres raisons.
    alors, qui vole le travail de l’autre dans ce cas là ? on peut se poser la question, véritablement !

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    • #8 par isabelleprigent le 10 mars 2010 - 23:12

      Oui, je suis d’accord, il y a des abus des deux côtés.
      Cela dit (et je le dis de manière d’autant plus « détendue » que je suis moi-même auto-entrepreneur), certains auto-entrepreneurs cassent le marché parce qu’ils exercent en « deuxième métier » leur passion (on m’a parlé d’un salarié qui fait le DJ à des prix dérisoires « parce que c’est sa passion » – mais il oublie qu’il pique du travail à des gens dont c’est le seul métier…) ou parce qu’ils sont très peu taxés, tout simplement.
      Je l’ai déjà dit ici, ce que je facture est très proche de ce que je gagne en net… mais comme je ne m’imagine pas auto-entrepreneur à vie, je me suis d’emblée projetée vers le jour où je serai taxée à 50 %. Ce qui me permet d’avoir des tarifs similaires à ceux des autres freelances, acceptables pour des agences comme pour des clients entreprises. Stéphanie, par exemple (Blog SW&vous) a choisi de monter son agence, elle a tout de suite pris le statut SARL, et je ne trouve pas cela normal qu’en tant que créatrice d’emploi elle se trouve pénalisée d’un côté par les taxes qui sont nettement plus élevées, et de l’autre, par la concurrence déloyale d’entrepreneurs individuels.
      Mais je suis d’accord Laurence, cela n’a valeur que d’exemple et il y a des dérives partout. C’est vrai aussi qu’agences et freelances sont rarement en concurrence frontale sur les mêmes projets…

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      • #9 par laurence le 11 mars 2010 - 11:33

        Etre payé au bon prix et faire accepter ce prix n’est pas chose facile, mais dépend aussi, et je pense que tu le vois déjà, du client en face de soi !
        j’ai le souvenir, il y a 4 ans, d’une mise en concurrence par un client dans mes prestations de rédactrice avec une jeune femme qui venait juste de s’installer, et un journaliste. j’avais fait mes preuves de mon côté (notamment des dossiers rédactionnels dit « stratégiques » pour la boite), et j’étais forcément 30% plus cher que la personne qui venait de s’installer puisqu’en rythme de croisière, et également que le journaliste (leur rémunération est basée aussi sur une partie salariale, mais ça, il se garde bien de le dire aux entreprises). Mon client me dit  » tu as explosé tes prix ou quoi ? » et je lui réponds : « non, mes prix sont les mêmes depuis 3 ans (!), vérifie les autres factures… c’est toi qui m’a mise en concurrence déloyalement avec des personnes qui n’ont pas le même statut juridique. Si tu avais fait appel à une agence de com, elle aurait été 50% plus chère que moi, et carrément 75% plus chère que le journaliste ! ».
        encore une anecdote…

        Je connais le pb des auto-entrepreneur parce qu’il y en a autour de moi. Il faut tout de suite projeter les charges à 50%, sinon, tu te retrouves dans une situation encore pire que celle du statut libéral avec la régul des charges entre la 3ème et 5ème année : tu dois forcément augmenter tes prix, ou travailler plus (WE, jours fériés, vacances, youpi !!), pour t’en sortir.

        Donc, je crois qu’on en revient quand même au delta client de départ.
        Soit le client accepte de mettre le juste prix, soit il cherche à gagner de l’argent en s’adressant à n’importe qui. J’ai été des deux côtés de la barrière, et je n’étouffais pas les agences ou les indépendants par mes exigences tarifaires quand je distribuais des budgets de com’. mais mon caractère est généreux à la base (un défaut maintenant !). Je ne discute jamais le tarif d’un prestataire quand j’ai besoin de lui (ex: formations sur un logiciel, maintenance de mes ordi etc..).
        En entreprise, on a tendance à acheter une prestation intellectuelle comme un paquet de lessive, je le dis toujours…
        c’est désolant. j’ai un copain dirigeant d’agence qui a écrit un papier sur le sujet, publié dans la presse, je l’ai mis en ligne sur mon blog.

        ce genre de clients est à fuir absolument, inutile de le préciser !

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      • #10 par isabelleprigent le 14 mars 2010 - 22:08

        Je suis d’accord avec toi sur toute la ligne… même si je n’ai pas encore eu l’occasion d’être mise en concurrence dans un contexte similaire à celui que tu cites. De toute façon, même si je n’ai qu’un an d’expérience en tant que freelance, j’ai décidé dès le début de capitaliser sur mon expérience antérieure (non, je ne suis pas une débutante en communication, j’ai 13 ans d’expérience à mon actif) et d’anticiper sur « quand je ne serai plus auto-entrepreneur » pour effectivement ne pas avoir à gonfler mes tarifs sans pouvoir les justifier auprès de mes clients autrement que par mon changement de statut ! Donc mes tarifs sont ceux du marché. Point. Si quelqu’un veut les discuter, très bien, j’accepterai peut-être de faire une remise… si le projet est particulièrement intéressant. J’ai « perdu » une mission à cause de mes tarifs trop élevés, mais justement, elle ne m’intéressait pas. Les choses sont bien faites !!!
        PS : J’ai découvert ton blog grâce à ce commentaire 😉 Très intéressant, je l’ajoute à ma blogroll !

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