Le monde du travail, l’entreprise, les 35h et la génération Y

Oui, je veux aborder beaucoup de thèmes aujourd’hui, mais tout cela se recoupe très bien, a priori !génération Y
La génération Y, tout d’abord. C’est peut-être aujourd’hui devenu un sujet « tarte à la crème », mais les Y m’intéressent depuis trois ou quatre ans. En fait, depuis que dans mon ancienne société, mes collègues du recrutement ont commencé à dire « ras le bol des petits nouveaux qui calculent le prix de la mutuelle, demandent le montant des tickets restaurant, le pourcentage moyen d’augmentation annuel, etc… avant d’aller comparer avec ce que proposent les concurrents ».

Je me rappelle aussi avoir été choquée il y a quelques années par les propos d’une amie sur-diplômée, qui avait demandé à une chasseuse de tête le nombre de jours de  RTT en vigueur dans la société qui lui proposait un poste de DAF !

Et puis je me suis rendu compte que non seulement ce type de comportement devenait la norme, mais que « ces jeunes-là » avaient tout à fait raison !

Je fais partie de ceux qui ont commencé à travailler (trois ans) avant la mise  en place des 35h. Cela n’a pas changé ma vie, et il ne m’est jamais arrivé je crois de ne travailler « que » 35h. Cependant, tous les débats qui ont précédé, accompagné, suivi la mise en place de cette loi ont été à mon sens importants pour nous aider tous à réfléchir à la valeur travail et à la place qu’on lui donnait.
La génération qui nous a précédés a eu l’embarras du choix pour ses premiers postes, puis il y a eu le premier choc pétrolier, les crises cycliques de l’emploi, les licenciements massifs, les « mises en pré-retraite » forcées. Je fais partie d’une génération qui a vu ses parents beaucoup donner pour leur travail, souvent à la seule entreprise qu’ils aient connu, et tout cela pour pas grand-chose.
Je fais donc partie de ces gens qui ont décidé que le monde du travail ne « s’imposerait pas » à eux : je m’investis, et je pèse mon investissement. Je donne pourquoi ? En terme de satisfaction, de rémunération, de temps… J’ai toujours essayé de garder la conscience de cela pour que l’échange avec mon employeur reste équitable.
Bon, évidemment aujourd’hui, ma vision des choses est différente, puisque je suis mon propre employeur ! Mais ce choix est l’aboutissement d’un cheminement. Je me suis rendu compte que l’entreprise ne pouvait pas me rendre ce que j’estimais lui donner. Les jeunes de la génération Y, eux, sont arrivés sur le marché du travail en étant parfaitement conscients que « l’entreprise d’une vie » n’existe plus, et que si cela n’empêche pas de rester solidaires, il est nécessaire de penser à soi, de réfléchir régulièrement à ce qui nous rend heureux (ou au moins satisfaits), ou pas, dans le travail.
Et vous, quel est votre sentiment par rapport à votre place dans le monde du travail actuel ?
 
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  1. #1 par Aurélie le 14 janvier 2010 - 11:18

    La génération Y, c’est simplement une génération surinformée, peut-être trop blasée parfois, mais pas en panne d’idées…qui souhaite trouver un équilibre entre confort matériel et épanouissement personnel.

    Hormis les entrepreneurs qui ont ouvert pour moi le chemin en choisissant de travailler pour eux-mêmes plutôt que pour un patron et des actionnaires (l’entrepreneuriat n’a jamais eu autant le vent en poupe !), je crois que le salariat traditionnel est actuellement en profonde mutation, que le salarié va devenir en quelque sorte d' »entrepreneur de lui-même ».

    Par exemple, avec mon emploi de salariée cumulé à un statut d’auto-entrepreneur, je suis parvenue à trouver un équilibre entre un boulot « gagne-pain » et une activité qui me passionne et me permet d’acquérir une expérience en parallèle.

    Je vois bien se dessiner une tendance pour l’avenir : un salarié qui ne ferait plus ces infernaux allers-retours entre son domicile et son bureau (en particulier sur la région parisienne) mais qui travaillerait à distance depuis chez lui pour un employeur quelconque ((homesharing) afin assurer son bien-être matériel, et qui exercerait en parallèle une activité plus gratifiante sur le plan personnel.

    Non seulement on réduirait les temps de transport et le stress lié à ceux-ci, on diminuerait le trafic et la pollution, mais en plus on pourrait créer des espaces de co-working dans des zones rurales peu peuplées et on réactiverait le tissu économique local…

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    • #2 par isabelleprigent le 14 janvier 2010 - 14:25

      J’aime bien ta façon de voir les choses !
      Et j’espère que ta vision pour l’avenir se réalisera, que le travail ne sera plus vécu seulement comme un contrainte, mais un plaisir, parce qu’on aura réellement pu faire les choix qui nous conviennent.
      Le choix que tu as fait pour toi, celui d’être une « salariée entrepreneuse », est un choix courageux, qui demande beaucoup d’implication et d’énergie (mais quoi de plus gratifiant que les réussites qu’on obtient « tout seul » ?).

      Il existe aussi encore, et je le déplore, beaucoup de gens qui répètent « je déteste mon métier, mon bureau, mon employeur » et en restent à ce constat, sans jamais se dire qu’ils peuvent, avec quelques efforts, largement améliorer la situation !

      J’espère que l’enthousiasme et le pragmatisme de la génération Y vont déteindre sur les autres et les encourager à être plus proactifs !

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  2. #3 par Pascal le 14 janvier 2010 - 15:27

    Génération Y… oauis 😦

    Il est vrai que ces jeunes ont vu leurs parents qui se donnaient corps et âme pour l’entreprise, se faire jeter du jour au lendemain, et qu’ils ont compris que l’entreprise n’était pas une finalité en soi.

    Cependant, j’ai donné pendant plusieurs années des cours à des Master2 (bac+5) et à la question : qui veut prendre des responsabilités dans leur métier, je n’avais en moyenne que 2 étudiants sur 30, le reste trouvant très confortable la position de n°2, celle cachée sous le parapluie.

    Quant à tous les créateurs d’entreprises, dont je fais partie, il y en a peu qui font partie de cette génération Y, c’est à dire nés entre 1990 et 1970. Sauf des exceptions, et j’en connais. Mais à quel prix. Sans réelle maturité, sans trop de motivation, sans réelles compétences… je ne donne pas cher de ces entreprises là.

    Désabusé ? Moi ? Non ! Mais je vous assure que la fréquentation des étudiant(e)s a de quoi laisser songeur plus d’un.

    Le grincheux du jour !

    Pascal

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    • #4 par isabelleprigent le 14 janvier 2010 - 21:24

      Bonsoir grincheux 🙂
      Tu l’auras compris, je ne partage pas du tout ton avis.
      Pour en revenir à ces étudiants, est-ce que ce n’est pas une forme de maturité de se dire que l’on n’est pas fait pour la place de n°1 ? Cette place n’est pas pour tout le monde, et il est parfois sage de se dire que c’est dans la place de n°2 que l’on se sentira bien. Je n’aime pas du tout l’idée du monde du travail vu comme une jungle où chacun se bat contre son voisin pour gravir les échelons, et obtenir après toutes sortes de manoeuvre cette place si convoitée de n°1. Et après ? Ce n’est pas comme cela que l’on trouve son équilibre, je pense.

      Et petit correctif concernant la génération Y, ils sont nés entre 78 et 94, donc effectivement, ils ne sont pas encore nombreux parmi les créateurs d’entreprise, parce qu’ils sont très jeunes ! Cela dit, j’en ai parmi mes clients et je suis très admirative de leur travail.

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      • #5 par Pascal le 14 janvier 2010 - 21:29

        Bonsoir,

        Je savais que je provoquerai la polémique !

        Mais ne me dis pas que tu n’as pas d’ambition, sans pour autant vouloir devenir Bill Gates.

        Et bien sûr, il faut un équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

        Mais l’ambition est un moteur, non ?

        Le grincheux assagi.

        Pascal

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      • #6 par isabelleprigent le 14 janvier 2010 - 21:51

        Justement, Bill Gates me semble le bon exemple à suivre : il a créé son empire, puis a pris le large très tôt pour s’occuper de sa famille et financer de grandes campagnes de vaccination en Afrique. Si je pouvais en faire le centième, ça m’irait parfaitement 😉

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  3. #7 par Maclio le 17 janvier 2010 - 14:45

    Bonjour Isabelle,
    Quoi qu’étant de la même génération que celle des Y, c’est bien parce que je me suis vite aperçue que l’entreprise ne pouvait me rendre autant que je lui donnais, que j’ai très vite souhaitée créer ma propre activité.
    Contrairement à ce que je viens de lire, mes parents ont beaucoup donné à une même entreprise et celle-ci leur a rendu beaucoup, c’est à dire un niveau social bien supérieur à celui de leurs propres parents.
    Ces cas de figure me semblent bien finis !

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    • #8 par isabelleprigent le 18 janvier 2010 - 10:47

      Bonjour et bienvenue ici 😉
      Bien entendu, j’ai un peu schématisé la situation. De manière générale, la génération « X » dont je fais partie (même si j’ai plus souvent l’impression d’être une vieille Y qu’une jeune X) a eu des parents qui ont effectivement bénéficié à la fois du plein emploi et de l’ascenseur social. Les parents de la génération des Y, arrivés sur le marché du travail dans les années 70, ont eux, en général, beaucoup plus souffert du chômage.
      Cela dit, et indépendamment de toutes les études et statistiques, le rapport à l’entreprise, et ce pour toutes les générations, est en train de changer profondément.

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