Créer en solo, et après ?

J’ai réalisé il y a deux ans, après un bilan d’orientation à l’APEC, que « créer son entreprise » ne rimait pas forcément avec « recruter des salariés par dizaines ». Bizarrement, alors que j’avais depuis toujours des rêves d’indépendance (à 10 ans je m’étais promis « de ne jamais travailler dans un bureau »… on voit où cela m’a menée !), pour moi, créer son activité allait forcément de pair avec le fait de « voir grand ». Je suis la première à sourire aujourd’hui lorsque je lis que les créateurs d’entreprise sont en grande majorité des solos. 

En France, une entreprise sur deux n’a pas de salarié !

En 2006, les entreprises de zéro salarié représentaient 86,5 % des créations (source INSEE), c’est énorme ! En France, une entreprise sur deux – soit 1,2 million d’entreprises – n’a pas de salarié !

Créer en solo, avantages et inconvénients

J’en ai déjà parlé plusieurs fois ici, et ce thème est régulièrement abordé sur plusieurs blogs que je lis.  En synthèse, on pourrait dire que les principaux avantages sont (chacun mettra les différents critères dans l’ordre qui lui convient) :
– Etre son propre patron
– Gérer son temps librement
– Avoir une activité variée et polyvalente
Cela sans devoir beaucoup investir, ni prendre trop de risques financiers (pas de salariés à payer, pas de structure lourde à gérer).
Et parmi les principaux inconvénients :
– Une charge de travail importante (j’ai envie de l’écrire en capitales, car je suis un peu agacée d’entendre trop souvent « c’est sympa de pouvoir récupérer les enfants pour déjeuner, et d’aller les chercher à 16h30″… Ca, c’est possible avec un emploi du temps de mère au foyer, c’est très bien, mais cela n’a rien à voir avec le mien !).
– La solitude
– et surtout, une fragilité intrinsèque : les entreprises sans salarié ont un « taux de survie » très bas, moins d’une sur deux (48 %) existe encore cinq ans après sa création. Les entrepreneurs solos sont les plus dépendants des aléas du marché : une facture impayée, une baisse de la demande et aussitôt, leur équilibre financier est mis en péril…

Bien évidemment, cela m’inquiète un peu. Comment tenir sur le long terme ? Avez-vous déjà pensé à cela ? Eté confronté à des difficultés que vous avez surmontées ? Merci par avance de vos commentaires !

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  1. #1 par SW le 29 octobre 2009 - 15:29

    Bonjour Isabelle ! Je ne commente pas chaque billet, mais je le devrais. Quelle capacité a être chaque jour intéressante et au cœur des thématiques !
    Tout ce que tu écris ici est juste, mais sans vouloir me la jouer trop « Medef », entreprendre, même pour rester solo, c’est voir grand. « Think big ». Pourquoi vivre tout cela pour se cantonner et se projeter dans du « fini » ? Voilà la raison de ma fraicheur vis-a-vis des auto-entrepreneurs. Certains ne voient pas plus loin que la petite activité et la petite rémunération. Vu les efforts pour être Time to market, autant voir loin et haut.

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    • #2 par isabelleprigent le 29 octobre 2009 - 16:58

      Merci Stéphanie 😉
      Encore une fois, je vais prêcher pour ma chapelle d’auto-entrepreneur : ceux qui ont choisi ce statut l’ont la plupart du temps fait soit pour débuter, soit pour avoir un revenu complémentaire. Il ne s’agit donc pas de voir petit, mais en fonction de ses souhaits ou possibilités à un moment donné.

      Ensuite, envisager mon avenir « en solo » ne m’empêche pas de vouloir voir loin et grand ! 12 ans dans diverses entreprises ne m’ont pas donné envie d’en créer « une grande ». Il ne s’agit pas de critiquer les patrons (la plupart font leur job du mieux qu’ils peuvent, et j’ai beaucoup de respect pour eux), ni même les managers (j’ai souvent eu du mal à comprendre les miens, mais je ne prétends pas avoir été meilleure quand j’ai eu ce rôle…), mais l’entreprise telle qu’elle est aujourd’hui, trop souvent simplement une machine à profit, asservie à une très lourde bureaucratie.

      N’ayant rien de mieux à proposer comme modèle (et pas sûre d’y arriver un jour ;-)), je préfère m’abstenir.

      Et puis surtout j’aime la liberté et le confort que me procurent mon statut de freelance : l’administratif réduit au minimum, le fait de travailler chez moi, la possibilité de gérer mon temps sans jamais devoir me justifier… C’est cela que je souhaite préserver aujourd’hui.

      Pour moi, voir loin et grand, c’est donc envisager d’avoir sur le long terme des missions récurrentes et rémunératrices, et, comme j’aime l’idée de partenariats avec d’autres indépendants, développer cela dans les mois et probablement les années à venir.

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  2. #3 par thierry goemans le 31 octobre 2009 - 17:19

    @Isabelle et SW,

    Préambule :

    De l’éducation judéo-chrétienne (qui façonne nombre de nos comportements en France), il ressort que modestie et discrétion sont des vertus majeures.
    Le solo, comme tout commercial, doit s’affranchir de cette règle lorsqu’il joue sa partition d’entrepreneur.

    1° Personnellement, je suis un militant de l’entrepreneuriat. Il n’y a de statut type ni pour l’échec ni pour la réussite. Les entreprises (y compris les solos) proposent des compétences à leurs clients qui les achètent quand elles en ont besoin.

    2° Vendre c’est raconter une belle histoire : celle d’un héros courageux et ambitieux qui va partager son ambition et son optimisme pour faire évoluer favorablement ses clients.

    Exemples :

    Lorsqu’on visite une concession automobile (Mesdames, mon exemple marche aussi avec une boutique de fringues) on verra toujours, mis en avant, le modèle dernier-cri « full options/top trendy. » Chacun sait que la plupart des client(e)s, achèteront raisonnablement un modèle plus standard. Mais seraient-ils rentrés dans un show-room triste et étriqué, incapable de les faire rêver au jour ou leurs besoins et leurs
    moyens seront décuplés ?

    A mes tout débuts, de bons amis entrepreneurs m’ont appris (forcé) à présenter ma prestation « par le haut » pour être en cohérence avec l’image que je donnais : quand j’ai commencé à parler de directeur administratif et financier freelance qui propose des compétences confirmées dans un contexte de flexibilité et en partenariat avec un réseau de professionnels complémentaires, j’ai touché mes premiers contrats. Dans la logique de « qui peut le plus, peut le moins », il m’arrive de prendre en charge des travaux administratifs techniquement assez basiques mais mon action commerciale s’accorde avec ce que je suis… et ce que le marché attend d’un entrepreneur.

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    • #4 par isabelleprigent le 2 novembre 2009 - 15:30

      D’abord merci pour ce long commentaire, riche et intéressant !
      Je retiens avant tout de ton témoignage l’idée de la cohérence, cohérence par rapport à ce que l’on est et ce que l’on veut. Et à mon avis, c’est là que se trouve le secret de la réussite (ou de l’échec, parfois !). Raconter une belle histoire, pourquoi pas ? Mais dans ce cas, il faut être le premier à y croire. L’une de mes devises est « rester droite dans mes bottes » (allez, l’été, je peux mettre des sandales ;-)), car c’est en étant fidèle à moi-même que je sais pouvoir inspirer de la confiance et de l’intérêt. Et bien évidemment, au fil du temps, l’image que je véhiculerai évoluera en fonction de mes « avancées » personnelles…

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  3. #5 par Thierry le 2 novembre 2009 - 16:33

    Toutes les histoires sont belles, il n’y a que de mauvais conteurs (si, si c’est de moi).

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