Business social ?

En France, nous sommes hypocrites. Ce n’est pas notre faute, c’est une tradition ;-). Nous considérons que l’argent est sale, et que faire la charité, c’est très bien.
Et pourtant, l’économie solidaire, c’est mieux, non ?

La semaine dernière, j’ai assisté à la conférence donnée par Muhammad Yunus (lire l’article de Youphil)  au Grand Rex, où il était invité par Danone Communities. J’ai été la première à trouver incongrue sa présence au côté de Franck Riboud. Et pourtant, si les financiers/ceurs n’existaient pas, le modèle du micro-crédit n’aurait pas pu être développé, et le Prix Nobel de l’Economie n’aurait jamais été décerné au Pr Yunus…

En France, traditionnellement, l’argent est sale, et tout ce que l’on fait de « social », doit être bénévole. Pourquoi ? Je ne vais pas aller chercher des explications alambiquées dans la morale judéo-chrétienne ni dans l’histoire de notre pays, mais c’est un fait et c’est finalement très embêtant. Parce qu’il est très difficile aujourd’hui en France d’être solidaire sans être charitable, durable sans être bénévole.
Les mots de Franck Riboud « bien sûr, les investissements faits au Bengladesh permettent à leur bénéficiaires de gagner de l’argent. Sinon ce serait de la charité, et la charité n’est pas durable » ne sont pas ceux d’un démagogue, mais ceux de quelqu’un de parfaitement sensé…

Quand je vois passer toutes ces annonces d’associations et même d’entreprises impliquées dans le développement durable qui cherchent des bénévoles, je me dis que ce modèle va devoir être revu rapidement, sous peine de rester inefficace et peu crédible.
Qu’en pensez-vous ?


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  1. #1 par citoyenactif le 13 février 2010 - 19:49

    Je suis aller voir soirée génération solidaire : réinventons, entreprenons ! avec pr muhammad yunus ( le groupe Facebook). Même si le débat a été au départ intéressant, l’impression d’assister a un chaud ultra médiatique et préparer. Comment ne pas voir, dans l’implication de Danone avec la société de microcrédit de muhammad yunus, une sorte de Greenwashing.
    Est-ce que le marché (solution technique) peut répondre à des besoins fondamentaux (souveraineté alimentaire, risque sur la biodiversité…)

    A cela se pose les limites de la microfinance, l’exemple de l’agriculture

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    • #2 par isabelleprigent le 22 février 2010 - 09:29

      Bonjour Nicolas,
      Désolée de cette réponse tardive, votre post était resté étrangement bloqué dans les indésirables (à croire que WordPress bloque automatiquement ceux qui me contredisent ;-)).
      Oui, j’ai eu aussi à un moment ce sentiment de malaise. Mais à la réflexion, je me suis dit que c’était lié au fait que tout ce qui touche à l’argent, c’est pas bien, c’est sale, ou tout du moins c’est le message véhiculé par les médias et la société en général. Cela étant, le micro-crédit ne se développerait pas sans argent ! Et même si cela a ses limites, il existe beaucoup d’exemples positifs !
      Concernant l’implication de Danone dans ce domaine, non, je n’appellerais pas cela du greenwashing. Ils investissent de l’argent, ils en parlent… Il ne faudrait pas toujours en avoir honte, quand même !

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