Il semblerait que la guerre soit déclarée entre NKM et Elisabeth Badinter. Je trouve cela dommage, parce que j’apprécie ces deux femmes, qui chacune à leur façon, veulent faire bouger les choses.
Elisabeth Badinter, féministe, qui revendique le droit d’être une mère médiocre, et critique le “retour à la nature” prôné aujourd’hui, qu’elle assimile à un nouvel asservissement des femmes.
NKM, qui avait expliqué vouloir prendre un congé maternité à l’autome dernier, à la naissance de son second fils (contrairement à son ex-collègue Rachida Dati !), et qui approuve, au nom du développement durable, le retour aux couches lavables.
(ceci pour résumer brièvement le sujet qui les fait s’affronter aujourd’hui !)
J’ai lu des échanges sur Facebook, plutôt en faveur d’Elisabeth Badinter, car les préoccupations de “retour à la nature”, sont aussi considérées comme celles de “bobos” qui ont le temps et l’argent d’aller au marché bio, et de privilégier les étiquettes “coton bio”. On se doute bien que ces préoccupations ne sont pas celles de la caissière de chez Mac Do, mais on a envie d’être solidaire…
Et pourtant, je me sens bien plus proche de NKM. Elisabeth Badinter nous parle de 68, des féministes qui assumaient leur choix de faire carrière, et dont le comportement était emblématique d’une société de consommation qui… a vécu, non ?
La libération de la femme, c’est vraiment la couche jetable (et le four micro-ondes) ? La libération de la femme, ça a aussi été “l’enfant à la clé” (l’enfant qui rentrait seul chez lui après l’école, parce que ses parents étaient au travail, un sujet très médiatique dans les années 80, et qui laissait penser à la petite Bretonne que j’étais que tous les Parisiens étaient équipés d’une cordelette à clé autour du cou
), les divorces, de “vraies” carrières professionnelles, la volonté de s’affranchir de toutes les tâches domestiques…
Et aujourd’hui, on voit les jeunes filles de la génération Y avoir des enfants à 25 ans, les allaiter longtemps, choisir d’être avant tout des mères et reporter à plus tard leurs ambitions professionnelles. Chaque génération s’oppose à la précédente, et c’est vrai depuis la nuit des temps, probablement !
De mon côté, je revendique de faire les choix qui conviennent à mes revenus, mon mode de vie et je ne voudrais surtout pas les imposer à d’autres qui ont la liberté de faire des choix différents… ni me faire dicter les miens par qui que ce soit !!! Je veux un travail qui me plaît, élever du mieux que je peux mes enfants, tenter de leur faire manger des fruits et légumes bio, leur apprendre à moins jeter, à acheter ce qui est nécessaire, bref, les sensibiliser au respect de la nature, parce que j’en ai effectivement les moyens financiers (et de toute façon, je sais que quand ils auront 15 ans, ils me considéreront comme la pire des mères !
).
Etre et se sentir responsable de ses actes, de ses choix, c’est le plus important, non ?
Je n’ai pas répondu à la question du titre… Vous pensez quoi de ce débat ?

#1 par Valérie le 18 février 2010 - 09:27
Alors là, tu t’attaques à du lourd !
mais n’oublions pas trop vite quand même que ce sont des femmes comme Elisabeth Badinter qui nous ont permis d’avoir aujourd’hui le CHOIX, luxe suprême (et encore pas pour toutes, tu l’as souligné).
Attends-toi à une avalanche de commentaires (bon pour le blog ça)
Qui sont les féministes d’aujourd’hui ? Toi et moi et beaucoup de femmes de notre génération j’espère mais effectivement à notre manière, bien différente de celle d’une Elisabeth Badinter ou d’une Simone Veil.
Et nous sommes pour beaucoup d’entre nous devenues des “Madame Plus” : pour nous, travailler, choisir le moment d’avoir des enfants ne fait plus (trop) débat, cela va de soi, c’est un acquis. Alors assez naturellement (par esprit de contradiction ?), certaines revendiquent de revenir à un modèle plus “traditionnel” (??).
Bon, je suis pour que chacun(e) fasse comme il(elle) veut
Tous les jours, des signes nous indiquent que ces droits fondamentaux sont un acquis bien fragile, alors à la réflexion, je ne jetterai pas la pierre à EB qui, certes d’une manière un peu maladroite et peut-être délibérément provocatrice, nous engage à rester vigilantes…
#2 par isabelleprigent le 18 février 2010 - 21:37
Hello Valérie,
Je suis d’accord avec toi sur toute la ligne
Bon, le débat n’a pas pas suscité les passions, ce sera pour une autre fois !
#3 par Elodie pour maybibou.fr le 18 février 2010 - 16:14
Je trouve que ce débat montre bien que le féminisme d’aujourd’hui n’est pas le même que celui des années 60!
La femme a changé, et ce n’est certainement le retour au naturel qui nous clouera à la maison, il en faudrait bien plus!
#4 par isabelleprigent le 18 février 2010 - 21:40
Bienvenue Elodie,
J’ai trouvé que sur ce point Elisabeth Badinter avait fait un amalgame un peu hasardeux… (entendu sur France Inter, je ne sais pas si elle dit la même chose dans son livre
)
Je ne pense pas non plus que le fait de s’intéresser à l’écologie empêche d’avoir une vie professionnelle
#5 par Anne de Rozières le 19 février 2010 - 10:15
J’arrive peut-être un peu tard dans le débat, mais bon…
A mon avis, les féministes d’aujourd’hui pourraient bien être :
) pour qui ce n’est pas déchoir que d’étendre une lessive, changer une couche, passer l’aspi… et qui ne boudent pas leur plaisir d’aller chercher leurs enfants à l’école.
- comme tu le dis Isabelle, les femmes qui choisissent le mode de vie qui leur convient : « nature » ou pas, au foyer ou au bureau, le bureau à la maison, à mi-temps, à plein temps ou à double-temps…
- mais aussi un certain nombre d’hommes (j’en connais, j’en ai un chez moi
Bref des êtres humains libres (et pas seulement des femmes) qui s’affranchissent de tout modèle pré-imposé.
Ceci posé, à mon avis il faut rester vigilants car il y aura toujours des extrémistes pour replacer chacun dans sa petite case ; c’est pourquoi le coup de gueule d’Elisabeth Badinter me parle (c’était l’objet d’une de mes précédentes réponses à l’un de tes posts ces derniers jours).
Quant au fait que le « retour à la nature » serait l’apanage de certains privilégiés friqués, pas sûr… cf. le mouvement québécois de la « Simplicité volontaire » qui fait de plus en plus d’émules de ce côté-ci de l’Atlantique !
#6 par isabelleprigent le 20 février 2010 - 19:35
Bonjour Anne,
Oui, je suis d’accord, le fait que les hommes aient changé nous permet de faire des choix impossibles il y a 30 ans !
Cela dit, je trouve que la vision d’Elisabeth Badinter, qui a tout simplement opposé féminisme et développement durable me semble carrément extrémiste… et totalement infondée !
Je viens de lire cette lettre ouverte des “vertes de rage” sur le blog d’Ecolo-Info : http://ecoloinfo.com/2010/02/17/vertes-de-rage-lettre-ouverte-a-mme-badinter/
et je suis entièrement d’accord avec elles (elles n’ont rien d’illuminées rêvant de couches lavables et restant à la maison pour allaiter leurs enfants…)